L’Agence juive s’attend à 100 000 nouveaux immigrants en 3 ans
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L’Agence juive s’attend à 100 000 nouveaux immigrants en 3 ans

Le phénomène pourrait s’expliquer par la volonté des Juifs de diaspora de posséder un passeport israélien "au cas où", afin de pouvoir toujours entrer en Israël

De nouveaux immigants arrivent en Israël à bord d'un vol d'alyah, le 15 août 2015. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
De nouveaux immigants arrivent en Israël à bord d'un vol d'alyah, le 15 août 2015. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Yigal Palmor, directeur des Relations internationales de l’Agence juive, a récemment été interviewé par le journal Actualité juive alors qu’Israël se prépare à une vague d’immigration juive post-coronavirus.

Selon le responsable, son institution constate actuellement une « hausse de 70 % d’ouvertures de dossiers d’alyah en France », alors que la crise du coronavirus a rendu impossible – ou compliqué – la « montée » en Israël ces derniers mois. La baisse d’alyah serait ainsi de 43 % en France sur le printemps par rapport à l’année dernière.

Selon des chiffres officiels, environ 700 dossiers ont été ouverts en mai 2020 contre 130 en mai 2019 dans les bureaux de l’Agence juive en France, pays qui avait fourni un contingent record (7 900) en 2015, année des attentats du Bataclan, de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher.

Yigal Palmor ajoute que, alors que 34 000 Juifs de la diaspora ont effectué leur alyah en 2019, dont 2 408 depuis la France, le nombre devrait être moindre cette année, avant d’augmenter l’année prochaine.

« Si l’engouement actuel pour l’alyah se traduit par une alyah avérée, alors nous devrions accueillir 10 % de plus d’olim en 2021 qu’en 2019 », explique-t-il. « Soit environ 37 000. Et si la tendance perdure au-delà, alors en trois ans, ce sont 100 000 nouveaux immigrants qui pourraient monter en Israël. »

Palmor explique que le phénomène pourrait s’expliquer par la volonté des Juifs de posséder un passeport israélien « au cas où », afin de pouvoir toujours entrer en Israël, alors que les frontières du pays restent fermées aux non-Israéliens en raison de la crise sanitaire. La hausse serait ainsi davantage liée à cette volonté que « par un réel désir de s’installer de façon permanente en Israël ».

Le responsable ajoute que, pendant la crise, l’agence a proposé des prêts sans intérêt aux Juifs touchés économiquement par la pandémie. Plusieurs millions de dollars ont ainsi déjà été distribués.

La semaine dernière, Nefesh B’Nefesh, une organisation qui aide les Nord-Américains à immigrer en Israël, a elle aussi déclaré avoir reçu le plus grand nombre de demandes d’alyah depuis sa fondation il y a près de vingt ans.

Au cours de la première moitié du mois de juin, plus de 900 demandes d’immigration lui ont été soumises, contre 399 en juin 2019.

L’organisation, en collaboration avec l’Agence juive pour Israël, le Keren Kayemet L’Yisrael et le JNF-USA, a prévu 14 vols de groupe pour les Juifs nord-américains qui s’installeront en Israël cet été. Les organisations ont signé un contrat avec la compagnie El Al pour assurer ces liaisons.

Mi-juin, la ministre de l’Immigration, Pnina Tamano-Shata, a elle déclaré à la commission de la Knesset pour l’immigration, l’Intégration et les affaires de la diaspora qu’Israël peut s’attendre à l’arrivée de 90 000 immigrants, ou olim, d’ici la fin 2021, contre 35 463 en 2019.

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