« Le bon flic » : Joe Biden et Israël pendant les années Obama
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« Le bon flic » : Joe Biden et Israël pendant les années Obama

Le candidat démocrate à la présidence a été fidèle au président Obama pendant son mandat, mais est resté un ami d'Israël et a agi comme un interlocuteur clé, selon des initiés

Ron Kampeas
Le vice-président américain Joe Biden s'apprête à s'adresser à la presse à la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 9 mars 2010. (AP Photo/Debbie Hill, Pool)
Le vice-président américain Joe Biden s'apprête à s'adresser à la presse à la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 9 mars 2010. (AP Photo/Debbie Hill, Pool)

WASHINGTON (JTA) – Parlez aux personnes qui ont géré le dossier Israël et qui ont été proches de Joe Biden entre 2009 et 2017, et c’est son patron, Barack Obama, qui est évoqué le plus souvent, sans même que son nom ne soit mentionné.

Biden était celui vers lequel les Israéliens se tournaient pour obtenir du soutien, disent-ils, laissant entendre qu’Obama… en témoignait moins. L’ancien vice-président est celui qui a resserré les liens distendus par la fameuse méfiance mutuelle entre Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La JTA s’est entretenue avec une demi-dizaine de personnes qui ont suivi de près la relation entre Biden et Israël pendant les années où celui-ci a été le vice-président d’Obama. Il en ressort l’image d’un homme qui n’a pas fait grand-chose pour innover en matière de politique, mais qui a été un fidèle lieutenant du président américain et est resté un ami d’Israël – et on lui a souvent laissé utiliser les talents de négociateur qu’il a affinés pendant des décennies au Sénat pour combler le fossé.

« Si la question du kishkes a hanté Obama pendant toute sa présidence, Biden est passé haut la main », a déclaré Shalom Lipner, qui a travaillé au bureau du Premier ministre pendant les années Obama-Biden, en utilisant le mot yiddish pour désigner les « viscères » qui revenait sans cesse dans les entretiens, y compris, étonnamment, avec des non-juifs. Le terme, qui remonte au moins à la présidence de Clinton, est utilisé pour décrire les responsables politiques qui ont une compréhension viscérale d’Israël.

« Je n’irais pas jusqu’à dire qu’Obama était un ennemi – mais Biden était un bon ami », commente M. Lipner. « Les personnes de l’univers de Biden que vous pouviez atteindre parce qu’il y avait de l’histoire là, mais la plupart des gens d’Obama étaient nouveaux. Vous n’aviez pas cette histoire. »

La seule grande différence entre Obama et Biden en ce qui concerne Israël était la volonté du second d’exprimer les différends à huis clos.

« Je pense que la différence est que Biden a gardé ses critiques les plus virulentes à l’égard de Netanyahu en coulisses », indique un de ses proches, qui a demandé l’anonymat pour éviter de compromettre sa relation avec l’ancien vice-président.

Biden a décrit de façon très vivante la différence entre Netanyahu, l’homme politique chevronné, et Obama, le relatif néophyte, à Michael Oren, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Israël. « L’un vient avec des bagages et l’autre sans », a rapporté Oren en citant Biden dans son livre sur son mandat d’ambassadeur de 2009 à 2013, Ally.

Un interlocuteur proche des trois protagonistes l’a dit sans détour.

« Barack Obama est courtois et comparable à Spock », a indiqué celui-ci, qui a demandé à ne pas être nommé afin de ne pas offenser qui que ce soit, et qui faisait référence au personnage de Star Trek célèbre pour sa sagesse et la maîtrise de ses émotions. « Biden peut parler aux gens et il se souviendra de leurs familles et de l’endroit où ils vivent ».

Le fait que Netanyahu puisse faire confiance à Biden était essentiel, explique Dennis Ross, l’un des principaux conseillers d’Obama pour le Moyen-Orient lors de son premier mandat. Netanyahu « a compris que Biden serait en désaccord avec lui sur beaucoup de choses, mais n’a jamais remis en question l’amitié fondamentale de Biden », révèle celui qui est maintenant conseiller au Washington Institute for Near East Policy, un think-tank américain. « Et par conséquent, il y avait des choses qu’il a faites avec Biden qu’il n’aurait pas faites avec quelqu’un en qui il n’avait pas confiance. »

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La relation de Biden avec Israël remonte à 1973, lorsqu’en tant que sénateur du Delaware nouvellement élu, il a visité le pays à la veille de la guerre de Kippour.

« Il n’y a pratiquement personne qui faisait partie du gouvernement américain en 1973 et qui est encore impliqué dans la politique en 2020 », rappelle David Makovsky, membre de l’équipe de l’administration Obama qui a essayé en 2013-2014 de négocier un accord de paix israélo-palestinien et qui travaille maintenant au Washington Institute. « Il se souvient d’un Israël qui n’était pas seulement une nation start-up, mais qui faisait face à des guerres. »

Le candidat démocrate a fait savoir qu’il espérait maintenir une relation solide avec Israël en tant que président, bien qu’il diffère fortement de l’actuel chef de l’État américain dans certains domaines : il renouerait avec l’accord nucléaire iranien, tout en soutenant des conditions plus strictes limitant les capacités nucléaires de l’Iran. Il soutiendrait la solution à deux États et rejetterait les éléments de la proposition de paix de Trump qui permettraient à Israël d’annexer des territoires de Cisjordanie, et il ne conditionnerait pas l’aide à Israël au respect de la position américaine.

Un aspect de la politique de Trump au Moyen-Orient que Biden a salué est la récente prolifération d’accords de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan.

Voici cinq instantanés de la relation Obama-Netanyahu illustrant le rôle de Biden en tant qu’ami d’Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d’une conférence de presse conjointe avec le vice-président américain Joe Biden au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2016, lors de la visite officielle de M. Biden en Israël et à l’Autorité palestinienne. (Amit Shabi/POOL)

Un dîner en 2010 retardé, mais pas annulé

Obama a lancé une tentative pour parvenir à la paix israélo-palestinienne dès le départ. Son principal négociateur, George Mitchell, désespérait de parvenir à un accord en 2010 et cherchait à sortir de l’impasse. Obama a envoyé Biden en Israël pour calmer les tensions entre les parties israélienne et américaine.

La visite a presque été torpillée lorsqu’un responsable israélien a annoncé, juste au moment de la visite du vice-président, la construction d’un nouveau lotissement à Jérusalem-Est.

En réaction, Biden s’est présenté avec plus d’une heure de retard à un dîner prévu avec Netanyahu et sa femme, Sara – mais n’a pas annulé sa venue. La situation s’est détendue après que le Premier ministre israélien a fait part de ses regrets quant à cette annonce et s’est engagé à ce qu’Israël ne construise rien dans cette zone contestée pendant plusieurs années.

Lipner a déclaré que le vice-président américain ne voulait pas gâcher l’occasion de relancer le processus de paix. « Il était favorable à Israël, mais je pense qu’il a probablement apprécié la valeur de pouvoir faire ce pour quoi il était venu ici », a-t-il dit. Il était plus enclin à dire, ‘Ok, remettons cela sur les rails’ « .

Alan Solow, un donateur d’Obama et à l’époque président de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, a confié que Biden attendait ce voyage avec impatience, ce qu’il a précisé lors d’une réunion avec les dirigeants des communautés juives avant son départ.

« Il était avec un groupe d’amis », se souvient Solow. « Il parlait d’un sujet qu’il connaissait bien, qui lui tenait à cœur et qu’il aimait. Et, vous savez, à un moment donné, probablement 45 minutes après qu’il était censé avoir fini, j’ai usé d’un stratagème pour l’extraire de la réunion – contre son gré. »

Obama, cependant, était furieux de cette évolution et voulait une déclaration forte : il a demandé à Biden de condamner la construction prévue dans un discours qu’il devait prononcer à l’université de Tel Aviv. Biden l’a fait, tout en qualifiant les relations américano-israéliennes “d’incassables” et “d’imperméables”.

Ross s’est opposé à l’instruction d’Obama selon laquelle Biden devait utiliser le mot « condamner », estimant que ce terme était trop fort, et généralement utilisé pour les attaques terroristes. Ross a eu l’impression que Biden n’était pas non plus satisfait de ce terme. Mais celui-ci savait comment adoucir les angles : il a rencontré le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, qui a été apaisé par l’utilisation du mot « condamné » et qui est resté dans les négociations.

« Il a profité d’un mot qui avait été émis par la Maison Blanche », commente Ross. « L’ironie de la chose, c’est qu’Abou Mazen en est sorti satisfait. » Abou Mazen est le nom de guerre d’Abbas.

Le vice-président américain Joe Biden, (à gauche), avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 mars 2016. (Crédit : FLASH90)

Frontières de 1967 et lignes de réception

Netanyahu, en visite aux États-Unis en mai 2011 pour rencontrer Obama, a été pris au dépourvu par un discours du président américain sur la politique moyen-orientale, dans lequel il a déclaré qu’il envisageait une solution à deux États, sur la base des frontières de 1967, avec des échanges de terres.

Le Premier ministre avait considéré que ce discours faisait pression sur Israël pour qu’il fasse des concessions qui mettraient en danger sa sécurité. Dans une scène célèbre, on le voit faire un cours sur l’histoire du Moyen-Orient à Obama dans le Bureau ovale.

Les tensions ont persisté et n’ont pas été dissipées lorsque Netanyahu a tenu un discours devant le Congrès en mars 2015. Mais ensuite, à la réception qui a suivi l’allocution de Netanyahu, Biden est apparu.

Lipner se souvient que ce dernier faisait jouer son charme comme si de rien n’était. « Il y a eu une réception au Capitol Hill, et Biden était là, très tactile », se rappelle Lipner, ce qui, selon lui, a réconforté la délégation israélienne.

Plus concrètement, a dit M. Ross, M. Biden a lancé des pourparlers avec Israël afin d’utiliser les idées exposées par M. Obama dans son discours comme base d’une déclaration conjointe américano-israélo-palestinienne qui conviendrait des termes, notamment « qu’Israël serait l’État-nation du peuple juif et que la Palestine serait l’État-nation du peuple palestinien ».

C’était un autre exemple, dit Ross, de Biden espérant adoucir les angles – mais cette fois, cela n’a pas marché. Abbas a rejeté le principe de la reconnaissance d’Israël comme « l’État-nation du peuple juif ».

Un missile israélien lancé depuis le système de défense antimissile Dôme de fer, conçu pour intercepter et détruire les roquettes et les obus d’artillerie à courte portée, dans la ville de Sderot, au sud d’Israël, le 12 novembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

« Faites le nécessaire » : des missiles pour la guerre de Gaza de 2014

Dan Shapiro, un haut responsable du Conseil national de sécurité pendant le premier mandat de M. Obama et l’ambassadeur en Israël pendant son second mandat, a déclaré que M. Biden avait participé au financement du système anti-missile à courte portée du Dôme de fer pendant les premières années de l’administration Obama.

Eric Lynn, alors haut fonctionnaire du Pentagone, a ajouté que Biden a joué un rôle essentiel dans l’obtention de fonds pour l’achat de batteries de missiles supplémentaires pour Israël pendant la guerre de Gaza en 2014.

« Israël avait besoin de produire beaucoup plus de missiles pour le Dôme de fer et assez rapidement donc, ils sont venus aux États-Unis pour demander un niveau de financement d’urgence pour le réapprovisionnement en missiles du Dôme de fer », a-t-il déclaré. « Dès que cette demande a été faite par les Israéliens en plein conflit et transmise au président, les mots du vice-président Joe Biden et du président Obama ont été ‘Faites le nécessaire' ».

Des manifestants iraniens brûlent les drapeaux israélien et américain lors du rassemblement annuel anti-Israël, la Journée mondiale d’Al-Quds, à Téhéran, en Iran, le vendredi 8 juin 2018. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)

L’Iran : « Ne jamais dire à quelqu’un ce qui est dans son propre intérêt »

La plus grande division entre les États-Unis et Israël sous l’administration Obama a porté sur l’accord nucléaire avec l’Iran.

M. Obama a déclaré que le meilleur moyen de contrôler l’Iran était de travailler avec d’autres grandes nations pour alléger les sanctions en échange d’un recul du programme nucléaire iranien. M. Netanyahu a répondu que ce plan mettait Israël en danger et voulait que les Etats-Unis fassent pression sur l’Iran pour qu’il mette fin à son programme nucléaire en totalité, et qu’il mette fin à son aventurisme dans la région et à son programme balistique.

Au cours de cette campagne, M. Biden a laissé entendre qu’il pensait que le plan d’Obama devait être amélioré, notamment en prolongeant la période pendant laquelle l’Iran doit restreindre son activité nucléaire.

À l’époque, cependant, le travail de Biden consistait à vendre le plan à Israël, à la communauté juive américaine et au Congrès – et il a tenu parole, se rangeant du côté d’Obama et le mettant carrément en désaccord avec le gouvernement israélien.

Un proche de Biden a déclaré qu’après la signature de l’accord en 2015, le vice-président « s’est vraiment investi… pour faire comprendre aux membres du Congrès qu’ils ne devaient pas le bloquer. Il a rencontré l’ensemble du caucus démocrate ».

Debbie Wasserman Schultz, présidente du Democratic National Committee, explique pourquoi elle croit qu’Hillary Clinton est la meilleure candidate à la présidence, lors d’une interview au Quicken Loans Arena le 20 juillet 2016 à Cleveland (Crédit : Kirk Irwin/Getty Images for SiriusXM/AFP)

Certains démocrates juifs – sous la pression de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) pour rejeter l’accord – ont été particulièrement difficiles à convaincre. La représentante Debbie Wasserman Schultz, dans le sud de la Floride, a fondu en larmes lorsqu’elle a révélé à la télévision qu’elle soutiendrait l’accord.

« Il a fait un voyage spécial dans le district de Debbie Wasserman Schultz pour défendre l’accord », a rapporté le proche de Biden. « Il a fait venir des groupes de membres du Congrès et de sénateurs dans sa maison de Naval Observatory, à plusieurs reprises. »

Solow a rappelé « un certain nombre de réunions » avec les dirigeants de la communauté juive au cours desquelles Biden a plaidé en faveur de l’accord.

M. Shapiro, ambassadeur en Israël à l’époque, a indiqué que M. Biden était tout aussi tenace avec les dirigeants israéliens – et qu’il était également désireux de ramener la vision israélienne à Obama.

Il a rappelé un dîner privé que Biden a eu avec Netanyahu et d’autres personnes en janvier 2014, lorsque Biden a assisté aux funérailles de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon.

« Ils ont eu une de ces discussions intenses et amicales », a décrit M. Shapiro. « C’était un canal important pour exprimer évidemment le point de vue américain, mais aussi pour entendre le point de vue israélien. Il a toujours aimé ramener cette perspective dans la discussion ».

De manière critique, Shapiro a dit que Biden n’était pas condescendant envers les Israéliens.

« Biden a un dicton qu’il attribue à son père, qui est de ne jamais dire à quelqu’un ce qui est dans son propre intérêt », a confié M. Shapiro. « Il n’a jamais essayé de faire la leçon aux dirigeants israéliens sur ce qu’était leur intérêt. »

Cela contrastait avec Obama, que les Israéliens percevaient comme pensant qu’il comprenait mieux qu’eux les intérêts d’Israël.

L’implantation de Maale Efraim en Cisjordanie sur les collines de la vallée du Jourdain, le 18 février 2020. (AP/Ariel Schalit, File)

Une prédiction concernant une résolution de l’ONU se réalise

L’administration Obama a eu vent dans ses derniers mois de mandat des efforts palestiniens pour faire adopter par le Conseil de sécurité de l’ONU une résolution condamnant les implantations israéliennes.

Selon des initiés, un certain nombre de hauts fonctionnaires – dont le secrétaire d’État américain John Kerry et Samantha Power, l’ambassadrice aux Nations unies – ont voulu voter pour la résolution, y voyant une occasion de faire comprendre au gouvernement israélien que la solution à deux États pourrait bientôt disparaître. Biden et Jack Lew, le secrétaire au Trésor juif, voulaient que les États-Unis opposent leur veto à la résolution.

« L’argument de Biden était que nous pourrions finir par encourager l’administration Trump à essayer de faire revenir le pendule en arrière de manière à miner ce que nous essayons de réaliser », a expliqué un proche de Biden. Le vice-président pensait également que les Nations unies n’étaient pas la bonne arène pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Au dernier moment, le 23 décembre 2016, Obama a tranché – littéralement quelques minutes avant que Power ne soit appelée à voter, selon M. Shapiro – et a donné instruction à son ambassadrice de s’abstenir, ce qui permettrait à la résolution de passer, mais en précisant que l’administration Obama pensait que la résolution manquait d’équilibre, car elle ne mentionnait pas l’obstructionnisme palestinien.

La prédiction de Biden s’est réalisée : Trump a condamné l’abstention et a cessé de soutenir la solution des deux États qu’Obama avait passé huit ans à tenter d’obtenir.

M. Shapiro, qui, en tant qu’ambassadeur des États-Unis en Israël, surveillait les allées et venues en temps réel, a affirmé que les récits ultérieurs du vote selon lesquels M. Biden avait fait pression sur l’Ukraine pour qu’elle vote en faveur de la résolution étaient absurdes. La campagne de M. Biden a vivement démenti et indiqué que les appels avec l’Ukraine étaient routiniers et ne concernaient pas Israël. Selon le récit de M. Shapiro, le timing n’avait aucun sens : Obama n’a pas décidé de la manière dont Power allait voter avant le dernier moment.

Toute allégation selon laquelle M. Biden aurait plaidé en faveur de la résolution, en particulier auprès de l’Ukraine, est « tout à fait fausse », a-t-il souligné.

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