Le Bundestag fustigé par le Hamas pour avoir reconnu Israël comme « état juif »,
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Le Bundestag fustigé par le Hamas pour avoir reconnu Israël comme « état juif »,

La résolution pro-israélienne du parlement allemand qui a été adoptée à une écrasante majorité "déstabilise la région et le monde", affirme le groupe terroriste

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des Palestiniens agitent les drapeaux du Hamas alors qu'ils célèbrent l'accord d'échange de prisonniers conclu entre Israël et le Hamas à Jérusalem-Est. 18 octobre 2011 (Kobi Gideon / Flash90).
Des Palestiniens agitent les drapeaux du Hamas alors qu'ils célèbrent l'accord d'échange de prisonniers conclu entre Israël et le Hamas à Jérusalem-Est. 18 octobre 2011 (Kobi Gideon / Flash90).

Le Hamas a « fortement condamné » dimanche le parlement allemand pour une résolution adoptée la semaine dernière en l’honneur du 70ème anniversaire d’Israël, qui appelle à la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif et recommande vivement au gouvernement de Berlin de faire face aux groupes opposés à l’existence du pays.

Dans un long communiqué, le groupe terroriste a rejeté les députés allemands pour leur incapacité à critiquer les crimes présumés israéliens contre les Palestiniens.

Jeudi, le Bundestag a adopté avec une écrasante majorité une résolution de cinq pages saluant les aspects variés des liens bilatéraux, notamment l’engagement sans failles de Berlin envers la sécurité d’Israël. Toutes les parties, dont deux listes d’opposition, ont voté en faveur de ce texte, hormis une faction d’extrême-gauche qui s’est abstenue.

« A un moment où les Palestiniens attendaient un fort soutien de la part de la république fédérale d’Allemagne au 70ème anniversaire de la Nakba, le Bundestag n’a pas mentionné l’agression longue de sept décennies causée par l’occupation israélienne sur notre peuple, pas plus qu’il n’a dénoncé les politiques racistes et fascistes israéliennes », dit le communiqué émis par le Hamas.

La Nakba, mot arabe pour « catastrophe », est une référence à la création d’Israël en 1948 et à ses conséquences pour la population palestinienne locale, avec notamment la création de centaines de milliers de réfugiés.

Le communiqué du Hamas fait une longue liste des griefs palestiniens, accusant entre autres Israël de construire des implantations, d’arrêter des enfants, de « judaïser » Jérusalem et d’imposer un « siège injuste » à la bande de Gaza.

« Vous, le Bundestag, avez décrit l’occupation israélienne comme un ‘état qui embrasse les valeurs européennes’. Est-ce que ces valeurs acceptent, par exemple, le meurtre de douzaines de personnes et des blessures causées à des milliers de manifestants pacifiques, dont la majorité sont des enfants qui réclament leur droit à une vie décente et au retour vers leurs maisons ? », ajoute le communiqué, se référant au mouvement de protestation de la « marche du retour » qui est organisé ces dernières semaines à la frontière de Gaza.

La résolution du Bundestag « déstabilise la région et le monde », a accusé le Hamas, ce qui donne à Israël « le feu vert pour continuer son agression contre notre peuple ».

Le Hamas, qui est reconnu par l’Union européenne comme une organisation terroriste, a indiqué réfléchir à « la question de savoir si l’acceptation d’un Etat juif est conforme aux valeurs démocratiques sur lesquelles l’Allemagne a été fondée après [la Seconde guerre mondiale] qui ne prennent pas en compte les différences entre les citoyens sur la base de la race, de la couleur ou des religions ».

Ce communiqué a demandé que le Bundestag annule sa résolution, ajoutant que « l’Europe, et en particulier l’Allemagne, est la cause majeure » des « décennies de souffrances » de la population palestinienne.

Photo d’illustration de la chancelière allemande Angela Merkel faisant un discours au Bundestag le 27 avril 2017 à Berlin (Crédit : AFP/Odd Andersen)

Cette résolution avait été proposée conjointement par le parti de centre droit du CDU d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates et les libéraux du ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, une petite formation d’opposition. Elle a également obtenu les voix des Verts et de l’Alternative pour l’Allemagne d’extrême-droite, tous deux dans l’opposition. Seul le partie d’extrême gauche Die Linke s’est abstenu.

« Les relations uniques entre l’Allemagne et Israël sont – et elles restent – l’un des piliers essentiels de la politique étrangère et sécuritaire allemande », dit la résolution.

Elle « rejette vraiment » également le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) anti-israélien et affirme que tous ceux qui désirent vivre en Allemagne – « même si ce n’est que temporaire » – doivent reconnaître le droit à l’existence d’Israël, une référence probable à l’antisémitisme présumé qui aurait été importé par plus d’un million de réfugiés des pays musulmans et qui sont arrivés en Allemagne en 2015.

« Le droit d’Israël à l’existence et à la sécurité sont non-négociables pour nous », dit encore la résolution qui reprend des propos tenus par Merkel à la Knesset en 2008, où elle avait évoqué la sécurité israélienne comme faisant partie de la « raison d’être » allemande.

Le Bundestag appelle le gouvernement de Berlin à « prôner une solution au conflit au Moyen-Orient sur la base d’une solution à deux états – un état juif et démocratique d’Israël dans des frontières reconnues et sécurisées en permanence et un état palestinien indépendant, démocratique et viable, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».

Il recommande aussi avec force au gouvernement de « s’opposer aux forces au Proche-Orient et au Moyen-Orient qui remettent en question le droit d’Israël à exister avec une rhétorique parfois agressive et qui menacent ouvertement la sécurité israélienne ».

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