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L’Algérie accuse Israël d’avoir aidé à ourdir une attaque séparatiste – médias

Une agence de sécurité affirme que le groupe terroriste séparatiste à l'origine du complot était soutenu par le Maroc et par "l'entité sioniste"

Brahim Ghali, chef du Front Polisario et de la république arabe démocratique sahraouie auto-proclamée, lors d'un événement de la Journée nationale d'unité dans le camp de réfugiés de Dajl, en Algérie, le 12 octobre 2021. (Crédit :  AP Photo/Bernat Armangue)
Brahim Ghali, chef du Front Polisario et de la république arabe démocratique sahraouie auto-proclamée, lors d'un événement de la Journée nationale d'unité dans le camp de réfugiés de Dajl, en Algérie, le 12 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Bernat Armangue)

Les services algériens de sécurité ont indiqué mercredi avoir déjoué une attaque armée programmée par un groupe séparatiste soutenu par des aides étrangères, notamment par Israël, ont fait savoir les médias locaux.

Dans un communiqué reproduit par ces médias, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé que la police avait démantelé cette semaine un réseau lié au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et arrêté 17 personnes en Kabylie (nord-est). Le MAK est un groupe qui réclame l’indépendance pour la région agitée de la Kabylie et il est considéré comme une « organisation terroriste » par l’Algérie, selon les médias locaux.

Selon Reuters, la chaîne Ennahar TV algérienne a indiqué que l’attaque avait été préparée par les séparatistes qui avaient été aidés en cela par « l’entité sioniste » ainsi que par un pays d’Afrique du nord. Ce pays n’a pas été expressément nommé mais l’Algérie, dans le passé, a déclaré que le MAK était soutenu à la fois par l’État juif et par son propre voisin, le Maroc.

Le communiqué de l’agence de sécurité a précisé que les 17 individus qui ont été arrêtés dans tout le nord-est de la Kabylie étaient accusés d’avoir prévu de se livrer à « des actions armées visant à porter préjudice à la sécurité du pays avec la complicité de parties qui, dans le pays, prônent le séparatisme ».

Les suspects ont reconnu avoir été « en contact constant via internet avec des parties étrangères se présentant sous la couverture d’associations et d’organisations issues de la société civiles » en Israël et dans un pays d’Afrique du nord, a continué le communiqué.

Au mois d’août, l’Algérie avait rompu les liens avec le Maroc, accusant ce dernier « d’actes hostiles ».

Une rupture survenue après une intervention de l’envoyé du Maroc aux Nations unies qui avait exprimé son soutien à l’auto-détermination de la Kabylie, bastion de la communauté amazigh (berbère). Alger s’oppose avec force à toute velléité d’indépendance dans la région.

Les relations entre l’Algérie et le Maroc – qui étaient déjà tendues depuis longtemps – se sont encore détériorées dernièrement avec une reprise du conflit au Sahara occidental, l’année dernière, qui avait suivi une longue période de cessez-le-feu.

Le Maroc considère cette ancienne colonie espagnole comme une partie intégrante de son royaume mais l’Algérie, de son côté, soutient le Front Polisario, un mouvement qui réclame l’indépendance de la région. .

L’accord de normalisation conclu entre le Maroc et Israël l’année dernière – en échange de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté de Rabat sur le Sahara occidental – avait aussi renforcé les tensions avec l’Algérie, soutien de l’Autorité palestinienne.

Aksel Ameziane, porte-parole de l’Anavad (gouvernement provisoire kabyle), une association fondée par le mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, a rejeté les accusations lancées contre le MAK dans des déclarations à l’AFP, à Paris.

« Le régime algérien tente de diaboliser la Kabylie et le MAK afin de tuer toute remise en cause de sa gestion désastreuse avérée sur tous les plans », a ajouté le MAK dans un communiqué de démenti publié dans la nuit de mercredi à jeudi.

Réaffirmant son « attachement au pacifisme dans (son) combat » pour l’exercice du droit à l’autodétermination, l’organisation dénonce dans son communiqué une répression à l’encontre des Kabyles: « Des dizaines d’incarcérations de simples citoyens kabyles, de militants ou de cadres politiques du MAK sont opérées tous les jours depuis plusieurs mois », affirme-t-elle.

« Le plus ancien militant du MAK incarcéré, Lounès Hamzi, vient de passer une année de prison ce 6 octobre sans aucune forme de procès ni aucun chef d’inculpation. Sa présentation devant le juge est régulièrement reportée », ajoute le mouvement.

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