« L’antisémitisme connaît une crise violente », dit l’Agence juive à l’UE
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« L’antisémitisme connaît une crise violente », dit l’Agence juive à l’UE

Isaac Herzog a déploré que les Juifs ne soient pas en sécurité dans les rues européennes, disant que le continent affronte "les journées les plus sombres" de l'histoire récente

Le président de l'Agence juive  Isaac Herzog devant l'Assemblée générale de la Fédération juive à Tel Aviv, le 23 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le président de l'Agence juive Isaac Herzog devant l'Assemblée générale de la Fédération juive à Tel Aviv, le 23 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le chef de l’Agence juive Isaac Herzog a averti le Parlement européen que malgré les efforts livrés pour réduire l’antisémitisme, la haine anti-juive était en recrudescence et que les Juifs n’étaient plus en sécurité dans les rues du continent.

« Nous ne pouvons plus ignorer le fait que les Juifs, une fois encore, ne sont plus en sécurité dans les rues de l’Europe », a déclaré Herzog mercredi lors de l’événement annuel organisé par l’Union à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de la Shoah.

« L’antisémitisme en Europe connaît aujourd’hui une crise violente. Une fois encore. Et il faut qu’elle s’arrête. En ce qui concerne l’antisémitisme, nous sommes en train d’affronter certaines des journées les plus sombres de l’histoire juive en Europe de ces derniers temps. Il y a beaucoup trop d’exemples à citer », a-t-il ajouté.

« Lorsque 90 % des Juifs européens affirment que l’antisémitisme a augmenté dans le pays qui est le leur, alors nous comprenons que nous devons faire face à une épidémie », a noté Herzog, se référant à un rapport de l’Union européenne publié au mois de décembre 2018.

Il a vivement recommandé à l’Europe l’union dans la lutte contre l’antisémitisme et il a appelé les Etats à rejoindre les 18 membres qui ont d’ores et déjà adopté la définition de l’antisémitisme mise au point par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance).

Lors de cet événement, un leader communautaire juif a aussi fait part d’une vision inhabituellement pessimiste du présent et de l’avenir de la communauté juive européenne, en résultat de l’antisémitisme.

Au cours de la cérémonie et pour la toute première fois, Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, a soulevé la possibilité d’un départ des Juifs d’Europe dans ce contexte d’extrémisme croissant.

Dans son allocution – qui a été lue dans la mesure où des contraintes inattendues avaient empêché Kantor d’être physiquement présent – il a cité la même enquête réalisée au mois de décembre auprès des Juifs européens qui, à 38 %, ont expliqué réfléchir à émigrer en raison d’un sentiment d’insécurité.

« Si les Juifs quittent l’Europe, la question n’est pas ce que deviendront les Juifs », a dit Kantor, notant que l’existence d’Israël assurera leur survie, « mais ce qu’il adviendra de l’Europe ». Il a réclamé des « actions urgentes » contre l’antisémitisme de la part des autorités.

Présents lors de cet événement organisé en amont de la journée de commémoration qui aura lieu le 27 janvier, le président du Parlement européen, Antonio Tajani et Susan Pollack, survivante originaire de Hongrie et vivant au Royaume-Uni. La cérémonie a réuni environ 200 personnes.

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