La résolution palestinienne à l’ONU appelle à résoudre la question du statut final d’ici un an
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La résolution palestinienne à l’ONU appelle à résoudre la question du statut final d’ici un an

Le texte exhorte à une reprise immédiate des négociations de paix, à cesser l’activité d’implantation israélienne et les “actes terroristes” des résidents israéliens en Cisjordanie

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  (à gauche) avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de la photo de famille de la COP21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, au Bourget , le 30 novembre 2015 (Crédit : Martin Bureau/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de la photo de famille de la COP21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, au Bourget , le 30 novembre 2015 (Crédit : Martin Bureau/Pool/AFP)

Un projet de résolution de l’Autorité palestinienne (AP) distribué aux membres de l’ONU la semaine dernière appelle à une reprise immédiate des négociations de paix avec Israël et à un accord sur le statut final d’ici un an, ainsi qu’à une pause totale des activités d’implantation israéliennes.

Une copie de la résolution a été publiée vendredi sur le blog UN Report.

Le quotidien israélien Haaretz, qui a été le premier à annoncer la résolution, a déclaré que les Palestiniens voulaient que le Conseil de sécurité vote quand le président de l’AP Mahmoud Abbas serait à New York le 22 avril, pour la cérémonie de signature de l’accord climatique historique négocié à Paris en décembre. Des douzaines de politiciens du monde entier sont attendus à la cérémonie.

Le projet de résolution appelle « toutes les parties à exercer des efforts collectifs pour lancer des négociations crédibles sur les questions du statut final dans le processus de paix au Moyen Orient selon ses termes de référence acceptés et dans les délais spécifiés par le Quartet [pour la paix au Moyen Orient] dans son communiqué du 21 septembre 2010. »

Le président de l'Autorité Mahmoud Abbas, à droite, signe une demande d'adhésion à 15 instances onusiennes et d'autres traités internationaux dans son quartier général dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. avec à ses côtés Saeb Erekat (Crédit : Issam Rimawi / Flash90)
Le président de l’Autorité Mahmoud Abbas, à droite, signe une demande d’adhésion à 15 instances onusiennes et d’autres traités internationaux dans son quartier général dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. avec à ses côtés Saeb Erekat (Crédit : Issam Rimawi / Flash90)

Dans ce communiqué de 2010, le Quartet avait affirmé que des négociations israélo-palestiniennes pouvaient résoudre toutes les questions sur le statut final en un an.

Le projet de résolution commence en rappelant la demande palestinienne qu’Israël « cesse immédiatement et complètement toutes les activités d’implantation dans les Territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem Est », ce qu’il appelle « les obligations légales [d’Israël] à cet égard ».

Le texte isole les résidents israéliens des implantations, appelant à la prévention de « tout acte de terrorisme, de violence, de destruction, de harcèlement ou de provocation par des colons israéliens, et appelle à la responsabilité pour la perpétration de tels actes illégaux ».

Tout en ne faisant pas spécifiquement mention du terrorisme palestinien, le projet de résolution appelle aussi les deux parties à « empêcher les actions provocantes, les incitations [à la violence] et la rhétorique incendiaire, dans le but, entre autres, de réduire les tensions sur le terrain, de reconstruire la confiance, de démontrer via des politiques et des actions un engagement franc à la solution à deux états, et de créer les conditions nécessaires pour promouvoir la paix. »

Le texte exhorte également à l’accélération des efforts diplomatiques internationaux et régionaux pour atteindre une solution. A cet égard, le projet de résolution a souligné l’importance de l’initiative de paix arabe.

Soutenue pour la première fois par la Ligue arabe en 2002, l’initiative a proposé une fin totale au conflit arabo-israélien, dont la normalisation des relations d’Israël avec tous les états arabes, en échange d’un retrait complet d’Israël des territoires conquis pendant la guerre des Six Jours en 1967, ainsi qu’à une « solution juste » au problème du réfugié palestinien.

Israël avait initialement rejeté l’initiative après une série d’attaques terroristes palestiniennes mortelles au moment où elle avait été proposée.

Palestinian UN observer Riyad Mansour (photo credit: United Nations Media Center)
Riyad Mansour, ambassadeur palestinien aux Nations unies. (Crédit: United Nations Media Center)

Ces dernières années, les officiels israéliens ont cependant exprimé plus d’intérêt pour cette initiative, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Cette initiative a 13 ans, et la situation au Moyen Orient a changé depuis qu’elle a été proposée pour la première fois. Mais l’idée générale – essayer et atteindre un accord avec les pays arabes importants – est une bonne idée », avait déclaré Netanyahu en mai dernier.

Le projet de résolution palestinienne à l’ONU ne mentionne pas l’initiative française en cours pour redémarrer les négociations de paix.

La communauté internationale considère les implantations israéliennes comme illégales, alors qu’Israël dit que les implantations et d’autres sujets cruciaux comme la sécurité devront être résolus pendant les négociations.

Netanyahu a condamné jeudi dernier le projet de résolution, accusant Abbas de « prendre une mesure qui repoussera les négociations ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté pour condamner les implantations israéliennes en février 2011. Cette résolution avait été largement soutenue, avec 14 voix en faveur et 1 contre, mais avait été défaite par le véto des Etats-Unis.

Israël a saisi la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est pendant la guerre de 1967 et y a construit des implantations. Israël s’est retiré de la bande de Gaza en 2005 ; 600 000 Israéliens juifs vivent en Cisjordanie et à Jérusalem Est.

L'implantation d'Efrat en Cisjordanie, le 17 décembre 2014 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
L’implantation d’Efrat en Cisjordanie, le 17 décembre 2014 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Raphael Ahren et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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