La police dit n’avoir pas été préparée aux heurts internes entre Juifs et Arabes
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La police dit n’avoir pas été préparée aux heurts internes entre Juifs et Arabes

Le commissaire Kobi Shabtai dit que 1000 personnes ont été arrêtées suite aux émeutes ; il s'est montré évasif sur la responsabilité du député Ben-Gvir dans ces violences

Une voiture de police en feu à Lod, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Une voiture de police en feu à Lod, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le commissaire de police Kobi Shabtai a reconnu, samedi, que ses forces n’étaient pas assez préparées aux violences qui ont balayé cette semaine les villes où les communautés juive et arabe se côtoient – en particulier dans le contexte de la menace représentée par les tirs de roquettes depuis Gaza.

« Il y a eu un certain nombre d’événements auxquels nous n’avons pas été préparés à répondre simultanément », a dit Shabtai aux journalistes. « Aujourd’hui, nous sommes prêts à un plus haut degré, avec une concentration de nos forces, et il y aura une réponse, assurément, aux événements ».

Les tensions entre les communautés juive et arabe israéliennes ont dégénéré en violences, transformant certaines villes qui se distinguaient pour la coexistence entre les habitants de différentes ethnies en véritables zones de guerre. La police a semblé mal équipée pour prendre en charge ces graves troubles intérieurs, les pires à avoir agité le pays depuis des années.

Shabtai aurait accusé le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir d’être responsable des émeutes et d’avoir attisé le feu.

Le commissaire de police Kobi Shabtai, à gauche, et le député Itamar Ben Gvir, à droite. (Crédit : Flash90)

Lorsqu’il a été interrogé sur cette accusation qu’il aurait lancée vendredi, Shabtai a dit aux journalistes que « certains, dans l’ensemble de la sphère politique, ont apporté leur contribution à la situation actuelle ».

« Réfléchissez-y par vous même », a répondu le commissaire alors qu’il lui était demandé si Ben-Gvir lui-même était à l’origine de ces violences.

Shabtai a ajouté qu’environ 1 000 personnes avaient été appréhendées jusqu’à présent dans le cadre de ces émeutes et qu’au moins 420 se trouvaient encore derrière les barreaux.

Plusieurs personnes, juives et arabes, ont été agressées et grièvement blessées dans des fusillades ou dans des attaques physiques pendant cette semaine de heurts.

A Lod, ville du centre du pays où cohabitent Juifs et Arabes, une localité qui est devenue l’épicentre des violences ethniques qui déchirent le pays, un couvre-feu a été imposé samedi à 20 heures pour la cinquième soirée d’affilée.

Des agents de police affrontent des émeutiers arabes israéliens à Ramlé, dans le centre d’Israël, le 10 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Samedi aussi, le ministère de la Défense a prolongé l’état d’urgence de quarante-huit heures dans la municipalité, une demande qui avait été soumise par la police, a déclaré un porte-parole du ministère.

La nuit de samedi est restée relativement calme – à part quelques échauffourées sporadiques à Ramlé, une ville judéo-arabe du centre du pays, et à Rahat, localité bédouine du sud d’Israël.

Au moins deux magasins ont été incendiés sur le marché de Ramle, samedi soir. Un porte-parole des pompiers a précisé que les sinistres avaient été rapidement maîtrisés, mais il n’en a pas confirmé l’origine.

A Rahat, la police a dit que deux adolescents, âgés de 15 et 17 ans, avaient été placés en détention après avoir jeté des pierres sur un commissariat de la ville.

Il n’y aurait pas eu de blessé lors de ces incidents.

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