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La Turquie se retire de la convention d’Istanbul sur les droits des femmes

De nombreux groupes avaient saisi le Conseil d'Etat pour annuler le retrait de la convention, qui établit un cadre légal et institutionnel pour lutter contre les violences sexistes

Des femmes qui manifestent en Turquie lors de l’évènement "Kiyafetime karisma", dans le quartier de Kadikoy, à Istanbul, le 29 juillet 2017. (Crédit : Neslihan_Turan / CC BY-SA 4.0)
Des femmes qui manifestent en Turquie lors de l’évènement "Kiyafetime karisma", dans le quartier de Kadikoy, à Istanbul, le 29 juillet 2017. (Crédit : Neslihan_Turan / CC BY-SA 4.0)

Le Conseil d’Etat turc a confirmé mardi le retrait de la Turquie de la convention d’Istanbul, premier traité international à fixer des normes juridiquement contraignantes pour prévenir les violences envers les femmes, ont rapporté des médias turcs.

« La 10e chambre du Conseil d’État a rejeté la demande d’annulation du décret présidentiel du 20 mars 2021 relatif à l’annulation de la (…) convention d’Istanbul », a rapporté l’agence de presse officielle Anadolu.

De nombreux groupes, dont des partis politiques et des ONG de défense des droits, avaient saisi le Conseil d’Etat plus haute autorité administrative en Turquie -, demandant l’annulation de la décision de retrait de la convention d’Istanbul.

Des manifestations rassemblant des milliers de personnes avaient éclaté à l’annonce de l’abandon du traité en mars 2021, qui avait également valu au président turc Recep Tayyip Erdogan de vives critiques de l’Europe.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan écoutant son homologue iranien Ebrahim Raisi lors d’une conférence de presse conjointe au palais de Saadabad, à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Cette convention, signée par 36 pays, établit un cadre légal et institutionnel pour lutter contre les violences sexistes.

Le gouvernement turc avait justifié sa décision d’abandonner le traité – qu’il avait signé en 2011 – en lui reprochant d’encourager l’homosexualité et de menacer la structure familiale traditionnelle.

Des défenseurs des droits des femmes estiment que le retrait de la Turquie de la convention d’Istanbul a rendu les femmes turques plus vulnérables face aux violences.

« Le Conseil d’Etat a estimé que [le président turc] a fait usage de son pouvoir discrétionnaire. C’est terrifiant du point de vue du droit », a réagi Ipek Bozkurt, avocate de la plateforme We Will Stop Feminicides.

« Cette erreur aurait dû être arrêtée par la justice turque », a-t-elle déclaré à l’AFP.

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