De nouvelles sanctions américaines visent le financier de Mojtaba Khamenei
Le Trésor accuse Ali Ansari, basé à Dubaï, d’agir en tant que financier pour d’autres membres de l’élite du régime et pour le CGRI ; plusieurs bureaux de change iraniens et "sociétés écrans" ont aussi été mis sur liste noire
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Les États-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran, visant un bailleur de fonds clé du nouveau dirigeant iranien Mojtaba Khamenei ainsi que treize autres personnes et entités, à la suite de la reprise des attaques de Téhéran contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, a indiqué le département du Trésor.
Ces sanctions visent notamment Ali Ansari, un banquier et homme d’affaires iranien basé à Dubaï, déjà sanctionné par le Royaume-Uni pour son rôle dans le financement des activités du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, ainsi que d’autres entités, a précisé le Trésor.
Le Trésor a indiqué qu’Ansari avait détourné des fonds publics pour constituer un vaste portefeuille immobilier et commercial à l’étranger, afin de s’enrichir lui-même ainsi que les élites gouvernementales et le CGRI.
En mars, les médias britanniques avaient rapporté que Mojtaba Khamenei possédait deux appartements de luxe « donnant sur l’ambassade d’Israël» dans l’ouest de Londres, parmi plus d’une dizaine d’appartements dans la capitale britannique, dont certains avaient été acquis par l’intermédiaire d’Ansari.
Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain a également pris pour cible trois bureaux de change basés en Iran et des « sociétés écrans » étrangères qui, selon lui, transféraient chaque année des milliards de dollars pour le compte de banques iraniennes sanctionnées, en recourant à plusieurs niveaux de sociétés fictives afin de dissimuler les activités illicites du gouvernement.
« Les États-Unis prennent des mesures décisives pour couper les sources de financement qui soutiennent l’élite au pouvoir en Iran », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du département d’État, dans un communiqué.
The US Treasury on Friday sanctioned Iranian tycoon Ali Ansari, citing his links to Supreme Leader Mojtaba Khamenei and the Revolutionary Guards, as part of a broader action targeting Iran’s financial networks.
The Office of Foreign Assets Control added Ansari, seven other… pic.twitter.com/YR8fcNVfMQ
— Iran International English (@IranIntl_En) July 10, 2026
« En ciblant ces réseaux, les États-Unis entravent directement la capacité du régime à accéder aux devises étrangères et à mener des activités financières internationales. »
Ces sanctions ont été annoncées lors d’une journée relativement calme, après une semaine marquée par une recrudescence des affrontements. En effet, trois pétroliers commerciaux qataris et saoudiens avaient été pris pour cible par l’Iran, poussant les États-Unis à frapper des sites iraniens, et l’Iran à riposter en menant des frappes contre des sites militaires américains dans les pays du Golfe.
Vendredi, le président américain Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu conclu avec l’Iran était rompu, mais que Washington avait accepté de poursuivre les négociations à la demande de Téhéran.
Dans un communiqué, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que le département « continuerait à utiliser tous les moyens à sa disposition » pour isoler Khamenei et d’autres hauts responsables iraniens du système financier mondial.
L’Iran s’est dit prêt à mener une « défense sans merci » si les États-Unis violaient le mémorandum conclu le mois dernier. Son principal négociateur, Mohammad Bagher Ghalibaf, a promis sur Telegram que la guerre ne se terminerait jamais par la capitulation de Téhéran.
Brett Erickson, directeur général d’Obsidian Risk Advisors, a indiqué que ces nouvelles sanctions envoyaient un message clair à Téhéran.
« Washington ne cherche plus à sauver le cadre existant. Il se prépare à le remplacer entièrement », a-t-il déclaré.
En vertu de l’article 9 du mémorandum conclu entre les deux pays, Washington s’était engagé à « ne pas imposer de nouvelles sanctions et à ne pas déployer de forces supplémentaires dans la région ». Le Trésor américain a indiqué qu’Ansari était auparavant propriétaire et directeur de la banque Ayandeh, sanctionnée par les États-Unis et aujourd’hui en faillite. Cette banque avait été fermée sur ordre du gouvernement iranien à la mi-octobre 2025.
Il aurait utilisé de nombreuses sociétés-écrans et des comptes bancaires répartis dans plusieurs juridictions pour accumuler des actifs d’une valeur de plusieurs millions de dollars au sein de Smart Global Limited, une holding basée à Saint-Christophe-et-Niévès et créée en 2011. Cette dernière a investi dans l’immobilier et des biens commerciaux en Europe, dans le Golfe et dans d’autres régions.
« Bien qu’elles soient détenues au nom d’Ansari, bon nombre de ces participations financières sont en réalité détenues au profit de Mojtaba Khamenei, de sa famille et d’autres élites iraniennes du régime et du CGRI qui ont protégé Ansari de toute sanction malgré sa corruption flagrante et les dommages considérables qu’il a causés à l’économie et au peuple iraniens », a déclaré le Trésor américain.
L’OFAC a également annoncé des mesures à l’encontre de ressortissants iraniens impliqués dans ces trois bureaux de change, ainsi que de la société CDM Trading Limited, basée à Hong Kong, qui, selon lui, effectuait des transactions financières pour le compte de ces bureaux de change, et de la société Naba Alzaki Raw Materials Trading LLC, basée aux Émirats arabes unis.
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