Lapid : la coalition prépare la contestation des élections ; l’opposition divisée
Le chef de l'opposition accuse le gouvernement de vouloir voler les élections en attaquant la Cour Suprême, tandis que les partis divergent sur l'avenir du Likud après Netanyahu

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a accusé lundi le gouvernement de préparer le terrain pour contester les prochaines élections, suite à sa décision sans précédent, prise la veille, de ne pas respecter un arrêt de la Cour suprême rendu en juin dernier.
Il estime que la coalition veut « aller aux élections sans la Cour ».
Lors de la réunion hebdomadaire de son parti, Yesh Atid, Lapid a fait savoir que la déclaration, faite dimanche par le Conseil des ministres pour rejeter l’arrêt de la Cour suprême relative au Conseil de la Deuxième Autorité pour la télévision et la radio, s’inscrivait dans le cadre d’un « plan organisé » destiné à « voler les élections ».
Selon Lapid, la coalition n’a de cesse de s’en prendre au pouvoir judiciaire, et tout particulièrement au vice-président de la Cour suprême, Noam Solberg. Ce dernier, juriste religieux conservateur installé dans une implantation de Cisjordanie, présente « un défaut fatal » : il préside également la Commission centrale des élections, et a donc le pouvoir d’empêcher le gouvernement de « voler les élections ».
Depuis sa prise de fonction, la coalition tente d’affaiblir et décrédibiliser le pouvoir judiciaire — l’un des rares contre-pouvoirs face au gouvernement en Israël.
En vue des élections qui doivent se tenir d’ici le 27 octobre prochain, les critiques estiment que la coalition se prépare à contester sa possible défaite électorale en sapant la confiance dans les tribunaux et en refusant de reconnaître leur autorité.
« Si le gouvernement n’obéit pas à la loi, nous ne sommes pas tenus d’obéir au gouvernement », a déclaré Lapid.
« Les lois qu’ils votent ici ne s’appliqueront pas à nous. Au moment où nous reviendrons au pouvoir, nous ne travaillerons pas avec eux, nous abrogerons chacune des lois qu’ils auront votées et nous annulerons chacune de leurs nominations. »
De son côté, le président du parti HaDemocratim, Yair Golan, a invité les autres chefs de l’opposition à s’engager à ce qu’aucun ministre ou député de la coalition favorable au boycott des décisions de la Cour ne siège dans un futur « gouvernement de redressement et de changement ».
Cette position contraste avec celle de Lapid et du président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, lesquels se disent prêts à siéger dans un gouvernement avec un Likud post-Netanyahu.
Elle se distingue également de celle du leader de Kakhol lavan, Benny Gantz (qui n’atteint plus le minimum électoral dans les sondages depuis des mois), qui continue de prôner un gouvernement « sioniste » élargi tout en refusant d’exclure de siéger aux côtés de Netanyahu.
Pour l’heure un Likud sans Netanyahu semble improbable — ce dernier contrôlant fermement le parti après avoir été reconduit à sa tête l’an dernier sans la moindre opposition —, mais il est possible que Lapid et Liberman cherchent à envoyer un signal aux dissidents potentiels du parti pour leur signifier qu’ils auraient leur place dans une coalition gouvernementale alternative.







