Le candidat israélien de Skin Wars : de Tsahal à la peinture sur corps
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Interview

Le candidat israélien de Skin Wars : de Tsahal à la peinture sur corps

Avi Ram, 29 ans, participant de l’émission de téléréalité Skin Wars, apporte une touche sabra au dessin sur peau nue

L'oeuvre d'Avi Ram dans le défi de camouflage de Skin Wars. (Autorisation de Game Show Network)
L'oeuvre d'Avi Ram dans le défi de camouflage de Skin Wars. (Autorisation de Game Show Network)

JTA – Le monde de la télé-réalité est vaste et effrayant, et je le sais parce que je le connais beaucoup trop bien. Mais il recèle des joyaux surprenants, et le « Skin Wars » est l’un d’eux.

Actuellement dans sa deuxième saison, la compétition de téléréalité est calquée sur « Project Runway », mais au lieu de créer un nouveau look pour des mannequins chaque semaine, les concurrents de « Skin Wars » doivent dessiner leur art directement sur de la peau nue (excepté sur quelques sous-vêtements).

Tel est le monde de la peinture sur le corps, une forme d’art en plein essor, avec des festivals et des compétitions à travers le monde.

Bien faite, elle est absolument à couper le souffle. Des peintres sur corps utilisent généralement des techniques d’aérographie et de peinture à la main pour créer des chefs-d’œuvre étonnants, quoique temporaires. Les modèles peuvent ressembler à des créatures mythiques, des interprétations abstraites ou à des vêtements réalistes.

Un des candidats de la saison actuelle de « Skin Wars » est Avi Ram, un artiste israélien de 29 ans qui vit à Fort Lauderdale, en Floride. Ram est né à Kiryat Gat et a déménagé aux États-Unis après avoir servi à Tsahal pendant trois ans. Il possède aujourd’hui une boutique d’aérographie florissante.

JTA : Quand avez-vous commencé à faire de l’art, et avec quel support avez-vous commencé – en supposant que ce n’était pas le corps humain ?

Ram : J’ai fait de l’art toute ma vie. J’ai commencé à faire de l’aérographie quand j’avais 18 ans, il y a environ 11 ans. J’ai vu quelqu’un faire de l’aérographie dans la rue, je me suis posé beaucoup de questions et j’ai commencé à m’y mettre. Mon premier emploi en Israël était dans un magasin de T-shirts d’aérographie.

Vous souvenez-vous du premier corps que vous ayez jamais peint ?

C’était lorsque je me suis installé en Floride, il y a environ cinq ou six ans. J’ai contacté une boîte de nuit, et on m’a demandé de montrer mon travail et si je pouvais faire de la peinture corporelle. J’ai dit que oui, sûrement, alors ils m’ont invité à un événement et j’ai peint le corps des barmans et des danseurs. Evidemment, tout le monde aime être nu, c’était amusant.

Était-ce bizarre ?

Non, parce que je vois le corps comme une toile. J’étais très à l’aise – je n’étais pas nerveux. Ils étaient très contents, et depuis lors, ils m’appellent pour chaque événement. Cela commence à peine à devenir un grand succès.

Pendant que vous serviez dans les rangs l’armée israélienne, pouviez-vous de temps en temps vous échapper pour pratiquer votre art ?

Je le faisais la plupart du temps ici et là – pas quotidiennement. Je faisais des peintures murales pour mes amis, des choses comme ça. Une fois par mois, j’essayais de trouver le temps de travailler et de m’entraîner.

Croyez-vous que votre enrôlement à l’armée vous a aidé à vous préparer à gérer le stress de la compétition dans « Skin Wars » ?

Résolument, oui. A l’armée, tout tourne autour de la ponctualité et du manque de sommeil. Dans l’émission, vous devez toujours finir à temps, et vous travaillez tant d’heures que vous dormez à peine, donc je suis un peu habitué. Et vous avez toujours des gens qui vous disent quoi faire, donc je suis habitué à cela aussi.

Quel était votre défi préféré de la compétition ?

Le défi de camouflage (où les participants devaient camoufler un modèle) sur une table de cuisine, quand j’ai pris le poisson et que je l’ai camouflé. Tout le monde parlait de ce poisson !

Avi Ram. (Autorisation de Game Show Network)
Avi Ram. (Autorisation de Game Show Network)

Combien de temps a duré le tournage ? Et vous êtes-vous rapproché des autres candidats ?

Deux mois. Nous avons vécu ensemble dans la même maison, et sans médias – pas de téléphone, pas d’Internet, pas de musique, rien – nous discutions 24 heures/24. Nous avons appris tout sur l’autre, nos enfances à ce que nous voulons faire à l’avenir. Nous avons commencé à former une famille très soudée. Encore aujourd’hui, nous nous parlons presque tous les jours.

Il y a une vidéo de vous sur le site de « Skin Wars » où vous dites que vous faites de l’art pour aider votre mère en Israël, ce qui est très touchant. A-t-elle toujours soutenu votre travail ?

Oui. Même quand je suis arrivé aux États-Unis – j’ai déménagé pour réaliser mes rêves et aider ma famille, aussi. Etre artiste en Israël n’est pas facile. C’est très difficile au début d’être un artiste à succès, et je crois qu’il n’y a pas de réelle appréciation de l’art en Israël.

Quand je suis arrivé ici, et que j’ai commencé à voir les différentes réactions des gens, comment il est possible d’évoluer en tant qu’artiste et ce que vous pouvez réaliser, cela m’a ouvert beaucoup de portes différentes.

Vous pouvez être un artiste en Israël, mais vous ne pourrez en vivre. Cela peut être un passe-temps. Ici, vous avez plus de chances d’en faire une activité professionnelle. Voilà donc une chose que je peux faire pour aider ma famille et envoyer de l’argent en Israël.

Leur rendez-vous souvent visite ?

Pas souvent, non. Depuis les huit années où je vis ici, je suis allé leur rendre visite une seule fois, et c’était il y a environ cinq ans. Donc, je n’ai pas vu ma famille depuis cinq ans. C’est très difficile. Je peux voyager là-bas – mais je travaille si dur tous les jours, et je peux envoyer de l’argent à ma mère tous les mois, donc je dois travailler et je ne peux pas prendre de longues vacances. C’est très difficile de vivre ici. Mais je parle à ma mère tous les jours ; nous parlons par vidéo-chat tout le temps.

Pensez-vous que votre éducation israélienne ou juive ait influencé votre art ?

Même quand je suis loin de là-bas, je garde toujours la culture israélienne. Je ne mange pas casher… mais je célèbre les fêtes. Vous ne voyez pas de peinture corporelle en Israël. Je connais quelques peintres corporels israéliens, mais en Israël, ce n’est pas courant. C’est tellement génial d’avoir représenté Israël à l’émission, d’apporter un peu de fierté et une certaine saveur du pays.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille actuellement en ce moment sur des peintures murales pour les écoles élémentaires de Fort Lauderdale. Chaque vacances d’été, quand les enfants sont hors de l’école, je décore les murs de couleurs et d’images pour égayer les enfants. Je fais cela depuis maintenant cinq ans.

Évidemment, vous ne pouvez pas me dire le résultat final de l’émission, mais dans l’ensemble, êtes-vous heureux d’y avoir participé ?

L’expérience était incroyable. Peu importe ce qui arrive à la fin, l’expérience était incroyable. Je suis si heureux de l’avoir fait. Aucun regret.

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