Lapid conclut un premier accord de coalition en confiant les Finances à Liberman
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Lapid conclut un premier accord de coalition en confiant les Finances à Liberman

N'ayant toujours pas de majorité, le chef de Yesh Atid a conclu un accord qui prévoit un revenu minimum pour les personnes âgées et deux nouveaux hôpitaux en périphérie

Yair Lapid (à droite), leader de Yesh Atid, et Avigdor Liberman, leader du parti Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 février 2016. (Miriam Alster/Flash90)
Yair Lapid (à droite), leader de Yesh Atid, et Avigdor Liberman, leader du parti Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 février 2016. (Miriam Alster/Flash90)

À huit jours de la fin de son mandat pour former un gouvernement, le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, a signé lundi son premier accord de coalition.

Yesh Atid et le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, ont annoncé l’accord, qui confère à Yisrael Beytenu une énorme influence sur le budget de l’État, dans une déclaration commune mardi matin.

Liberman obtiendra le poste de ministre des Finances si Lapid parvient à former un gouvernement.

Yisrael Beytenu recevra également le ministère du Développement du Néguev et de la Galilée et un troisième poste ministériel, dont le nom n’a pas été révélé.

Le parti s’est vu confier la puissante présidence de la commission des Finances de la Knesset, qui exerce des pouvoirs étendus sur le budget de l’État.

Deux des trois postes annoncés, le ministère du Néguev et de la Galilée, et la Commission des Finances, sont occupés depuis des années par les partis haredi Shas et Yahadout HaTorah.

Avigdor Liberman, leader d’Yisrael Beytenu, au marché Hacarmel de Tel Aviv, le 23 novembre 2020 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le laïc Liberman a fait campagne en promettant d’affaiblir l’influence des factions ultra-orthodoxes.

Pas encore de gouvernement

On pense qu’un autre accord devrait être annoncé prochainement entre Yesh Atid et les Travaillistes.

Lapid a rencontré la chef du parti travailliste Merav Michaeli lundi, et une déclaration des deux partis a indiqué que les discussions avaient « progressé de manière significative et que des accords avaient été conclus sur la plupart des questions. »

Lapid a également rencontré le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, et le chef de Meretz, Nitzan Horowitz.

Horowitz a déclaré mardi à la radio de l’armée : « Nous avançons également. J’espère que nous serons en mesure de finaliser et même de signer très bientôt. L’important est d’avancer vers un gouvernement et de remplacer (le Premier ministre Benjamin) Netanyahu. »

Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, (à gauche), discutant avec la députée travailliste Merav Michaeli lors d’une session plénière à la Knesset, le 5 juin 2013. (Miriam Alster/Flash90)

Une rencontre entre M. Lapid et le chef du parti Tikva Hadasha, Gideon Saar, est prévue dans le courant de la semaine.

Dans une déclaration faite lors de la réunion des factions de son parti à la Knesset lundi, Lapid s’est engagé à « remuer ciel et terre pour former un gouvernement, mais a reconnu que ce serait une tâche difficile étant donné les calculs politiciens.

Une coalition facilement formée de Yesh Atid, Kakhol lavan, Parti travailliste, Yisrael Beytenu et Meretz n’aurait que 45 sièges.

Pour atteindre la majorité requise pour former un gouvernement, Lapid doit inclure une combinaison des partis de droite Yamina et Tikva Hadasha d’une part, et les factions à majorité arabe de Raam et de la Liste arabe unie d’autre part.

Peu de gens pensent qu’il sera capable de résoudre le problème dans les huit jours qui lui restent, surtout après que le leader de Yamina, Naftali Bennett, a publiquement désavoué, il y a deux semaines, un gouvernement d’unité avec les factions de centre-gauche dans le contexte des derniers combats à Gaza.

Si Lapid ne parvient pas à former un gouvernement, le mandat passera aux mains de la Knesset, qui disposera de 21 jours pour tenter de former une coalition, ou sera contrainte par la loi, de procéder à des élections anticipées, autrement dit une cinquième élection en l’espace de deux ans et demi.

Dans une tentative apparente d’éviter que Netanyahu ne soit capable de former un gouvernement, Lapid et ses alliés ont avancé un projet de loi, forçant la tenue d’élections anticipées, qui sera soumis au vote en cas d’échec.

Dans leur annonce mardi, Yesh Atid et Yisrael Beytenu ont présenté certains des principaux objectifs du nouveau gouvernement.

Ils ont annoncé qu’ils avaient fixé, dans l’accord de coalition, les lignes directrices du gouvernement sur les questions de religion et d’état, mais n’ont pas dit quelles étaient ces lignes directrices.

L’accord comprenait également un engagement des deux partis à faire avancer une loi sur les projets nationaux afin d’accélérer le développement de projets d’infrastructure majeurs, et longtemps retardés, notamment deux nouveaux hôpitaux en Galilée et dans le Néguev, un nouvel aéroport à Nevatim et de nouvelles lignes de train rapide.

De nombreux électeurs de Liberman sont des immigrants russophones âgés, qui sont arrivés en Israël dans les années 1990.

Au cours des négociations de coalition, Liberman a demandé et obtenu de Yesh Atid qu’il s’engage à faire avancer les réformes des retraites, et à adopter une loi sur le revenu de base minimum pour les personnes âgées, qui serait fixé à 70 % du salaire minimum.

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