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La Russie assure que la coordination militaire avec Israël en Syrie se poursuivra

Selon l’ambassade russe, la coopération est quotidienne et « utile » ; la condamnation de l’invasion de l’Ukraine n’influencera pas l’arrangement au sujet de la Syrie

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le président russe Vladimir Poutine à Sotchi, en Russie, le 22 octobre 2021. (Crédit :  Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le président russe Vladimir Poutine à Sotchi, en Russie, le 22 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

L’ambassade de Russie en Israël a déclaré que la coordination militaire avec Israël en Syrie se poursuivra, même si les deux pays ne sont pas au diapason au sujet de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Ces dernières années, Jérusalem et Moscou ont maintenu une sorte de mécanisme anti-conflit qui empêche les forces israéliennes et russes de s’affronter en Syrie. La Russie est un acteur principal qui soutient le gouvernement syrien dans une guerre civile en cours, tandis qu’Israël a mené une campagne de frappes aériennes de plusieurs années contre les combattants pro-iraniens qui s’y trouvent et pour empêcher le transfert d’armes fournies par l’Iran.

« Nos représentants militaires discutent quotidiennement des enjeux pratiques de cette question. Ce mécanisme s’est avéré utile et continuera de fonctionner », a déclaré l’ambassade de Russie dans un communiqué relayé par Reuters samedi.

Il a également noté que si Moscou soutient les besoins de sécurité d’Israël, elle s’oppose aux violations de la souveraineté syrienne.

Illustration : des missiles volant dans le ciel près de l’aéroport international, à Damas, en Syrie, le 21 janvier 2019. (Crédit : SANA via AP)

L’armée israélienne a dit à Reuters que ses forces « agiront chaque fois que cela s’avèrera nécessaire pour contrer les menaces, défendre le peuple d’Israël et notre souveraineté ».

Vendredi, la Russie a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Moscou, Alexander Ben Zvi, pour clarifier la position d’Israël concernant l’invasion de l’Ukraine, alors que jeudi le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, avait qualifié cette incursion de « grave violation de l’ordre international ».

Alors que la Russie attaque l’Ukraine, Israël a évité de prendre une position trop proche des deux parties. Cela serait dû à la présence militaire russe en Syrie.

Israël s’est dit préoccupé par l’invasion et a offert une aide humanitaire au peuple ukrainien, Mais le Premier ministre Naftali Bennett a évité de condamner la Russie ou même de mentionner le pays par son nom dans ses déclarations depuis le lancement de l’opération militaire généralisée jeudi matin.

Un bâtiment résidentiel endommagé dans la rue Koshytsa, à la périphérie de la capitale ukrainienne Kiev, où un obus militaire aurait frappé, le 25 février 2022. (Crédit : GENYA SAVILOV / AFP)

Lapid a formulé une critique beaucoup plus claire  : « Israël condamne l’attaque et est prêt à fournir une aide humanitaire aux citoyens de l’Ukraine. »

L’ambassadeur de la Russie en Israël a déclaré vendredi au Times of Israël que Moscou « espère qu’Israël continuera d’adopter une approche diplomatique sage ».

Le mécanisme anti-conflit a été abordé lors des entretiens entre Naftali Bennett et le président russe Vladimir Poutine lorsqu’ils se sont rencontrés à Sotchi, en Russie, en octobre dernier. Un haut responsable israélien a déclaré après la réunion qu’ils étaient d’accord pour continuer cet arrangement.

Il y a eu des discussions « très larges » au sujet de la situation en Syrie visant à « protéger le mécanisme de coordination », a déclaré le ministre du Logement, Zeev Elkin, qui accompagnait Bennett pendant le voyage, à l’époque.

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré Poutine à plusieurs reprises pour discuter de la question et a affirmé que leur relation personnelle était un facteur principal dans le maintien du mécanisme.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu au Kremlin à Moscou, le 30 janvier 2020. (MAXIME SHEMETOV / POOL / AFP)

Israël aurait réalisé des centaines de frappes aériennes à l’intérieur de la Syrie au cours de la guerre civile dans ce pays, ciblant des cargaisons d’armes destinées au groupe terroriste libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui combat aux côtés des forces du gouvernement syrien. Israël reconnaît ou commente rarement de telles opérations.

La Russie, quant à elle, est un proche allié de Bachar al-Assad en Syrie, elle dispose de forces basées et opérant en Syrie, et fournit à la Syrie des défenses aériennes qui tentent de s’opposer aux avions et missiles israéliens.

Les responsables israéliens ne commentent généralement pas l’étendue de la coordination, mais ils soulignent que Tsahal ne demande pas la permission de la Russie avant de mener des opérations.

Les contours de ce système de coordination sont imprécis depuis 2018, quand un artilleur de la défense aérienne syrienne, visant des jets israéliens lors d’un bombardement, a frappé un avion militaire russe, tuant les 15 personnes à bord.

La Russie a réagi en fournissant aux forces syriennes des batteries avancées de défense aérienne S-300, qui auraient le potentiel de réduire considérablement la liberté d’action d’Israël dans les airs au-dessus du pays.

Moscou maintient des systèmes de défense aérienne S-400 à la pointe de la technologie pour protéger ses propres actifs en Syrie, mais n’a jamais dirigé ces missiles vers des avions israéliens.

Jeudi, les médias officiels syriens ont déclaré que trois soldats syriens ont été tués dans un raid aérien israélien près de la capitale Damas. La frappe présumée est survenue quelques heures après qu’Israël a envoyé des tracts sur les positions de l’armée syrienne, avertissant qu’elles pourraient être ciblées pour avoir collaboré avec le groupe terroriste iranien Hezbollah.

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