L’Autorité de la nature propose la réouverture progressive des parcs et réserves
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L’Autorité de la nature propose la réouverture progressive des parcs et réserves

Selon l'Autorité, tout en respectant les restrictions et exigences sanitaires actuelles, les parcs et réserves naturelles pourraient accueillir jusqu'à 70 000 visiteurs par jour

La réserve naturelle d'Ein Afek est fermée aux visiteurs depuis le 18 mars en raison du coronavirus. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)
La réserve naturelle d'Ein Afek est fermée aux visiteurs depuis le 18 mars en raison du coronavirus. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

L’Autorité israélienne de la nature et les parcs appelle à la réouverture progressive de ses réserves naturelles et de ses parcs nationaux, fermés pendant plus d’un mois afin d’empêcher les gens de se rassembler en plein air.

L’autorité doit faire face à des pertes de dizaines de millions de shekels cette année en raison des restrictions imposées aux citoyens.

Elle gère quelque 400 réserves naturelles et 100 parcs nationaux plus développés, dont beaucoup comprennent des installations de camping, particulièrement populaires au printemps, lorsque les familles, les randonneurs et d’autres profitent du temps chaud et des paysages encore luxuriants alimentés par les pluies hivernales.

Le directeur de l’autorité, Shaul Goldstein, a déclaré que, même en maintenant les directives du ministère de la Santé en matière de distanciation sociale et d’hygiène, les propriétés pourraient progressivement accueillir jusqu’à 70 000 visiteurs par jour – à peu près le nombre enregistré les week-ends – avec 2 000 à 3 000 séjours par nuit.

L’organisation s’est entretenue avec le Conseil national de sécurité, qui gère la levée des restrictions, suggérant que, dans un premier temps, l’entrée serait limitée à un certain nombre de visiteurs qui réserveraient des créneaux horaires et subiraient des contrôles sanitaires à leur arrivée. Les visiteurs ne seraient autorisés que dans les zones ouvertes et devraient maintenir une distance sociale, le personnel de l’autorité veillant au respect des règles.

Shaul Goldstein, le directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs devant l’auditorium en plein air à Massada, le 19 mars 2019. (Crédit : Johanna Chisholm/Times of Israël)

Le nombre de visiteurs avait déjà commencé à baisser à la mi-février en raison des craintes liées au virus.

Dans des conditions normales, quelque 22 millions de visiteurs internationaux et locaux affluent dans les parcs et réserves chaque année, générant quelque 230 millions de shekels (60,5 millions d’euros) par an.

Shaul Goldstein a indiqué au Times of Israël que, bien qu’il ne puisse pas encore donner de chiffre exact, les pertes de cette année se chiffreraient certainement en dizaines de millions de shekels que couvrira le ministère des Finances, selon lui.

Bien que les revenus aient diminué, le manque de visiteurs a donné aux chercheurs l’occasion de constater les changements intervenus dans la faune et la flore, notamment l’entrée d’oiseaux et d’animaux dans des zones qu’ils auraient normalement évitées pendant la journée, et la disparition de certaines espèces qui dépendent des restes laissés par les humains.

Une biche aperçue à la porte Byzantine de la réserve naturelle de Gamla. (Crédit : Itzik Cohen Tsedek/Autorité israélienne de la Nature et des Parcs)

Afin de bien surveiller cela, ainsi que de compter les oiseaux et les animaux, de vérifier leur santé, d’explorer la distance parcourue et d’observer la reproduction, un certain nombre de sites ont installé des caméras la semaine dernière. « Peut-être que nous apporterons quelques changements sur la base de ces résultats », explique M. Goldstein au Times of Israël.

La réserve naturelle d’Ein Afek, dans le nord d’Israël, qui se concentre sur les habitats des marais, où des employés ont installé des caméras jeudi, participe à ce projet de recherche.

Tant que les résultats ne sont pas connus, le personnel ne peut rapporter que ce qu’il a vu.

Deux œufs pondus par un œdicnème eurasien au milieu d’une aire de pique-nique, réserve naturelle d’Ein Afek. (Crédit : Tamar Ovdat)

Israël abrite à la fois des lièvres du Cap et des lièvres européens et, fait inhabituel, l’un d’entre eux a filé à toute vitesse devant la directrice Tamar Ovdat avant qu’elle n’ait eu le temps de dire lièvre. L’excitation était grande lorsque deux œufs pondus par un courlis de terre ont été découverts au milieu de l’aire de pique-nique. (Ils ont disparu depuis, peut-être après avoir été mangés.) Les canards mandarins ont courageusement exploré les allées.

L’emblématique ponton en bois de la réserve naturelle d’Ein Afek. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israël)

Mais on ne sait pas si l’activité des autres oiseaux a changé, car le volontaire qui vient habituellement les baguer temporairement n’a pas été autorisé à leur rendre visite en raison des restrictions imposées par la pandémie.

Le manque de visiteurs a également entraîné la quasi-disparition des corbeaux et des minarets, selon la directrice adjointe Danielle Heitner Richtman. En temps normal, ces oiseaux, ainsi que les mangoustes égyptiennes qui vivent dans la réserve, se rassemblent autour des poubelles pour ramasser les savoureux morceaux de nourriture laissés par le public.

Les poissons-chats, qui se rassemblent généralement près de la passerelle dans l’espoir d’obtenir des miettes lorsque les gens passent, sont également absents.

Les marais représentent des habitats importants pour la faune et la flore.

Au début du 19e siècle, on trouvait de nombreux marais dans les régions côtières et septentrionales d’Israël, zones de prédilection pour les moustiques porteurs de malaria, dont la plupart ont été drainées par les agriculteurs juifs et convertis en terres agricoles.

Le plus grand, et le plus connu, se trouvait dans la vallée de Hula, au nord-est du pays. Là, le lac Hula et le marécage au nord ont été drainés à la fin des années 1950 et convertis en champs. Une petite section a été ré-inondée par la suite et constitue aujourd’hui un site populaire pour les observateurs d’oiseaux et les touristes.

Des grues grises affluent au lac Agamon dans la vallée de Hula, dans le nord d’Israël, le 7 décembre 2016. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Selon l’ouvrage Between Ruin and Restoration: An Environmental History of Israel [Entre ruines et rénovations : une histoire environnementale d’Israël], de Daniel E. Orenstein, Char Miller et Alon Tal, Israël possédait plusieurs autres zones humides qui étaient généralement évitées par la population arabe à cause de leurs moustiques, ce qui permettait à la population juive naissante de les acheter à bas prix puis de les assécher.

Les marais de Hadera et de Petah Tikva ont été asséchés à la fin du 19e siècle et la plupart des autres – y compris la vallée de Zevulun et le marais de Kebaa’ra près de Ma’agan Michael – ont été asséchés entre les années 1920 et 1940.

Les marais de la réserve naturelle d’Ein Afek. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israël)

La réserve naturelle Ein Afek (Source d’Afek), située dans la vallée de Zevulun, près de la côte nord d’Israël, entre Haïfa et la Galilée occidentale, contient l’un des derniers vestiges de marais, illustrant non seulement l’aspect d’une grande partie du pays autrefois, mais aussi ce qui arrive à tant d’espaces naturels d’Israël aujourd’hui.

Elle est bordée par une route principale à l’ouest et par des étangs de pêche, des réservoirs et des champs à l’est. Aujourd’hui, un nouveau quartier de la ville de Kiryat Bialik est en train de voir le jour, littéralement à côté de la porte d’entrée de la réserve, avec les premières familles qui devraient y emménager en août.

De nouveaux immeubles résidentiels juste en face de l’entrée de la réserve naturelle d’Ein Afek. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israël)

Sauvée du développement par le niveau élevé de sa nappe phréatique et ses sources souterraines – les marécages se déversent lentement dans la rivière Naaman – la réserve abrite des tortues à carapace molle, des tortues des Balkans, des porcs-épics, des chacals, des sangliers et des chats des marécages rarement vus. Les oiseaux migrateurs, tels que les pélicans et les cigognes, s’y rendent, mais en bien moins grand nombre que dans la vallée de Hula.

La réserve offre 1,5 kilomètre de sentiers, dont la plupart sont bordés de roseaux épais, de ronces à baies et de figuiers.

Sur une étendue d’eau, le chemin prend la forme d’un sentier en bois sinueux, suspendu et emblématique.

Le site abrite un impressionnant moulin à farine rénové datant de l’époque des Croisés (la région servait de centre agricole à l’époque des Croisés d’Acre), un tell archéologique et un petit groupe de buffles d’eau.

Le moulin rénové de la réserve naturelle d’Ein Afek. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israël)

S’efforçant de préserver les espèces de la flore et de la faune en danger d’extinction, la réserve dispose de parcelles spéciales pour acclimater une quarantaine de plantes menacées et fait partie d’un projet visant à élever et à réintroduire dans la nature des oiseaux aquatiques comme le fuligule nyroca et des poissons comme l’ablette de Yarkon.

La réserve, qui sert littéralement d’arrière-cour aux habitants et aux écoles de Kyriat Bialik, est normalement visitée par environ 150 000 personnes entre novembre et la mi-mai, avec un pic l’année dernière de 4 000 personnes en une seule journée.

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