Israël en guerre - Jour 143

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Le chef de Yad LeBanim met en garde contre les tensions en amont de Yom HaZikaron

Selon Eli Ben Shem, les familles endeuillées sont divisées au sujet de la refonte judiciaire, certaines s'opposant à la présence d'élus aux cérémonies et dans les cimetières

Des soldats israéliens et des membres des familles de soldats morts au combat se rassemblent pour une cérémonie marquant Yom Hazikaron dans un cimetière militaire à Tel Aviv, le 4 mai 2022. (Crédit : Oded Balilty/AP)
Des soldats israéliens et des membres des familles de soldats morts au combat se rassemblent pour une cérémonie marquant Yom Hazikaron dans un cimetière militaire à Tel Aviv, le 4 mai 2022. (Crédit : Oded Balilty/AP)

Le président d’une organisation dédiée à la mémoire des soldats israéliens tombés au combat a mis en garde dimanche contre le risque de chaos, voire de violence, lors des commémorations officielles de Yom HaZikaron la semaine prochaine, dans un contexte de profondes divisions sociétales concernant les projets du gouvernement visant à réformer le système judiciaire.

Eli Ben Shem, président de Yad Labanim, a déclaré que son groupe avait été contacté par des milliers de familles endeuillées qui demandaient que les hommes politiques ne puissent pas assister aux commémorations du 25 avril, car beaucoup considèrent que les membres du gouvernement ne sont pas les bienvenus.

« Des politiciens qui n’ont pas servi dans l’armée viendront dans certains cimetières, et les familles ont déjà dit que s’ils le font, ils seront bombardés d’œufs à l’entrée », a déclaré Ben Shem à la Douzième chaîne.

Il a souligné que certaines familles « pensent autrement et veulent que des politiciens viennent » et que, par conséquent, Yad Labanim ne prenait pas position.

« L’organisation est composée de familles endeuillées de tous horizons. Des familles dont les enfants ont été tués dans le même tank, dans la même unité, qui auraient pu passer le Shabbat ensemble – elles ne se parlent pas aujourd’hui à cause de la situation », a-t-il déclaré.

« Je ne sais pas quelle est la solution et je n’envie pas les décideurs, car quelqu’un doit assumer la responsabilité de ce qui se passera par la suite », a ajouté Ben Shem.

Il s’est dit préoccupé par la possibilité de scènes violentes, citant « de très grandes menaces d’ici et d’ailleurs », sans donner plus de détails.

« J’ai peur qu’il y ait de la violence, qu’ils n’autorisent pas les politiciens à parler « , a-t-il déclaré.

Illustration : Une cérémonie marquant Yom HaZikaron pour les soldats israéliens tombés au combat et les victimes de la terreur, au centre Yad Labanim à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Shem a indiqué qu’un homme dont le fils a été tué au Liban lui téléphonait tous les jours pour lui demander ce qui avait été décidé concernant la présence des hommes politiques.

« Il m’a demandé d’informer tous les décideurs qu’il se tiendra à l’entrée du cimetière avec un mégaphone et qu’il ne laissera aucun politicien s’exprimer. C’est très émouvant », a-t-il déclaré.

Le directeur de Yad Labanim a déclaré que des représentants de l’organisation exprimeraient ces opinions lors d’une réunion avec le ministre de la Défense Yoav Gallant et la ministre des Transports Miri Regev, prévue lundi.

A l’occasion de Yom HaZikaron, qui doit débuter le 24 avril au soir, de nombreux Israéliens se rendent sur les tombes de leurs proches, tués au cours de leur service militaire ou lors d’attaques terroristes.

De nombreuses cérémonies organisées dans les cimetières du pays donnent lieu à des discours de ministres. Si l’appel des familles est entendu, ce serait la première fois qu’il serait interdit aux hommes politiques de prendre la parole lors de ces événements.

De nombreux membres de familles de militaires endeuillées se sont joints aux manifestations nationales contre la réforme judiciaire controversée du gouvernement.

Des dizaines de milliers d’Israéliens manifestant contre les projets du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 15 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Les manifestations contre les projets du gouvernement visant à entraver le système judiciaire du pays sont entrées dans leur quinzième semaine, les manifestations se poursuivant dans le contexte d’une violente vague de terrorisme, et ce, après que la coalition a suspendu fin mars le projet de loi pour permettre un dialogue.

Les propositions de réforme judiciaire de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu visent à affaiblir la capacité de la Cour à contrôler le Parlement et à donner au gouvernement un contrôle presque absolu sur la nomination des juges.

Les critiques affirment que ces projets politiseront la Cour, supprimeront des contrôles essentiels du pouvoir gouvernemental et porteront gravement atteinte au caractère démocratique d’Israël. Les partisans de ces mesures affirment qu’elles permettront de maîtriser un système judiciaire qui, selon eux, a dépassé ses limites.

La procureure générale a prévenu que la législation proposée par la coalition donnerait au gouvernement un pouvoir pratiquement illimité, sans fournir aucune protection institutionnelle pour les droits individuels.

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