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L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens récupère 160 M de $ de dons

L'UNRWA dit avoir besoin d'encore 100 millions pour l'éducation et la santé. Israël demande l'arrêt des dons jusqu'au licenciement des enseignants qui incitent au meurtre de Juifs

Les élèves regardent Pierre Krähenbühl, Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA),  hors cadre,  à l'école primaire de filles Rimal à Gaza City, le 22 janvier 2018. (Crédit: AP Photo/Adel Hana)
Les élèves regardent Pierre Krähenbühl, Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), hors cadre, à l'école primaire de filles Rimal à Gaza City, le 22 janvier 2018. (Crédit: AP Photo/Adel Hana)

Une conférence de donateurs à New York a permis de récolter 160 millions de dollars pour l’agence de l’ONU responsable de l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), mais plus de 100 millions sont toujours manquants pour son budget, a déclaré vendredi son commissaire général, Philippe Lazzarini.

Devant des médias, ce responsable s’est félicité d’un « soutien politique unanime très fort » exprimé lors de cette conférence de donateurs à l’égard de l’agence de l’ONU tenue jeudi.

Mais « nous avons encore un long chemin à parcourir ». « Le déficit de financement reste pour l’instant substantiel. En comptant les financements déjà reçus pour 2022 et ceux attendus, y compris ceux promis hier, nous avons encore un trou dramatique de plus de 100 millions de dollars », a-t-il dit.

Evoquant une absence de visibilité à partir de septembre, Philippe Lazzarini a indiqué que si le trou n’était pas comblé dans les mois à venir, l’accès à l’éducation pour des milliers de garçons et filles et celui à des services de santé et de nourriture pour les réfugiés palestiniens les plus pauvres « pourraient être gravement menacés ». « Nous sommes entrés dans une zone dangereuse », a-t-il insisté.

Le budget annuel de l’UNRWA, qui compte 30 000 employés, avoisine 1,6 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros). L’agence fournit des services de base (éducation, santé) à 5,7 millions de réfugiés palestiniens répartis entre le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Jeudi, à l’ouverture de la conférence des donateurs, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait souligné que l’UNRWA, une barrière essentielle contre l’extrémisme, selon lui, était au bord de la faillite. Il avait appelé à multiplier les dons et réclamé un plan sur le long terme pour stabiliser son financement.

Israël et les États-Unis accusent depuis longtemps l’UNRWA de perpétuer le conflit israélo-palestinien en étendant le statut de réfugié à des millions de descendants, plutôt que de limiter le statut de réfugié aux seuls réfugiés d’origine, comme c’est la norme pour la plupart des populations de réfugiés dans le monde.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, avait de son côté demandé que les membres des Nations unies gèlent leurs contributions à l’UNRWA tant que des professeurs employés par cette agence et accusés par lui de soutenir le terrorisme et le meurtre de juifs ne seraient pas licenciés.

Lazzarini a déclaré que l’UNRWA avait reçu vendredi une lettre de la mission israélienne auprès de l’ONU qu’il n’avait pas lue, mais il a ajouté que toutes les allégations feraient l’objet d’une enquête et que s’il y a violation des valeurs de l’ONU et mauvaise conduite, « nous prendrons des mesures conformes aux politiques de l’ONU ».

Les défenseurs d’Israël critiquent également depuis longtemps l’UNRWA pour ses manuels scolaires qui, selon eux, incitent à la violence. Les groupes de surveillance israéliens ont accusé les programmes de l’UNRWA de promouvoir la violence et de nier le droit à l’existence d’Israël.

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