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L’aéroport d’Alep rouvre plusieurs jours après une frappe attribuée à Israël

Les images satellites montrent les dommages sur la piste d'atterrissage, pour empêcher l’atterrissage de gros avions, tels les frets iraniens transportant des armes au Hezbollah

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Cette photo publiée par ImageSat International le 8 mars 2022 montre l'aéroport international d'Alep en Syrie après une frappe aérienne attribuée à Israël. (Crédit : ImageSat International)
Cette photo publiée par ImageSat International le 8 mars 2022 montre l'aéroport international d'Alep en Syrie après une frappe aérienne attribuée à Israël. (Crédit : ImageSat International)

Près de trois jours après la fermeture de l’aéroport international d’Alep, dont la piste a été endommagée par une frappe aérienne attribuée à Israël, le ministère syrien des Transports a annoncé sa réouverture vendredi matin.

Dans un communiqué publié jeudi par l’agence de presse gouvernementale SANA, le ministère a annoncé la fin des travaux de réparation entrepris à la suite de la frappe aérienne de mardi matin, ainsi que la reprise des vols de l’aéroport dès 8 heures (heure locale) vendredi.

Mercredi, une société israélienne de renseignement et d’imagerie a publié des images satellite montrant les dommages causés à la piste, ainsi que les travaux de réparation.

Selon l’Etat islamique (EI), les dommages causés à deux endroits proches du milieu de la piste avaient pour but d’empêcher les gros avions d’atterrir, notamment les vols de fret iraniens transportant des armes vers le Hezbollah au Liban.

La Syrie et l’Iran ont qualifié de crime contre l’humanité la frappe israélienne sur l’aéroport d’Alep.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé un « double crime », affirmant que la frappe visait « un aéroport civil… qui est l’un des principaux canaux de distribution de l’aide humanitaire » aux victimes du tremblement de terre meurtrier qui a dévasté la région en février.

L’Iran, allié de Damas, a condamné la frappe, la qualifiant de « crime contre l’humanité ».

Capture d’écran de Twitter montrant un incendie à l’aéroport d’Alep à la suite d’une attaque aérienne israélienne présumée, le 7 mars 2023. (Crédit : Capture d’écran/Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Des photos et quelques vidéos censées provenir du site où a eu lieu la frappe, ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant un incendie à l’aéroport.

L’armée israélienne n’a pas fait de commentaire, conformément à sa politique qui consiste à ne pas commenter les raids aériens en Syrie. Ces dernières années, Israël aurait mené des centaines de frappes contre des cibles à l’intérieur des régions de Syrie contrôlées par le gouvernement, dont des attaques sur les aéroports de Damas et d’Alep, mais ces actions sont rarement reconnues ou discutées.

Israël a admis, en revanche, prendre pour cible les bases de groupes militants alliés de l’Iran, comme le Hezbollah libanais, qui a envoyé des milliers de combattants pour soutenir les forces du président Bachar al-Assad. Israël considère l’expansion de l’Iran en Syrie comme une menace permanente pour sa sécurité nationale, et a mené ces frappes sur un large éventail de cibles dans le but de contenir les forces iraniennes dans la région.

Alep, qui a été dévastée par la guerre civile en Syrie, a été très touchée par le séisme meurtrier de magnitude 7,8 qui a frappé la Turquie et la Syrie le mois dernier. Depuis, de nombreux pays, dont l’Iran, ont envoyé des colis d’aide humanitaire par l’aéroport de la ville.

La dernière frappe aérienne en Syrie attribuée à Israël remonte au mois dernier, lorsque la presse nationale syrienne a rapporté qu’une frappe aérienne avait ciblé un quartier résidentiel de Damas, tuant cinq personnes et en blessant 15 autres.

En janvier, l’armée syrienne a affirmé que l’armée israélienne avait tiré des missiles en direction de l’aéroport international de la capitale, empêchant son fonctionnement et tuant deux soldats. Cette attaque a eu lieu sur fond de craintes israéliennes que l’aéroport de Damas ne soit utilisé pour faire entrer des armes iraniennes dans le pays.

À la fin du mois d’août dernier, la Syrie a accusé Israël d’être à l’origine de deux frappes aériennes consécutives contre l’aéroport international d’Alep et contre une base proche de l’aéroport de Damas, alléguant qu’Israël intensifiait ses attaques contre les aéroports pour contrer l’utilisation croissante par Téhéran de vols commerciaux pour faire entrer des fournitures militaires dans le pays.

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