Lancement d’un site web pour faire la lumière sur les « sous-camps » d’Auschwitz
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Lancement d’un site web pour faire la lumière sur les « sous-camps » d’Auschwitz

Une association a présenté jeudi à Berlin un site internet inédit rassemblant des années de recherches sur les "sous-camps oubliés" rattachés à l'ancien camp nazi d'Auschwitz

L'une des nombreuses images de "l'album d'Auschwitz" prises depuis le haut d'un wagon au mois de mai 1944. Plusieurs officiers SS et victimes juives qui venaient d'arriver ont été identifiées. (Crédit : Yad Vashem)
L'une des nombreuses images de "l'album d'Auschwitz" prises depuis le haut d'un wagon au mois de mai 1944. Plusieurs officiers SS et victimes juives qui venaient d'arriver ont été identifiées. (Crédit : Yad Vashem)

Intitulé « Re-finding the Sub Camps of Auschwitz » (en français : retrouver les sous-camps d’Auschwitz), ce site web « est comme un livre de 3 000 pages », fruit d’un travail de plus d’une décennie, a déclaré l’Écossais Cameron Munro, l’un des fondateurs de l’association « Tiergartenstrasse 4 Association » lors d’une conférence de presse à Berlin.

Il répertorie l’ensemble de ces quelque 45 camps de travail, également appelés « kommandos », situés en périphérie du camp central. Toutes les informations reposent sur des enquêtes sur place, des témoignages et des recherches dans les archives du musée d’Auschwitz/Birkenau ou celles de musées locaux.

Le plus connu est Monowitz, spécialisé dans la chimie sous la gestion du groupe IG-Farben.

D’autres étaient dédiés à la métallurgie, au textile, à l’agriculture, et à la mine – souvent synonyme pour ceux qui y étaient envoyés de condamnation à mort tant les conditions de travail étaient brutales, explique M. Munro.

Le site contient plus de 3 500 photos, documents ou cartes, raconte l’histoire de chacun des camps, dresse une liste de survivants et de leur parcours, ainsi que des gardiens SS qui les gardaient.

Il répertorie également tous les groupes industriels impliqués dans l’exploitation des prisonniers.

« A partir de 1943, le Troisième Reich était désespérément à la recherche de main d’oeuvre pour l’industrie de l’armement, les mines de charbon, la métallurgie etc.. pour poursuivre la guerre », peut-on lire sur le site.

75 ans après la libération du camp, très peu d’études avaient jusqu’ici été réalisées sur ce sujet.

« Or les sous-camps, dont les traces ont toutes plus ou moins disparu, restent des lieux importants pour les proches de ceux qui y sont morts », estime Christoph Heubner, vice-président du comité international d’Auschwitz.

Le travail de l’association « sur toutes ces années a créé quelque chose qui n’avait pas été possible avant : conserver les traces, honorer la mémoire des victimes et apporter des faits historiques » sur la logistique globale du camp, ajoute-t-il.

Le projet a été lancé en 2003 en Pologne, avec le journaliste polonais Artur Hojan, un spécialiste du camp d’extermination de Chelmno. Après son décès en 2014, l’association a déménagé à Berlin.

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