La police ukrainienne enquête sur l’agression d’un pèlerin juif à Ouman
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La police ukrainienne enquête sur l’agression d’un pèlerin juif à Ouman

“C'était un incident antisémite classique", déclare la victime

Capture d'écran de la vidéo montrant un homme agressant un juif hassidique dans la ville ukrainienne d'Ouman. (Capture d'écran : Twitter)
Capture d'écran de la vidéo montrant un homme agressant un juif hassidique dans la ville ukrainienne d'Ouman. (Capture d'écran : Twitter)

La police ukrainienne enquête sur l’agression présumée par des résidents locaux d’un juif hassidique israélien venu pour le pèlerinage de Rosh HaShana dans une ville ukrainienne.

La police ukrainienne a déclaré que plusieurs personnes avaient frappé le pèlerin au cours d’un conflit dans un magasin d’Ouman.

Selon la Communauté juive unie d’Ukraine, le pèlerin agressé possède un permis de séjour en Ukraine.

« Le soir, je suis allé avec un ami au magasin », a déclaré l’Israélien au bulletin d’informations de la Douzième chaîne. « Un groupe de six gars a commencé à nous embêter, à nous déranger et à voler nos achats, jusqu’à ce que la situation se dégrade. Ils nous ont embêtés parce que nous sommes juifs. C’était un incident antisémite classique. »

Le ministère des Affaires étrangères a identifié la victime comme étant Moshe Tanzer.

Ouman abrite la tombe d’un important rabbin hassidique, le Rabbi Nahman de Breslev, et des dizaines de milliers de pèlerins visitent la ville chaque année en septembre pour marquer Rosh HaShana, qui cette année commence le 18 septembre. Certains étaient venus en Ukraine avant que le pays ne ferme ses frontières la semaine dernière, en raison d’une recrudescence des infections de COVID-19.

Des affrontements sporadiques impliquant des pèlerins et des résidents locaux ont eu lieu ces dernières années.

Miki Zohar, membre du Likud, allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a lié cet incident à une lettre envoyée par Ronni Gamzu, spécialiste du coronavirus, au président ukrainien Volodymyr Zelensky, demandant que les Israéliens ne soient pas autorisés à se rendre à Rosh HaShana, car ils pourraient propager la COVID-19 à leur retour en Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serait également intervenu. Plusieurs jours plus tard, l’Ukraine a annoncé qu’elle n’autoriserait pas les étrangers à entrer dans le pays.

« Les manifestations d’antisémitisme en Ukraine se multiplient depuis l’envoi de la lettre du professeur Gamzu au président ukrainien », a écrit Zohar sur Twitter.

Zohar, qui s’en est déjà pris à Gamzu, a également déclaré que l’absence de plan gouvernemental permettant aux pèlerins de se rendre à Ouman « continuait de mettre en danger de nombreux Juifs ».

Le leader de la secte hassidique Breslev en Israël, Nahman Benshaya, a également lié l’attaque à la lettre de Gamzu.

« La lettre de Gamzu est devenue la bible de l’antisémitisme en Ukraine », a déclaré Nahman Benshaya à la radio de l’armée.

Ces déclarations ont été faits alors que le journal de la Douzième chaîne rapportait que deux hassidim de Breslev à Ouman avaient contracté le coronavirus.

Citant le maire de la ville, la Douzième chaîne a déclaré que l’on craignait qu’ils aient pu infecter d’autres personnes.

Plus tôt, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que l’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Joel Lion, s’était rendu à Ouman, après l’agression. Il devait également inspecter les préparatifs de Rosh HaShana. Il a rencontré des fonctionnaires locaux et des représentants de la police, des hôpitaux et des services d’urgence, ainsi que des dirigeants de la communauté Breslev de la ville.

« Nous mesurons l’importance de tenir une réunion avec les autorités de la ville d’Ouman pour coordonner les opérations de tous les organes de la ville. J’ai demandé aux autorités de la ville de traiter avec fermeté les incidents antisémites et de traduire en justice les agresseurs de Moshe Tanzer », a déclaré Lion dans une déclaration ministérielle.

La semaine dernière, l’Ukraine a annoncé qu’elle fermerait ses frontières aux étrangers jusqu’en septembre pour freiner la hausse des infections de coronavirus, empêchant les pèlerins israéliens et juifs de se rendre à Ouman pour Rosh HaShana.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à gauche, rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, à Jérusalem, le 24 janvier 2020. (Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a également signalé que le gouvernement allait interdire les grands rassemblements à Ouman même pendant le Nouvel an juif.

À la suite de la lettre de Gamzu, Zelensky a annoncé que l’Ukraine « limiterait considérablement » l’entrée des visiteurs juifs à Rosh HaShana à la demande de Netanyahu, sans préciser dans quelle mesure le pèlerinage serait limité.

Le bureau de Netanyahu a rapidement nié que le Premier ministre ait fait une telle demande. Mais de nombreux membres de la secte Breslev ont tenu Netanyahu responsable, promettant de ne plus jamais le soutenir politiquement.

Selon la Douzième chaîne, après que les Hassidim ont retiré leur soutien, Netanyahu a déclaré aux principaux rabbins qu’il s’efforçait de trouver une solution pour leur permettre d’entrer en Ukraine et de se rendre à Ouman. Depuis, le gouvernement a formé un groupe d’experts chargé d’examiner une éventuelle proposition visant à permettre à certains de faire le voyage, bien qu’il ne soit pas certain que Kiev y soit favorable.

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