La Pologne va demander aux USA l’extradition d’un criminel nazi ukrainien
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La Pologne va demander aux USA l’extradition d’un criminel nazi ukrainien

Il s'agit de Michael Karkoc, citoyen américain vivant dans le Minnesota accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité

Illustration du drapeau polonais (Crédit : Pixabay/domaine public)
Illustration du drapeau polonais (Crédit : Pixabay/domaine public)

La Pologne va demander aux Etats-Unis d’extrader un homme de 98 ans qu’elle accuse d’avoir ordonné en 1944 l’assassinat de 44 personnes alors qu’il dirigeait une unité ukrainienne collaborant avec les nazis allemands, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Il s’agit de Michael Karkoc, citoyen américain vivant dans le Minnesota, à qui l’Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) reproche des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, a indiqué à l’AFP le chef de l’antenne régionale de l’IPN à Lublin (est), Jacek Nowakowski.

Le 23 juillet 1944, le commandant d’une compagnie de la Légion d’auto-défense ukrainienne, composée de volontaires combattant aux côtés des SS, a ordonné à ses hommes de mener une action de représailles dans les villages polonais de Chlaniow et Wladyslawin, dans la région de Lublin, en précisant qu’il fallait exterminer tous les habitants. 44 civils, dont des femmes, ont été tuées.

Aucun témoin direct n’étant disponible pour évoquer des événements d’il y a 72 ans, l’IPN a pu réunir des archives prouvant que l’Américain presque centenaire est cet ex-commandant ukrainien, entre autres en comparant des échantillons de son écriture provenant des Etats-Unis à des documents de l’époque.

La première étape préparatoire de l’extradition consiste à obtenir un mandat d’arrêt contre la personne visée. C’est une telle demande que l’IPN a déposée lundi au tribunal de Lublin, a précisé M. Nowakowski.

Une fois le mandat d’arrêt établi – le tribunal, interrogé par l’AFP, n’a pu donner de date – l’IPN transmettra la demande d’extradition au ministère de la Justice et le dossier suivra ensuite la voie diplomatique.

« Nous comprenons que, vu l’âge du suspect, la procédure risque de ne pas aboutir (avant son décès), mais cela ne saurait nous empêcher de la poursuivre », a dit M. Nowakowski.

A supposer que l’extradition soit accordée et que l’état de santé du suspect permette de le traduire en justice, il risquera la prison à vie.

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