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Le brésilien Speedbird va utiliser l’UTM israélien pour ses livraisons de nourriture

La start-up israélienne High Lander, soutenue par un groupe émirati, a mis au point une plate-forme pour gérer en toute sécurité les flottes de drones dans les espaces aériens

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le drone de livraison DLV2 de Speedbird Aero volant dans la ville d'Aracaju, au Brésil. (Autorisation)
Le drone de livraison DLV2 de Speedbird Aero volant dans la ville d'Aracaju, au Brésil. (Autorisation)

La start-up israélienne High Lander, qui développe un système autonome de contrôle du trafic aérien, a conclu un partenariat pour aider l’un des plus grands opérateurs de drones du Brésil à piloter en toute sécurité un réseau de drones pour la livraison de fast-food et de produits d’épicerie dans tout le pays.

High Lander a signé un protocole d’accord avec Speedbird Aero pour que l’opérateur de drones basé à Rio de Janeiro déploie la plate-forme de gestion du trafic des aéronefs sans pilote (UTM) de la start-up israélienne. Speedbird fabrique des drones pour le transport et la livraison de marchandises à des fins commerciales, industrielles et médicales. Le fournisseur de livraison par drone travaille avec la plus grande application de livraison de nourriture du Brésil, iFood et effectue des milliers de livraisons dans tout le pays.

« Speedbird adapte la technologie de High Lander car ses drones volent beaucoup au Brésil, notamment à Sao Paulo et dans d’autres zones urbaines. Ils vont commencer à Rio de Janeiro, où ils auront besoin de surveiller efficacement l’espace aérien dans le but d’éviter les conflits et les collisions », a déclaré Alon Abelson, fondateur et PDG de High Lander, au Times of Israel.

« En ce sens, la livraison par drone aidera des entreprises comme iFood à livrer des colis avec plus de rapidité, d’efficacité et de sécurité dans des lieux différents et complexes – ce qu’elles n’étaient pas en mesure de faire auparavant. »

« Au Brésil, il y a de nombreux endroits où il faut contourner une rivière pour livrer des colis, ce qui peut prendre environ 40 minutes, ou vous pouvez être bloqué aux heures de pointe, alors que les drones peuvent traverser une rivière, et raccourcir le délai de livraison à quelques minutes. Puis les derniers kilomètres sont gérés par un système de livraison traditionnel », a ajouté Abelson

Alors que de plus en plus de drones prennent le chemin du ciel, Abelson, un expert du contrôle du trafic aérien qui a servi dans l’armée israélienne pendant plus de 20 ans, et Ido Yahalomi, ont co-fondé High Lander en 2018 pour développer un logiciel adapté à la gestion des flottes de drones volant au-dessus du sol, que ce soit pour la collecte de renseignements ou pour livrer n’importe quoi, des fournitures médicales aux livraisons de nourriture en passant par l’épicerie. Le trafic de drones, en forte croissance, a accru les risques de collisions aériennes à basse altitude et la nécessité de systèmes autonomes de commande aérienne et de contrôle du trafic.

Pour déployer et surveiller en toute sécurité des centaines de drones opérant dans le même espace aérien que les avions pilotés, la start-up israélienne a lancé en 2020 la plate-forme UTM. L’idée du système UTM est similaire à celle d’un poste de contrôle du trafic aérien traditionnel piloté par l’homme, mais pour des drones gérés par des ordinateurs et des algorithmes plutôt que par des humains.

Les équipes de High Lander et de Speedbird dans un centre de commande et de contrôle du trafic aérien autonome en Israël. (Autorisation)

Dans le cadre de ce partenariat, Speedbird va déployer le système universel UTM de High Lander pour s’assurer que « les opérations de vol sont effectuées de manière sûre et efficace sans mettre en danger les autres aéronefs ou les personnes au sol, tout en démontrant aux autorités de réglementation qu’une surveillance complète des activités aériennes sans équipage est possible », ont déclaré les deux entreprises dans un communiqué.

« En tirant parti de la technologie UTM de High Lander, nous pouvons garantir le fonctionnement sûr et efficace de nos drones, ce qui nous permettra de livrer des colis plus rapidement et de manière plus fiable que jamais, même dans les environnements les plus complexes », a déclaré Samuel Salomao, chef de produit chez Speedbird.

Ce partenariat fait suite à l’investissement de 14 millions de dollars réalisé par Edge Group en janvier de cette année, faisant du groupe basé à Abou Dhabi un actionnaire majeur. Edge, qui chapeaute plus de 20 entreprises de développement aérospatial, a déclaré qu’il soutiendrait la poursuite du développement et du déploiement de la plate-forme UTM universelle alors que le groupe se concentre sur le développement de systèmes autonomes, y compris les drones, les armes intelligentes et les cyber-technologies.

À ce jour, High Lander a levé plus de 20 millions de dollars, y compris des subventions de l’Autorité de l’Innovation israélienne (IIA). « Avec le dernier investissement du groupe émirati, la start-up prévoit de doubler son personnel de 20 à 40 employés au cours des six prochains mois et d’ouvrir un nouveau bureau à Tel Aviv le mois prochain », a déclaré Abelson. « Ce bureau comprendra un centre de contrôle du trafic aérien pour les drones afin de surveiller et de suivre globalement chaque vol à la manière d’un centre de commandement de la NASA », a-t-il ajouté.

High Lander et Speedbird font tous deux partie d’un projet pilote mené par le gouvernement, également connu sous le nom d’Initiative nationale israélienne pour les drones (INDI), établie en 2021 pour créer un réseau national de drones et préparer le ciel pour les livraisons par drones dans tout Israël, en collaboration avec les organismes de réglementation et les entreprises privées.

Au début de cette année, le projet INDI est entré dans sa deuxième phase avec des flottes de drones plus importantes, une plus grande sélection de types de drones, y compris des taxis aériens, des distances plus longues avec des charges plus lourdes afin de construire une infrastructure pour une coexistence sûre avec l’aviation pilotée. En outre, la plate-forme UTM de High Lander est également déployée par les forces de police nationales israéliennes.

Alon Abelson, co-fondateur et PDG de High Lander. (Autorisation)

L’espace aérien israélien est l’un des plus étroitement contrôlés et des plus fréquentés par rapport à la taille du pays. Il y a beaucoup d’arrivées et de départs d’avions et, en même temps, une forte présence militaire aérienne, avec des avions et des hélicoptères qui se déplacent à la fois pour s’entraîner et pour être en service actif.

Dans le cadre du projet pilote INDI, plus de 16 000 vols de drones ont été effectués, par tous les temps, pour livrer des sushis, des glaces, et des médicaments aux hôpitaux entre autres aux habitants des zones urbaines, notamment Tel Aviv, Jérusalem, Hadera et Beer Sheva.

Le mois dernier, un drone autonome a effectué un vol d’essai en transportant 3,8 litres de sang depuis l’hôpital Rambam de Haïfa. Il a atterri 13 minutes plus tard sur le terrain du centre hospitalier de Galilée à Nahariya, près de la frontière nord d’Israël avec le Liban, après un trajet de 25,2 kilomètres.

« Nous avons testé notre technologie en Israël, qui est notre terrain de jeu, en travaillant avec l’écosystème, et nous l’étendons maintenant au monde entier », a déclaré Abelson. « Tous les obstacles tels que les bâtiments, les tours, les vols à proximité des aéroports ou même les changements de terrain relèvent de la responsabilité de notre plate-forme de contrôle UTM, qui veille à ce qu’il n’y ait pas de collisions. »

Le partenariat avec Speedbird marque également une avancée plus importante de High Lander en Amérique latine. Dans les semaines à venir, la start-up israélienne devrait rejoindre un consortium d’acteurs de l’aviation dans toute la région, dont Speedbird. Avec les autorités de régulation de l’aviation civile, le constructeur d’avions brésilien Embraer et le fournisseur national d’ATM Saipher, le consortium travaillera sur une infrastructure permettant aux drones de coexister avec le trafic d’hélicoptères à Sao Paolo.

« En tant que contrôleur aérien et issu d’une famille d’aviateurs, mon frère étant pilote, nous sommes tous deux convaincus qu’un grand changement nous attend à l’avenir. Mon frère ne sera plus assis dans le cockpit et je ne serai plus assis dans la tour de contrôle – tout sera géré de manière autonome », a déclaré Abelson.

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