L’armée israélienne met en garde le Hamas, simule une incursion terrestre à Gaza
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L’armée israélienne met en garde le Hamas, simule une incursion terrestre à Gaza

Les troupes ont simulé un combat en zone urbaine à Beer Sheva ; l'incursion sera rapide mais la victoire décisive prendra du temps, dit un commandant

Un tank Merkava de l'armée israélienne près de la frontière avec la Syrie sur le plateau du Golan, le 28 novembre 2016. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Un tank Merkava de l'armée israélienne près de la frontière avec la Syrie sur le plateau du Golan, le 28 novembre 2016. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’armée israélienne a mené lundi un exercice militaire de grande ampleur, au cours duquel elle a simulé une incursion terrestre vers la bande de Gaza.

L’exercice s’est déroulé dans la région du Néguev, et a impliqué l’infanterie, les corps blindés. Il a également consisté en exercices de combats urbains. La ville de Beer Sheva a servi de ville de substitution pour les villes de Gaza, selon un reportage de la Dixième chaîne.

Cet exercice survient après un week-end tendu entre Israël et le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza. Près de 200 roquettes et obus de mortiers ont été tirés en direction d’Israël et l’armée israélienne a mené plusieurs frappes sur l’enclave palestinienne.

Samedi soir, un cessez-le-feu a été négocié par l’Egypte et par d’autres instances internationales, bien qu’Israël n’ait pas été directement impliqué dans les pourparlers. La violence a diminué mais les tensions ont persisté et les attaques transfrontalières se sont poursuivies.

Lundi, le Cabinet de Sécurité a été briefé sur le niveau de préparation du Commandement de la Défense passive sur le conflit, pendant que l’armée déployait des systèmes de défense Dôme de fer supplémentaires dans le centre du pays, et sollicitait des réservistes pour mieux gérer les besoins sécuritaires.

L’exercice de lundi – l’armée a invité les médias locaux à filmer, et les chaînes principales en ont parlé en détail aux informations – semblaient être un message adressé au Hamas, indiquant qu’Israël était prêt à prendre des mesures drastiques, si le besoin s’en faisait sentir, pour ramener la paix dans les communautés voisines de la bande de Gaza, qui subissent depuis des semaines des attaques de « cerfs-volants incendiaires » lancées depuis l’enclave dirigée par le Hamas.

La Division de l’armée de Gaza a recruté des chauffeurs réservistes lundi pour aider les sapeurs-pompiers d’Israël et la gestion des incendies dans le sud d’Israël déclenchés par les attaques aériennes incendiaires.

Toujours lundi, l’armée a terminé le déploiement des batteries antimissiles du système du Dôme de fer dans le centre du pays. L’armée se prépare à l’éventualité que le Hamas ordonne à ses membres de tirer des roquettes de longue portée sur le centre d’Israël.

Ohad Najameh, commandant de la 401e brigade blindée, qui prenait part à l’exercice, a affirmé qu’une incursion dans Gaza ne prendrait pas longtemps, mais qu’une victoire décisive contre le Hamas prendrait, elle, un certain temps.

« Afin de gagner, nous devons affronter l’ennemi, et nous voulons l’affronter sous nos conditions, selon notre timing », a déclaré Najameh à Hadashot. « Nous avons mis au point les outils et les exercices, afin d’être le côté le plus fort quand nous rencontrerons le Hamas. »

Les soldats de l’armée israélienne près d’un tank sur une base militaire près de la frontière avec Gaza, le 30 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Najameh a ensuite expliqué que l’armée était prête à frapper les dirigeants du Hamas, et a donné des détails sur les hauts-responsables du groupe. « Je pense que frapper les hauts-responsables portera un coup significatif et affectera le champ de bataille », a-t-il dit. « Et oui, nous tenterons de les frapper. »

« Nous sommes prêts et nous parlons en termes de guerre, [une guerre qui pourrait survenir] demain », a déclaré le lieutenant-colonel Barak Rubin, vice-commandant de la brigade d’infanterie Nahal à la Dixième chaîne. « Il me semble que cet exercice pourrait devenir une réelle incursion dans l’enclave [palestinienne]. »

« Le bus est une action décisive, lorsque je rencontrerais l’ennemi, je serais en mesure de le vaincre et de le détruire. Nous préparons des surprises de notre côté, des outils dont l’autre partie n’a pas connaissance », a-t-il ajouté.

Le lieutenant-colonel Eli Gino, vice-commandant de la brigade d’infanterie Givati, a ajouté que les commandants et l’armée toute entière avaient appliqué les leçons tirées de la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. « Nous avons appris et nous nous sommes améliorés », a-t-il dit.

En 24 heures samedi, le sud d’Israël et la bande de Gaza ont fait face à la pire confrontation en termes d’échanges de tirs depuis la guerre de 2014.

Vendredi soir, un soldat israélien a été légèrement blessé quand un Palestinien lui a lancé une grenade durant une émeute le long de la clôture de sécurité. En réaction, peu après minuit, l’armée de l’air israélienne a mené des frappes aériennes sur des positions du Hamas dans l’enclave côtière.

Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, aux côtés du Jihad islamique palestinien soutenu par l’Iran, et d’autres groupes terroristes, a lancé un tirs de barrage d’obus de mortier et de roquettes sur le sud d’Israël.

Les restes d’une roquette lancée par des groupes terroristes de la bande de Gaza qui ont frappé le sud d’Israël, à proximité de la frontière de Gaza, le 14 juillet 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les attaques depuis Gaza et les représailles israéliennes ont duré depuis trente minutes dans la nuit de samedi à dimanche, selon l’armée. A Sdérot, trois personnes ont été modérément blessées par l’impact d’une roquette sur leur maison samedi. Le ministère de la Santé du Hamas a fait état de deux morts et de 20 blessés à Gaza.

Une cessation des hostilités a été convenue samedi soir, bien que les responsables israéliens aient refusé de l’admettre. Un haut-responsable de la Défense a refusé de parler du cessez-le-feu et a déclaré : « les faits sur le terrain détermineront notre réponse ».

Dimanche et lundi, de nouvelles attaques aériennes incendiaires ont été menées en direction du sud d’Israël, et l’armée a frappé l’enclave en représailles.

Des pompiers éteignent un incendie dans la forêt de Beeri, le 6 juin 2018. (Luke Tress/Times of Israel)

Le Hamas a indiqué qu’il ne considère pas les cerfs-volants ou les ballons – qui ont ravagé Israël et déclenché de nombreux incendies – comme des armes, ni comme une infraction à l’accord. Par conséquent, le groupe terroriste maintient que les frappes israéliennes en représailles aux attaques incendiaires représentent une violation du cessez-le-feu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, rencontre des responsables des régions aux abords de Gaza, durant une visite à Sdérot, le 16 juillet 2018: (Crédit : Haim Zach/GPO)

Lundi, les membres du cabinet de sécurité ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont rendus dans les quartiers généraux du Commandement de la Défense passive, et ont discuté de la préparation des situations d’urgence et des scénarios de séismes dans les zones civiles, autre source de préoccupation. Netanyahu s’est également rendu dans la ville de Sdérot, rudement touchée par les roquettes tirées depuis Gaza.

Durant cette visite, le cabinet de sécurité a annoncé son intention de formuler un plan sur 10 ans, qui permettrait d’allouer 5 milliards de shekels sur la fortification des infrastructures du front intérieur, contre les attaques et les séismes.

Des soldats israéliens montent la garde à côté d’un système de défense israélien Dôme de fer, conçu pour intercepter et détruire les roquettes à courte portée et les obus d’artillerie, déployé le long de la frontière avec la bande de Gaza le 29 mai 2018. (AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Cette initiative à l’échelle nationale sera planifiée par une équipe supervisée par le Conseil de sécurité intérieure, le ministère de la Défense, des Finances, entre autres ministères, selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

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