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« L’Air Force One » d’Israël prêt à décoller, mais Bennett ne semble pas intéressé

L'avion, d'une valeur de 750 millions de NIS et baptisé "L'Aile de Sion", a nécessité des années de développement

Le président du syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes, Yair Katz, dévoile l'Aile de Zion le 8 décembre 2021. (Syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes)
Le président du syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes, Yair Katz, dévoile l'Aile de Zion le 8 décembre 2021. (Syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes)

Les autorités aéronautiques ont accordé un « certificat de vol » à la version israélienne de l’Air Force One américain en début de semaine.

L’avion, d’une valeur de 750 millions de NIS et baptisé « L’Aile de Sion », a nécessité des années de développement et est destiné à être utilisé par les chefs d’État israéliens pour les visites officielles.

Selon les médias israéliens, le Premier ministre Naftali Bennett et le président Isaac Herzog n’ont pas encore décidé d’utiliser l’avion.

Afin de recevoir une autorisation de vol, l’avion a dû recevoir plusieurs approbations du bureau du Premier ministre, qui aurait traîné des pieds, selon certaines sources.

La fabrication de l’avion a été étroitement liée à l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les partisans du projet ont déclaré qu’il était crucial de transporter en toute sécurité les plus hautes personnalités d’Israël, tandis que les critiques, y compris les membres de l’actuelle coalition gouvernementale, ont affirmé qu’il ne s’agissait guère plus que d’une entreprise vaniteuse d’un Premier ministre cherchant à améliorer l’image de ses voyages à l’étranger.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, partenaire de Bennett au sein de la coalition, a déclaré lors de ses dernières campagnes électorales qu’il n’utiliserait pas l’avion, le qualifiant de gaspillage de l’argent des contribuables.

Bennett n’a pas encore fait de commentaires sur l’avion depuis son entrée en fonction.

Selon un article de Ynet datant de juillet dernier, Lapid avait fait pression pour vendre l’Aile de Sion. Le journal indiquait que l’establishment de la Défense s’était fortement opposé à sa position, soutenant que l’avion modernisé était important pour le leadership d’Israël.

Le Boeing 767, vieux de 20 ans, a donc subi d’importantes rénovations ces dernières années. Il comprend désormais un bureau privé pour le Premier ministre, une chambre avec salle de bain et douche, une cuisine entièrement équipée, une salle de réunion et même une « salle de guerre ».

L' »Aile de Sion », la version israélienne d’Air Force One, est vue au-dessus de l’aéroport Ben Gourion, lors de son premier vol d’essai, le 3 novembre 2019. (Yoav Weiss/Israel Aerospace Industries)

Dévoilant l’avion mercredi, le président du syndicat des travailleurs d’Israel Aerospace Industries (IAI), Yair Katz, a qualifié d’ « absurde que la splendeur de l’art israélien prenne la poussière sur le parking et ne soit pas utilisée aux fins pour lesquelles elle a été développée par les meilleurs ingénieurs d’IAI. »

Il a également déclaré que, plutôt que d’utiliser l’Aile de Sion, Bennett affrète des avions de compagnies aériennes israéliennes, ce qui coûte, selon lui, encore plus cher aux contribuables.

Le projet a été retardé à plusieurs reprises, la dernière fois l’année dernière lorsque le bureau du Premier ministre Netanyahu avait ordonné le gel des vols d’essai, afin d’éviter l’apparition de dépenses inutiles en plein milieu de la pandémie.

En février dernier, l’Aile de Sion a effectué avec succès un vol d’essai, franchissant ainsi un obstacle majeur sur la voie de sa mise en service.

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