L’accord qu’a conclu le parti islamiste Raam pour entrer dans la coalition
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L’accord qu’a conclu le parti islamiste Raam pour entrer dans la coalition

Plus de 53 milliards de shekels alloués pour la société arabe israélienne; Trois villages bédouins non reconnus devraient être légalisés

Mansour Abbas du parti Raam lors d'une conférence de presse après une réunion avec le président Reuven Rivlin à la résidence du président de Jérusalem, le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Mansour Abbas du parti Raam lors d'une conférence de presse après une réunion avec le président Reuven Rivlin à la résidence du président de Jérusalem, le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Après l’annonce de la création de la nouvelle coalition par le centriste Yair Lapid, le parti islamiste Raam a indiqué que « le bloc du changement » avait accepté d’allouer plus de 53 milliards de shekels de budgets et de plans de développement pour la société arabe.

Selon un communiqué du parti musulman dirigé par Mansour Abbas, Naftali Bennett, chef de Yamina, et Lapid ont promis 30 milliards de shekels sur cinq ans pour stimuler l’économie, et 2,5 millions de shekels supplémentaires pour lutter contre la violence et le crime organisé au sein de la société arabe.

20 millions de shekels supplémentaires seront investis au cours des 10 prochaines années pour réparer les infrastructures en ruine dans les villes et villages arabes, a déclaré Raam.

Trois villages bédouins non reconnus – Abda, Khashm al-Zena et Rakhma – devraient être légalisés dans une décision du gouvernement, selon Raam.

Quant à la loi controversée de Kaminitz de 2017 ciblant les constructions arabes illégales, Raam dit qu’il y aura des discussions sur sa modification au cours des six prochains mois. En attendant, une décision déjà en place consistant à geler certaines parties de la loi sera prolongée jusqu’en 2024.

Certains dans le camp de Benjamin Netanyahu étaient sceptiques quant à la concrétisation des promesses du bloc du changement à Raam.

« Tout cela n’est que discours creux. C’est des mensonges. Qu’ont-ils obtenu ? Juste des jeux politiques », bouillonne la députée du Likud Fateen Mulla lors d’un appel téléphonique avec le Times of Israel.

Après une très longue journée, le leader centriste de Yesh Atid, Yair Lapid, vient d’informer le président Reuven Rivlin qu’il a réussi à former un gouvernement, mettant potentiellement fin au règne de Benjamin Netanyahu à la tête d’Israël depuis douze ans – et quatorze en tout.

Cependant, des difficultés persisteraient, notamment avec le député Yamina, Nir Orbach, qui menace de voter contre le gouvernement. Les partis de cette nouvelle coalition ont besoin de chaque vote pour obtenir l’approbation de la la Knesset.

Certains membres de la Liste arabe unie pourraient aider la coalition à faire passer le vote à la Knesset.

La dernière fois qu’un parti arabe israélien avait soutenu – sans toutefois y participer – un gouvernement remonte à 1992 à l’époque du « gouvernement de la paix » de Yitzhak Rabin.

« Ce gouvernement sera au service de tous les citoyens d’Israël incluant ceux qui n’en sont pas membres, respectera ceux qui s’y opposent, et fera tout en son pouvoir pour unir les différentes composantes de la société israélienne », a déclaré M. Lapid au président Rivlin, selon le communiqué.

Une source de Yesh Atid avait déclaré mercredi à la Douzième chaîne que l’accord de coalition conclu avec le parti islamiste Raam « profitera au public arabe, sans les rêves irresponsables que Netanyahu lui a promis. Il n’y a pas d’éléments nationalistes, seulement le bien de la population – éducation, infrastructure, santé, application de la loi et plus encore. »

« J’ai signé un accord avec (le centriste) Yaïr Lapid (…) après que nous sommes parvenus à un nombre important d’accords sur différents sujets qui servent les intérêts de la société arabe », avait dit Abbas de son côté dans une déclaration télévisée.

 

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