Lapid à Netanyahu : « n’acculez » pas Trump
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Lapid à Netanyahu : « n’acculez » pas Trump

Le président du parti Yesh Atid accuse les ministres "irresponsables" de droite de faire pression sur Netanyahu pour qu'il abandonne la solution à 2 États dès sa première rencontre avec Trump

Yair Lapid (Crédit : Flash 90)
Yair Lapid (Crédit : Flash 90)

Le président du parti de l’opposition Yesh Atid, Yair Lapid, a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à ne pas « acculer [le président américain Donald] Trump » lors de sa première rencontre avec lui.

Durant la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset, Lapid a demandé aux ministres de cesser d’appeler le Premier ministre à utiliser la rencontre de mercredi comme une opportunité visant à encourager la politique des implantations en Cisjordanie.

« C’est à la limite de l’absurde, que je suis contraint de le dire depuis l’opposition, mais j’appelle les membres du gouvernement et la coalition à manifester leur soutien au Premier ministre durant cette rencontre, à ne pas trop en attendre, et à se souvenir que la gestion de ce pays est un processus long qui exige que nous agissions tous de façon responsable », a déclaré Lapid.

« La sécurité d’Israël et les affaires étrangères ne peuvent pas être reléguées au second plan à cause de politiciens qui ne pensent qu’à eux. »

Il n’est pas judicieux de discuter de la question palestinienne dès la première rencontre entre les deux chefs d’État, a-t-il souligné.

Les propos de Lapid font écho à la pression exercée par le parti Habayit Hayehudi sur Netanyahu. Le parti de Naftali Bennett a vivement encouragé le Premier ministre à utiliser cette rencontre pour prévenir Washington que la solution à deux États était une affaire classée.

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett et la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, ont demandé à Netanyahu de mettre fin à son présumé soutien à la création d’un État palestinien. Ils soutiennent que le mandat de Trump à la Maison Blanche offre « une opportunité unique. »

« La question palestinienne est un élément central de la sécurité israélienne, mais ce n’est pas encore le moment. Nous avons vu à plusieurs reprises que les Américains n’aiment pas être pris au dépourvu, acculés, de la même manière que nous n’aimons pas être acculés », a expliqué Lapid.

Au lieu de cela, Lapid suggère à Netanyahu d’orienter la discussion sur trois sujets : la création d’un front uni contre l’Iran, la fin des attaques contre Israël au sein des instances internationales, et d’obtenir la promesse de Trump qu’Israël ne sera pas concerné par la relocalisation des usines américaines sur leur sol.

Selon les fuites de cette rencontre à huis-clos, relayées par la Deuxième chaîne, Netanyahu a tenté de réduire les attentes de l’extrême-droite. Il a affirmé que bien que l’administration Trump se montre plus cordiale envers Israël que celle d’Obama, elle ne tolérerait pas pour autant des constructions illimitées à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Il a averti ses ministres de ne pas entrer en confrontation avec le nouveau président.

« Trump croit en un accord et en la poursuite des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens », aurait déclaré le Premier ministre. « Nous devons faire attention et ne rien faire qui risquerait de tout faire tomber. Nous ne devons pas entrer en confrontation avec lui. »

Netanyahu aurait dit aux ministres qu’il assumerait son soutien à la solution à 2 États, mais qu’il continuerait à mettre en évidence la réticence des Palestiniens à aboutir à un accord de paix. Il a déclaré qu’il réaffirmerait que le refus des Palestiniens à reconnaître Israël en tant qu’État juif est la raison principale du conflit, et que les implantations ne constituent pas le cœur du ce conflit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara partent pour les Etats-Unis, depuis l'aéroport international Ben Gurion, le 13 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara partent pour les Etats-Unis, depuis l’aéroport international Ben Gurion, le 13 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

En embarquant lundi, Netanyahu a indiqué qu’il avait pris conseil auprès de plusieurs organes et ministres mais qu’en fin de compte, il sera le seul à décider de la façon dont mener la politique israélienne dans l’ère Trump.

Netanyahu a déclaré aux journalistes que l’alliance Israël-États-Unis « va se renforcer » sous la nouvelle administration américaine, et qu’avec Trump, ils « veilleront aux dangers qui émanent de cette région ».

Netanyhu devrait rencontrer le secrétaire d’État Rex Tillerson mardi et Trump mercredi, à la Maison Blanche, ainsi que des membres du Congrès – républicains et démocrates.

Depuis que Trump est au pouvoir, Israël a approuvé la construction de centaines de nouveaux logements au-delà de la Ligne Verte. L’État a également annoncé la création de la première nouvelle implantation en vingt ans, et a voté une nouvelle loi très controversée pour légitimer des avant-postes. La Maison Blanche n’a pas condamné ces mesures, mais a déclaré, au début du mois, qu’elles « pourraient ne pas aider » à contribuer à la paix.

Trump a critiqué les implantations pour la première fois, dans une interview accordée au quotidien israélien Israel Hayom. Les implantations, dit-il, « n’aident pas le processus [de paix] ».

Il a ajouté : « à chaque fois que vous prenez de la terre pour les implantations, il y a moins de terre. Mais nous étudions la question, et nous envisageons d’autres options. Mais non, je ne suis pas le genre de personne qui pense que poursuivre ces implantations soit favorable à la paix. »

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