L’antisémitisme du Labour « alimenté par des tweets » antisémites – rapport
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L’antisémitisme du Labour « alimenté par des tweets » antisémites – rapport

Le groupe Community Security Trust dit avoir identifié des "réseaux en ligne" derrière le parti d'opposition britannique en crise

Le leader du parti d'opposition britannique du Labour Jeremy Corbyn prononce un discours durant un rassemblement lors d'une manifestation à Londres, à Whitehall, pour protester contre la visite d'Etat réalisée par le président américain Donald Trump, le 4 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Matt Dunham)
Le leader du parti d'opposition britannique du Labour Jeremy Corbyn prononce un discours durant un rassemblement lors d'une manifestation à Londres, à Whitehall, pour protester contre la visite d'Etat réalisée par le président américain Donald Trump, le 4 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Matt Dunham)

Un certain nombre de comptes sur les réseaux sociaux sont les moteurs du discours sur l’antisémitisme tenu par le parti travailliste britannique, selon une nouvelle étude menée par un éminent groupe juif.

Selon le rapport, diffusé dimanche par le Community Security Trust, basé à Londres, qui observe l’antisémitisme et qui prodigue des services de sécurité pour les Juifs britanniques, « le problème de l’antisémitisme au sein du Labour ces trois dernières années a été alimenté par un afflux de tweets et de publications antisémites sur les réseaux sociaux, au nom du parti travailliste et de son chef, Jeremy Corbyn ».

Le rapport, intitulé « Engine of Hate » (Moteur de la haine), a été mené conjointement avec la firme d’analyse de données Signify.

Le rapport met en évidence 36 comptes Twitter pro-Corbyn, regroupés sous le nom de « salle des machines ». Chacun d’eux, dit le rapport, « a son propre réseau, qui se chevauche, et qui tient des échanges sur l’antisémitisme » et qui « encourage la croyance populaire qui veut que les allégations d’antisémitisme soient une calomnie contre Jeremy Corbyn et le parti travailliste ».

Ces comptes utilisent fréquemment des contenus d’un réseau d’autres sites qui « affirment constamment que l’antisémitisme est instrumentalisé comme une calomnie » et qui « alimente une atmosphère dans laquelle les allégations d’antisémitisme sont rejetées, tout en initiant et en encourageant des attaques contre quiconque critique le parti travailliste pour sa gestion de ce problème ».

En ayant recours à l’analyse et à la cartographie du réseau, le rapport a déterminé que les comptes de cette « salle des machines » sont « impliqués ou liés à des réseaux sur Twitter qui ont utilisé des campagnes sous forme de hashtag pour viser des députés ou des personnalités parce qu’elles sont élevées contre l’antisémitisme ».

L’un des comptes cités par le CST est celui de l’ancien député George Galloway, qui a récemment fait des vagues après qu’il a affirmé à Russia Today que si la lutte contre l’antisémitisme est importante, « l’instrumentalisation de l’antisémitisme contre ceux qui n’en sont pas coupable n’est pas moins grave ».

Un autre compte de la « salle des machines », avec l’alias @otivar55, a déclaré qu’il avait l’impression que les modérés du Labour « se basaient sur une note de l’ambassade d’Israël, et qu’il remuaient la queue, ravis de s’y conformer ».

Le compte affirmait également, sans preuve, que le groupe anti-racisme Hope Not Hate « était tombé entre les mains des nationalistes sionistes ».

« Un petit nombre de comptes sont identifiés, dont certains ne sont ni membres du parti travailliste ni partisans, et d’autres ont été expulsés ou suspendus », a déclaré une porte-parole du parti travailliste au Guardian.

« L’analyse ne prend pas en compte les médias sociaux pro-travaillistes dans son ensemble et n’inclut donc pas les principaux comptes de soutien des syndicats qui dénoncent activement un tel fanatisme. Nous sommes solidaires des communautés juives et nous sommes déterminés à éliminer l’antisémitisme de notre parti et de la société en général. »

Le parti travailliste est aux prises avec l’antisémitisme depuis que son chef d’extrême gauche, Corbyn, a été élu en 2015, et a récemment été soumis à un examen minutieux après qu’un certain nombre d’anciens responsables du parti l’ont accusé, ainsi que ses alliés, de s’être ingérés dans les efforts visant à résoudre le problème, dans un documentaire diffusé par la BBC le mois dernier.

Corbyn fait l’objet d’attaques  – y compris au sein du parti – pour avoir prétendument laissé l’antisémitisme se répandre dans le parti et pour avoir initialement refusé d’adopter pleinement la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale de l’Holocauste (IHRA) dans le nouveau code de conduite du mouvement.

La semaine dernière, le CST a annoncé que le nombre d’incidents visant des membres de la communauté juive britannique avait fortement augmenté au premier semestre de 2019.

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