Le chef de la faction nationaliste arabe fixe ses conditions au soutien de Gantz
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Le chef de la faction nationaliste arabe fixe ses conditions au soutien de Gantz

Kakhol lavan doit négocier un accord écrit avec l'alliance arabe et annuler les lois dites discriminatoires, a dit Mtanes Shihadeh - restant flou sur le soutien de sa faction

Mtanes Shihadeh, chef de la faction Balad de la Liste arabe unie, lors d'un événement de campagne électorale, le 20 août 2019. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)
Mtanes Shihadeh, chef de la faction Balad de la Liste arabe unie, lors d'un événement de campagne électorale, le 20 août 2019. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)

Si le parti Kakhol lavan veut le soutien de la Liste arabe unie, il devra faire une démarche officielle et demander ouvertement des négociations de coalition avec l’alliance majoritairement arabe, a déclaré dimanche le chef de la faction Balad de l’alliance, Mtanes Shihadeh, dans une interview à la radio de l’armée.

« La Liste arabe unie ne répétera pas l’erreur d’il y a trois mois de recommander [le leader de Kakhol lavan] Benny Gantz sans aucun engagement, sans aucun accord, sans rien d’écrit », a déclaré M. Shihadeh. « Nous avons vu ce qui s’est passé la dernière fois : La Liste aabe unie a fait sa recommandation et Gantz a carrément rompu le contrat, en adoptant toutes les positions du parti Likud. »

Shihadeh a ajouté que la Liste arabe unie aurait un certain nombre de demandes en échange de son soutien, parmi lesquelles « l’annulation de la loi Kaminitz et de la loi sur l’État-nation, un programme économique [pour améliorer la situation économique de la minorité arabe d’Israël], un processus de paix, un changement du statut de la population arabe en Israël, et l’annulation des lois discriminatoires qui changent de manière significative le statut de la population arabe ».

La loi Kaminitz, un amendement de 2017 à la loi sur la planification et la construction, visait à renforcer « l’application et la pénalisation des infractions en matière de planification et de construction ». Cependant, les critiques, dont Adalah, le Centre juridique pour les droits des minorités arabes en Israël, accusent qu’il aurait « un impact disparate sur les citoyens arabes d’Israël car il ne prend pas en compte les décennies de discrimination systématique dans l’aménagement et l’attribution des terres domaniales à leur encontre, qui ont entraîné une grave crise du logement dans les villes et villages arabes ».

Le Président Reuven Rivlin (à droite) présente au chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz le mandat de former un nouveau gouvernement israélien, après l’échec du Premier ministre Netanyahu à en former un, à la résidence du Président à Jérusalem, le 23 octobre 2019. (GALI TIBBON / AFP)

Les députés arabes ont déclaré que la loi avait été conçue pour nuire à leurs électeurs tout en ignorant les difficultés que les Arabes rencontrent pour obtenir des permis de construire.

La loi sur l’État-nation a consacré Israël comme l’État-nation exclusif du peuple juif, suscitant les protestations des minorités druzes et arabes qui ont déclaré que la législation créait une discrimination officielle entre les Juifs et les non-Juifs.

Le Balad est un parti nationaliste à majorité arabe qui a été créé dans les années 1990. Balad rejette catégoriquement l’idée qu’Israël soit un État exclusivement juif et soutient fermement la transformation de cet État en un pays où les Arabes et les Juifs jouissent de droits nationaux et civils égaux. Balad vise également la création d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale, aux côtés d’un Israël binational et d’une « juste résolution » de la question des réfugiés sur la base de la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies.

Bien que Shihadeh ait déclaré que sa faction ne soutiendrait pas activement la Liste arabe unie en recommandant au président Reuven Rivlin de charger Benny Gantz de former un gouvernement, il accepterait toute décision prise par la Liste arabe unie.

« La position de Balad est claire : nous recommanderons de ne pas recommander, mais nous entendrons la position des autres [parties de la Liste arabe unie] et nous prendrons une décision ensemble », a déclaré M. Shihadeh.

Interrogé sur l’apparente contradiction de sa déclaration, Shihadeh a répété que la position de Balad était bien connue et qu’il ne soutiendrait pas Gantz, mais respecterait la décision de la Liste arabe unie.

Après le dernier tour des élections en septembre, la Liste arabe unie, une alliance politique des partis arabes en Israël – Balad, Hadash, Taal et la Liste arabe unifiée – a recommandé à Rivlin que Gantz soit chargé de former un gouvernement. Cependant, il l’a fait sans le soutien des trois membres de Balad à la Knesset.

La Liste arabe unie a obtenu 15 sièges lors de l’élection de la semaine dernière, soit une amélioration de deux sièges par rapport au tour précédent. Balad détient toujours trois de ces sièges.

« Ce que les quelque 600 000 Arabes qui ont voté pour la Liste arabe unie disaient en fait, c’était qu’ils voulaient changer leur statut politique dans le pays. Notre principale mission est donc de traduire et d’exprimer la volonté des électeurs arabes », a déclaré M. Shihadeh.

Ayman Odeh (C), leader du parti Hadash qui fait partie de l’alliance de la Liste arabe unie, intervient avec d’autres leaders au siège de Shefa Amr, le 2 mars 2020, après la fermeture des bureaux de vote. (Ahmad GHARABLI / AFP)

Des collaborateurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient contacté des responsables de la Liste arabe unie et proposé de négocier des questions importantes pour les députés arabes en échange du refus de la faction de soutenir la candidature de Gantz au poste de Premier ministre et de s’opposer à un effort législatif visant à interdire au Premier ministre d’exercer ses fonctions dans la mesure où il est mis en accusation, a rapporté samedi la Treizième chaîne de télévision, citant des sources de la Liste arabe unie. Les sources ont affirmé que parmi les responsables contactés se trouvaient des membres de Balad.

Le procès de Netanyahu, accusé de corruption, d’escroquerie et d’abus de confiance dans trois affaires pénales, doit s’ouvrir le 17 mars.

Il n’y a pas eu de réaction immédiate du Likud au reportage de la Treizième chaîne.

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