La vitesse de réchauffement de la mer encouragerait aussi la mort des poissons
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La vitesse de réchauffement de la mer encouragerait aussi la mort des poissons

Une étude israélienne indique qu'une mortalité massive est survenue à Eilat lors de l'épisode de réchauffement rapide de 2017, même si les températures n'étaient pas excessives

Les poissons tropicaux à la barrière de corail d'Eilat. (Crédit : Asaf Zvuloni / Israel Nature and Parks Authority / FLASH90)
Les poissons tropicaux à la barrière de corail d'Eilat. (Crédit : Asaf Zvuloni / Israel Nature and Parks Authority / FLASH90)

Une étude israélienne suggère que la vitesse à laquelle les températures de la mer augmentent – et pas nécessairement la chaleur maximale qu’elles atteignent – peut jouer un rôle central dans les dégâts écologiques causés par le changement climatique, y compris la mortalité généralisée de poissons de récif par ailleurs en bonne santé.

L’étude a été publiée dans les prestigieux Proceedings of the National Academy of Sciences. Elle fait suite à un cas survenu en 2017 dans la ville balnéaire d’Eilat, au sud de la mer Rouge, en Israël, où les scientifiques ont enregistré la plus forte hausse de la température de l’eau en 32 ans, avec un bond de 4,2 °C en deux jours et demi. Ils ont constaté que malgré la température maximale de l’eau qui ne battait aucun record, de nombreuses morts de poissons ont été enregistrées.

Les carcasses de poissons collectées se sont avérées gravement infectées par la bactérie Streptococcus iniae. On ne sait pas exactement quel mécanisme a permis à la bactérie de frapper les poissons aussi durement.

Après avoir comparé ces découvertes avec deux autres cas de disparitions massives de poissons précédées par un réchauffement rapide de la température de l’eau, les chercheurs ont émis l’hypothèse que les deux phénomènes étaient liés.

Le golfe d’Eilat. (Crédit : Dr. Ilan Malster/ministère de la Protection de l’environnement)

« Ce que vous avez ici est un défi biotique (infection bactérienne) et un défi abiotique (augmentation de la température) qui se sont produits en même temps », a déclaré au Guardian Kurt Gamperl de l’Université Memorial de Terre-Neuve, Canada, qui n’a pas participé à l’étude.

« Il est possible que l’infection ait diminué la tolérance thermique des poissons, et que cela ait entraîné le nombre de décès… mais il est certainement très peu probable que ce soit uniquement la température ».

Au début de ce mois, deux chercheurs de l’Université de Tel-Aviv ont indiqué que des espèces de coraux constructeurs de récifs au large de la côte d’Eilat et de la ville voisine d’Aqaba en Jordanie pourraient être menacées d’extinction en raison des changements dans l’environnement où elles se reproduisent.

Le professeur Yossi Loya et le doctorant Tom Shlesinger de l’école de zoologie de l’université de Tel-Aviv ont averti que le réchauffement et la pollution des océans pourraient modifier la manière extraordinaire dont les coraux synchronisent la libération des œufs et du sperme, entraînant une baisse des taux de croissance.

Selon les scientifiques, dont l’étude révolutionnaire a été publiée dans Science, le phénomène potentiellement catastrophique pourrait s’étendre.

Selon les Nations unies, l’acidité des océans – causée par l’absorption d’une quantité accrue de dioxyde de carbone résultant de l’activité humaine – a augmenté de 30 % depuis le début de la révolution industrielle. C’est 100 fois plus rapide que tout changement d’acidité subi par les organismes marins depuis au moins les 20 derniers millions d’années. Les scénarios de maintien du statu quo en matière d’émissions de dioxyde de carbone pourraient rendre l’océan jusqu’à 150 % plus acide d’ici 2100, ont averti les Nations unies.

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