L’AP livre à Israël un habitant palestinien de Jérusalem soupçonné de meurtre
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L’AP livre à Israël un habitant palestinien de Jérusalem soupçonné de meurtre

Après avoir détenu Sameh Nasser al-Din pendant 9 mois, la police de l'AP assure avoir reçu 'les garanties nécessaires' qu'il sera jugé par les tribunaux israéliens

Des membres de la famille Samih Nasser al-Din manifestant à Ramallah. (Crédit : capture d'écran de l'agence de presse Wattan)
Des membres de la famille Samih Nasser al-Din manifestant à Ramallah. (Crédit : capture d'écran de l'agence de presse Wattan)

La police de l’Autorité palestinienne a annoncé lundi avoir remis à Israël un Palestinien résidant à Jérusalem, Sameh Nasser al-Din, un meurtrier présumé.

L’AP maintenait Nasser al-Din en détention depuis avril, le soupçonnant d’avoir participé au meurtre de Raed Ghrouf, un jeune Palestinien retrouvé mort dans l’enceinte de l’hôtel Millennium à Ramallah, le 3 mars 2018.

Originaire de Jéricho, la victime était un employé de l’hôtel. Lundi, des membres de sa famille ont manifesté contre la démarche de l’AP dans le centre de Jéricho.

L’AP avait engagé des poursuites judiciaires contre Nasser al-Din il y a plusieurs mois, chose rare dans une affaire impliquant un résidant de Jérusalem.

Le bureau du procureur général de l’AP a divulgué quelques détails de son enquête sur le meurtre de Ghrouf. Quatre autres personnes sont inculpées de complicité d’assassinat.

Photo d’illustration de la place encombrée de Manara, l’une des rues principales du centre-ville de Ramallah. (Crédit : Michal Fattal/Flash90)

Un haut responsable de la sécurité israélienne, qui a souhaité rester anonyme, a confié au Times of Israel le mois dernier que les poursuites judiciaires ou l’arrestation de Palestiniens résidant à Jérusalem par l’Autorité palestinienne sont une violation d’accords passés entre l’Organisation de libération de la Palestine et l’Etat hébreu.

Dans un communiqué, la police de l’AP souligne que Nasser al-Din possède une carte d’identité israélienne et assure qu’elle a reçu les « les garanties nécessaires » qu’il sera jugé par les tribunaux israéliens.

Elle indique également que le transfert de Nasser al-Din a été décidé conformément à des « accords signés ».

Interrogé au sujet du communiqué, le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT), une branche du ministère de la Défense chargée de faire la liaison avec les Palestiniens, n’a pas souhaité le commenter.

Plusieurs membres de la famille de Nasser al-Din ont insisté sur l’innocence de leur proche. Ils affirment également que l’AP a fait usage de la torture pour obtenir ses aveux. Un porte-parole du gouvernement de l’Autorité palestinienne n’a pas donné suite à une demande de réaction à ces accusations.

La Haute Cour de justice est intervenue récemment dans le dossier après qu’un des avocats de l’accusé a déposé une requête demandant à l’Etat d’agir pour le transférer aux autorités israéliennes, d’après le site d’informations Walla.

La semaine dernière, la Haute Cour a fait part de son mécontentement concernant les informations transmises par l’Etat, qui indiquait qu’il tentait d’obtenir le transfert du meurtrier présumé, rapporte Walla.

« Les nouvelles informations que nous avons reçues depuis la dernière fois sont loin d’être satisfaisantes », a déclaré la présidente de la Cour suprême Esther Hayut lors d’une audition concernant Nasser al-Din jeudi dernier.

En Octobre, l’Autorité palestinienne avait procédé à l’arrestation d’Issam Akel, un Palestinien habitant à Jérusalem et citoyen américain, le soupçonnant d’avoir essayé de vendre des terrains à des Israéliens juifs. En fin d’année, un responsable du bureau des médias des services judiciaires de l’AP avait annoncé qu’un tribunal de l’AP l’avait condamné à la prison à vie, avec possibilité de faire appel.

La législation palestinienne considère la tentative ou la vente de terrains à des Juifs israéliens comme un délit, sanctionné, entre autres, par du travail forcé, une peine de prison ou de mort. Néanmoins, toute peine de mort doit être approuvée par le président de l’AP Mahmoud Abbas, ce qu’il n’a pas fait depuis 2006.

Citant un représentant officiel de l’AP, la chaîne publique israélienne Kan rapportait début janvier que l’Autorité palestinienne prévoyait d’extrader Akel vers les Etats-Unis. Elle a également indiqué que Washington avait fait pression sur l’Autorité pour qu’elle le libère.

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