La signature des accords à la Maison Blanche aura lieu sans masque obligatoire
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La signature des accords à la Maison Blanche aura lieu sans masque obligatoire

Un haut responsable américain indique que les traités ne mentionneront pas l'accès au mont du Temple pour les musulmans ou la question de la vente des F-35 aux Emirats

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump écoute Jared Kushner qui s'exprime dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 11 septembre 2020 à Washington, après que Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient négocié un accord de paix entre Israël et Bahreïn. (AP/Andrew Harnik)
Le président américain Donald Trump écoute Jared Kushner qui s'exprime dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 11 septembre 2020 à Washington, après que Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient négocié un accord de paix entre Israël et Bahreïn. (AP/Andrew Harnik)

WASHINGTON – Les centaines d’invités à la cérémonie de signature de la Maison Blanche marquant les accords de normalisation d’Israël avec les EAU et le Bahreïn seront encouragés à porter des masques et à maintenir une distance physique, mais le port du masque ne sera pas exigé, a déclaré lundi un haut responsable de l’administration Trump.

La cérémonie de mardi aura lieu sur la pelouse sud de la Maison Blanche, a précisé le fonctionnaire lors d’un briefing téléphonique avec les journalistes, qualifiant le lieu de « vaste espace ».

« Nous attendons quelques centaines de personnes, mais nous avons l’intention de maintenir les distances barrières autant que possible », a-t-il fait savoir, notant que « les Israéliens, les Emiratis et les Bahreïnis prennent tous [la question] au sérieux ».

Les États-Unis sont en tête dans le monde concernant les infections et les décès dus au coronavirus, avec près de 200 000 morts, tandis qu’Israël est le deuxième pays au monde, après Bahreïn, pour la proportion de personnes contaminées par habitant.

Quelque 700 personnes devraient assister à l’événement, selon la Douzième chaîne. Les directives de Washington pour endiguer la propagation du virus stipulent que « les rassemblements de masse de plus de 50 personnes sont interdits ».

Le nombre d’invités attendus à la cérémonie de signature sera moitié moindre que celui qui a rempli la pelouse le mois dernier pour voir le président américain Donald Trump accepter la nomination de son parti pour devenir candidat aux prochaines élections présidentielles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer à Washington, le 14 septembre, la veille de la signature des Accords d’Abraham à la Maison Blanche. (Crédit : Avi Ohayon / GPO)

Le haut responsable américain a déclaré lors du briefing que les documents à signer sont « à peu près complets ou complets ».

Avant la cérémonie de signature, qui débutera à midi (19h en Israël), Netanyahu et Trump tiendront une réunion bilatérale à la Maison Blanche, et une réunion à quatre avec les ministres des Affaires étrangères des Émirats et de Bahreïn devrait avoir lieu peu après. Donald Trump rencontrera également séparément les ministres des Affaires étrangères des deux pays du Golfe.

Lors de la signature proprement dite, M. Netanyahu et le ministre émirati, Abdullah bin Zayed Al Nahyan, signeront ce qu’un fonctionnaire israélien a nommé lundi un « traité de paix », tandis que M. Netanyahu et le chef de la diplomatie bahreïnie, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, signeront une déclaration de paix moins formelle.

Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan. (Crédit : AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

Le traité de paix est un accord ayant une valeur juridique internationale, qui doit être approuvé par la Knesset, alors que la déclaration n’est qu’un document commun correspondant à un engagement de paix.

Le haut responsable de la Maison Blanche a indiqué que le texte israélo-émirati serait beaucoup plus long que l’accord israélo-bahreïni, car celui-ci n’a été annoncé que vendredi, alors que l’accord avec Abou Dhabi a été rendu public le 13 août.

Trump signera les deux accords bilatéraux en tant que « témoin » ou « observateur », puis les trois représentants signeront des déclarations de paix séparées et communes.

Le fonctionnaire a divulgué quelques détails lorsqu’il a été pressé de fournir plus d’informations sur les accords.

« Nous abordons certaines questions de fond de nature bilatérale, notamment dans le document des EAU », a-t-il répondu.

Interrogé, le fonctionnaire a déclaré que la question de l’accès des touristes musulmans au mont du Temple à Jérusalem ne serait pas mentionnée dans les documents qui seront signés mardi.

Lors d’un briefing téléphonique avec les journalistes vendredi, après l’annonce que Bahreïn suivrait les EAU dans la signature d’un accord avec Israël, le conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner a souligné l’inclusion de clauses dans les deux accords, ainsi que dans le plan de paix israélo-palestinien de Trump, qui affirment l’engagement d’Israël à permettre à tous les musulmans de visiter et de prier à la mosquée al-Aqsa sur le mont du Temple.

Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, s’exprime lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du Conseil de coopération du Golfe à Riyad (Arabie saoudite), le 10 décembre 2019. (AP Photo/Amr Nabil)

« Cela réduira la tension dans le monde musulman et permettra aux gens de séparer la question palestinienne de leurs propres intérêts nationaux et de leur propre politique étrangère, qui devrait être axée sur leurs priorités intérieures », a fait savoir M. Kushner lors de la session d’information.

Interrogé lundi sur l’évolution des négociations parallèles que les EAU mènent avec la Maison Blanche pour l’achat d’avions de chasse F-35, le responsable de l’administration a réitéré que « c’est quelque chose qui est à l’étude ».

Bien que cela ne fasse pas directement partie de l’accord de normalisation, les responsables américains et émiratis ont reconnu que la volonté des EAU de formaliser leurs relations avec Israël a contribué à faire avancer les négociations pour l’achat de F-35.

Les opposants à une telle vente font valoir qu’elle pourrait mettre en danger « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël au Moyen-Orient.

Le haut responsable américain a rejeté ces préoccupations, en disant : « Si cela se fait, cela signifiera que la sécurité d’Israël n’est pas mise en danger, et donc que tout va bien. »

Il n’a pas dit si d’autres pays arabes enverraient des représentants à la cérémonie – ce qui, selon les analystes, laisserait entendre que d’autres pays de la région pourraient imiter les EAU et le Bahreïn vis-à-vis d’Israël.

Le fonctionnaire a indiqué que des démocrates de haut rang du Congrès ont été invités et qu’ils assisteront, « espérons », à la cérémonie.

Il a également été invité à commenter un article du Times of Israel, reposant sur des sources ayant une connaissance directe des négociations de normalisation, qui dit que les Etats-Unis ont donné aux EAU l’engagement qu’ils ne soutiendront pas un mouvement d’annexion israélien avant au moins 2024.

« J’ai entendu tout un tas [de nombre d’années] différents, et je ne sais pas d’où cela vient », a déclaré le fonctionnaire, qui n’a ni confirmé ni démenti l’article.

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