L’alliance Meretz-travailliste largement saluée comme un nouvel espoir à gauche
Rechercher

L’alliance Meretz-travailliste largement saluée comme un nouvel espoir à gauche

Si les députés saluent l'union du camp de la paix, certains la dénoncent - comme Issawi Frej, du Meretz, qui qualifie sa place sur la liste de "gifle" au partenariat Juifs-Arabes

Les membres de la nouvelle alliance Travailliste-Gesher-Meretz (de gauche à droite, de haut en bas) : Amir Peretz, Orly Levy-Abekasis, Nitzan Horowitz, Tamar Zandberg, Itzik Shmuli, Merav Michaeli, Yair Golan, Ilan Gilon, Omer Barlev (Crédit : Flash90)
Les membres de la nouvelle alliance Travailliste-Gesher-Meretz (de gauche à droite, de haut en bas) : Amir Peretz, Orly Levy-Abekasis, Nitzan Horowitz, Tamar Zandberg, Itzik Shmuli, Merav Michaeli, Yair Golan, Ilan Gilon, Omer Barlev (Crédit : Flash90)

Les membres du Parti travailliste-Gesher et du Meretz ont salué, lundi, la conclusion d’une alliance entre les formations, la qualifiant d’ouverture d’une nouvelle période d’espoir pour leur agenda progressiste et de paix.

« Le partenariat entre le Meretz et le Parti travailliste-Gesher ravive la flamme de l’espoir d’une société plus juste et d’une nation fondée sur des principes et en quête de paix », a écrit sur Twitter le député du Meretz Ilan Gilon. « Le sionisme, le socialisme et la fraternité sont de retour sur la carte politique et ce, de manière spectaculaire ».

Les deux parties en lice ont annoncé lundi qu’elles fusionneraient en amont des élections du mois de mars, unifiant deux phares de la gauche israélienne. L’alliance, qui comprend également la formation Gesher, s’est conclue après plusieurs faux départs et s’est concrétisée sur la crainte que les formations ne parviennent pas à atteindre le seuil d’éligibilité nécessaire pour entrer à la Knesset si elles devaient se présenter de manière indépendante.

La députée travailliste Merav Michaeli a également fait part de son enthousiasme, parlant d’une « liste conjointe réunissant la gauche sioniste… [qui] sauvera le pays et maintiendra son caractère sioniste et démocratique ».

Itzik Shmuli, du Parti travailliste, s’est réjoui du « grand sens de la responsabilité » dont ont témoigné les leaders du parti en concluant « un accord spectaculaire et important ». Il a ajouté que la décision de fusionner le Parti travailliste de centre-gauche et celui du Meretz d’extrême-gauche n’avait pas été facile, mais qu’elle était « sensée » et « rendue nécessaire par les circonstances ».

Pour sa part, Issawi Frej, membre du Meretz, a fait savoir qu’il était furieux de sa onzième place sur la nouvelle liste, expliquant qu’elle représentait « une gifle au visage » pour les membres arabes du Meretz.

Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Issawi Frej avait tenu un rôle déterminant dans la fusion du Meretz, des Verts de Stav Shaffir et du Parti démocrate israélien de l’ancien chef d’état-major adjoint Yair Golan avant les dernières élections de septembre. Il a néanmoins déclaré que Golan, septième sur la liste, n’aurait pas dû être autorisé à intégrer cette fusion.

« L’accord avec Yair Golan est une gifle au visage » du partenariat Juifs-Arabes, a-t-il dénoncé. « C’est une déclaration disant qu’en fin de compte, le Meretz n’est pas différent de Kakhol lavan dans son adoration des généraux et dans la préférence accordée à ces derniers aux dépens d’un pur renforcement des valeurs de la gauche. »

Il a ajouté qu’il « y a de nombreux généraux à la tête du bloc de centre-gauche. Mais le Meretz a été le seul parti à avoir tenté de construire un partenariat Juifs-Arabes. Nous ne devons pas le jeter à la poubelle ».

Il a appelé les responsables du Meretz à approuver la fusion, mais à rejeter l’accord passé avec Golan.

Les partis ont jusqu’au 15 janvier pour soumettre leur liste finale pour le prochain scrutin.

Autre membre du Camp démocratique malheureuse, Stav Shaffir, à la tête du parti des Verts qui avait été la numéro deux sur la liste du Camp démocratique – juste derrière Nitzan Horowitz — mais qui se prépare dorénavant à ne plus siéger au Parlement après les élections, n’ayant pas intégré la nouvelle alliance.

Stav Shaffir du parti Camp démocrate prend la parole lors d’un débat de la commission centrale électorale sur la disqualification du parti Otzma Yehudit des prochaines élections, le 14 août 2019. (Hadas Parush/Flash90)

« Certains pourraient qualifier cela de tentative d’assassinat politique », a-t-elle dit au micro de la radio militaire, lundi matin. « À aucun moment, on ne m’a présenté de proposition, et il n’y a eu aucune discussion sérieuse. »

Elle a ajouté être « heureuse de cette union, cela fait plus d’un an que je me bats pour elle… Mais cela me trouble que cette alliance puisse ne pas attirer le plus grand nombre d’électeurs possible en raison de règlements de compte entre politiciens ».

Dans une autre déclaration, elle a estimé qu’une « union qui ressemble à une liste de placements professionnels a un effet repoussoir pour le public ».

Elle a expliqué qu’elle réfléchirait à sa position et prendrait une décision sur son avenir politique dans les prochains jours. Une candidature indépendante de sa part est largement considérée comme ayant très peu de chances de réussir.

Il a été largement rapporté ces derniers jours que le Meretz lui avait proposé la cinquième place sur sa liste pour le prochain scrutin – ce qui l’aurait placée onzième sur la liste conjointe – mais qu’elle avait refusé.

L’alliance du Meretz avec le parti des Verts et le Parti démocrate israélien n’était pas parvenue à dynamiser de manière significative la liste d’union au mois de septembre en comparaison avec le premier scrutin, en avril.

Le Camp démocratique avait remporté cinq sièges à la Knesset, soit un de plus que lorsqu’il s’était présenté seul lors du premier vote national.

Peretz avait, dans le passé, exprimé son hésitation concernant une fusion entre les travaillistes et le Camp démocratique, craignant que cette initiative n’écarte les électeurs de gauche de sa formation à vocation socio-économique.

Mais il n’y a pas eu de preuves qu’un nombre significatif de nouveaux électeurs aient placé des bulletins travaillistes dans les urnes à la suite de sa fusion avec Gesher : le parti a remporté 20 000 votes de plus lors du scrutin du mois de septembre, mais a conservé un nombre égal de sièges à celui remporté lors des élections d’avril, soit six.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...