Rechercher

La prison israélienne refuse la chirurgie esthétique à une terroriste palestinienne

Un policier, blessé par Israa Jaabis, fait appel contre le financement de la procédure ; selon les services pénitentiaires, le traitement n'est pas indispensable à la santé

Isra Jaabis, à une audience de détermination de la peine au tribunal de district de Jérusalem, le 7 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Isra Jaabis, à une audience de détermination de la peine au tribunal de district de Jérusalem, le 7 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’administration pénitentiaire israélienne a décidé de ne pas financer la reconstruction nasale demandée par une terroriste palestinienne qui avait été grièvement blessée en tentant de se faire exploser, selon la presse israélienne mardi.

Israa Jaabis avait demandé à l’administration pénitentiaire de lui accorder la prise en charge de la procédure, affirmant que les blessures subies lors de l’attentat l’empêchaient de respirer par le nez, mais un officier de police blessé lors de l’explosion a demandé aux hauts responsables de s’y opposer.

Selon la presse israélienne, l’administration pénitentiaire a déclaré lundi, dans une lettre adressée à l’officier blessé Moshe Chen, que les traitements médicaux offerts aux prisonniers, y compris à Jaabis, « ne seraient fournis que dans le respect de [leurs] obligations ».

Selon les règles de l’administration pénitentiaire, celle-ci a l’obligation de fournir les traitements indispensables à la santé d’un détenu, non ceux nécessaires à des fins esthétiques, a déclaré la chaîne publique Kan, rejetant les affirmations de Jaabis selon lesquelles son opération était nécessaire pour des raisons de santé.

L’administration pénitentiaire a également démenti les informations des médias selon lesquelles elle aurait envisagé de financer l’opération, expliquant que la politique de l’établissement était d’évaluer chaque demande émanant d’un détenu. Elle a noté que la Haute Cour de justice avait rejeté une pétition de Jaabis visant à obliger l’administration pénitentiaire à prendre en charge l’opération.

Il y a deux semaines, la presse israélienne a rapporté que Jaabis avait fait appel à la Haute Cour pour que l’administration pénitentiaire prenne en charge le traitement et que sa demande faisait l’objet d’un examen.

Chen, qui a subi des brûlures au visage et à la poitrine, a répondu en envoyant une lettre au ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev et à la commissaire du service pénitentiaire israélien Katy Perry, les exhortant à ne pas financer l’opération.

La députée de l’opposition Michal Woldiger, du parti Sionisme religieux d’extrême droite, a salué la décision de l’administration pénitentiaire de ne pas financer la procédure, déclarant qu’il était « absurde » que l’Etat paie pour la chirurgie, rapporte Israel Hayom.

« Et quoi encore, des greffes de cheveux pour les terroristes ? » a-t-elle déclaré. « L’administration pénitentiaire a bien fait de rejeter la demande et de ne pas se laisser entraîner dans cette disgrâce. »

Jaabis avait 31 ans en 2015 lorsqu’elle a fait exploser une bonbonne de gaz dans sa voiture après avoir été arrêtée par la police près de l’implantation de Maale Adumim, près de Jérusalem. Elle se dirigeait vers Israël où elle avait l’intention de commettre un attentat suicide, selon les autorités israéliennes.

L’incendie qui en a résulté a brûlé le visage et la poitrine de Chen et a aussi grièvement blessé Jaabis.

La police et une équipe médico-légale sur les lieux d’une tentative d’attentat à la bombe près de Maale Adumim, juste à l’est de Jérusalem, le dimanche 11 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après l’attentat, le service de sécurité Shin Bet a déclaré que Jaabis avait sur elle des mots écrits à la main exprimant son soutien aux « martyrs » palestiniens. Elle a été inculpée pour tentative de meurtre par le tribunal de district de Jérusalem et condamnée à 11 ans de prison en 2016.

Selon Kan, Jaabis aurait déjà subi deux opérations pour soigner des blessures aux mains.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...