L’ambassadeur de France en Israël convoqué après les propos de Le Drian
Rechercher

L’ambassadeur de France en Israël convoqué après les propos de Le Drian

Les propos du ministre français étaient "inacceptables, sans fondement et déconnectés de la réalité," a dit Gabi Ashkenazi à Eric Danon

Eric Danon, ambassadeur de France en Israël, depuis septembre 2019. (Autorisation de l'Ambassade de France à Tel Aviv)
Eric Danon, ambassadeur de France en Israël, depuis septembre 2019. (Autorisation de l'Ambassade de France à Tel Aviv)

Le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué jeudi l’ambassadeur de France en Israël à la suite de propos tenus par le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui a évoqué un « risque d’apartheid » en Israël, selon un porte-parole du ministère.

Le chef de la diplomatie israélienne, Gabi Ashkenazi, a indiqué à l’ambassadeur de France en Israël, Eric Danon, que les propos du ministre français étaient « inacceptables, sans fondement et déconnectés de la réalité », lors d’un entretien jeudi matin au ministère israélien des Affaires étrangères à Jérusalem.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a dit attendre « de ses amis de ne pas s’exprimer de façon irresponsable, afin de ne pas renforcer les extrémistes et les activités anti-israéliennes et antisémites » à l’étranger, a rapporté son porte-parole, Lior Haiat, dans un communiqué.

Dans sa déclaration le ministère a affirmé qu’Israël est une démocratie qui respecte sa loi, et qui rejette « toute tentative de nier ce fait ou les fondations de l’État d’Israël ».

Le ministère a également accusé la France d’ignorer les efforts d’Israël pour empêcher la violence et affirme que les commentaires de Le Drian étaient « dans les faits une récompense pour les extrémistes et les organisations terroristes, en premier lieu l’organisation terroriste du Hamas ».

Mais Le Drian avait bien souligné lors de cette émission que le Hamas était responsable.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait qualifié mercredi de « leçon de morale hypocrite et mensongère » les déclarations du chef de la diplomatie française, disant exprimer « sa vive protestation » au gouvernement français.

« Le ministre a déclaré qu’Israël pourrait devenir un Etat d’apartheid – une affirmation éhontée, fausse et sans fondement », avait déclaré en hébreu Netanyahu. « Nous n’accepterons aucune leçon de morale hypocrite et mensongère sur cette question », avait ajouté Netanyahu.

« Dans l’État d’Israël, tous les citoyens sont égaux devant la loi, quelle que soit leur origine ethnique. Israël est un phare de la démocratie et des droits de l’homme dans notre région… Nous ne subirons aucune réprimande morale hypocrite et fausse sur cette question, » avait mis en garde le chef de l’État.

Dimanche, Jean-Yves Le Drian, invité de l’émission Le Grand jury RTL/Le Figaro/LCI. avait déclaré qu’Israël faisait face à un « risque d’apartheid […] fort si on continuait à aller dans une logique d’un seul État ou du statu quo, même le statu quo produit ça. »

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors d’un débat du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, le 23 mai 2021. (Crédit : capture d’écran)

« Mais ce qui m’a frappé le plus dans cette crise, c’est qu’il y a eu des conflits en Israël. Dans les villes israéliennes [mixtes], les communautés se sont affrontées. » « Là où il y a des Arabes, » précisa Adrien Gindre, rédacteur en chef du service politique du Groupe TF1 et représentant LCI.

« Et ça monte, et ça monte. En Israël, c’est la première fois. C’est la première fois. Et ça montre bien que si d’aventure, on avait une autre solution que la solution à deux États, on aurait alors les ingrédients d’un apartheid qui durerait longtemps donc il faut essayer d’éviter cette situation. »

« C’est la faute de Netanyahu ? » a interrompu le journaliste du Figaro Guillaume Roquette…  » Je vais pas accuser, je pense qu’il faut dire d’abord, c’est la faute du Hamas. Le Hamas, c’est une organisation terroriste. »

« Non je parle des tensions à l’intérieur même d’Israël, » précisa Roquette.

Quelque peu perplexe devant la question, Le Drian répond : « c’est la réalité du fait que des communautés vivent l’une à côté de l’autre sans perspectives politiques réelles. »

« Mais vous employez le mot d’apartheid, » coupa Gindre. « Non, j’ai dit que le risque d’apartheid était fort si on continuait à aller dans une logique d’un seul État ou du statu quo, même le statu quo produit ça. »

« Mais d’apartheid, il n’y a pas aujourd’hui en Israël c’est ce que dit une démocrate aujourd’hui aux États-Unis, » indiqua Benjamin Sportouch, rédacteur en chef du service politique de RTL, sans indiquer le nom de la représentante et en donnant l’impression que les autres représentants démocrates le pensent, alors que Joe Biden a bien réaffirmé le soutien des Démocrates à l’égard d’Israël, hormis l’aile ultra-progressiste, notamment représentée par « la Brigade ». « Oui, mais le risque est celui-là. C’est la première fois que l’on a pu constater des situations de conflictualité dans les villes et je parle pas de la Cisjordanie, » insiste Le Drian.

Ces dernières semaines, la cohabitation entre Juifs et Arabes a volé en éclats dans plusieurs villes mixtes israéliennes, au moment où Israël affrontait le mouvement terroriste islamiste du Hamas dans l’enclave palestinienne de Gaza.

A LIRE – Le Drian: « C’est la faute du Hamas. Le Hamas, c’est une organisation terroriste »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...