Le chef du Parti travailliste, Amir Peretz, candidat à la présidence d’Israël
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Le chef du Parti travailliste, Amir Peretz, candidat à la présidence d’Israël

Le vieux politique est candidat pour le poste honorifique qui sera libéré par Reuven Rivlin en juillet, alors que les perspectives de son parti à la Knesset s'effondrent

Le ministre de l'Economie Amir Peretz à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Economie Amir Peretz à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le dirigeant du Parti travailliste Amir Peretz a annoncé jeudi qu’il se présenterait à la présidence du pays, un rôle essentiellement protocolaire.

Peretz, un politicien de longue date qui est actuellement ministre de l’Economie, a fait cette annonce lors d’une interview à la radio de l’armée.

« C’est un des rôles que je peux remplir grâce à ma capacité à créer le dialogue – les ultra-orthodoxes, les laïcs, la droite, la gauche, ils apprécient tous mes positions, même celles auxquelles ils s’opposent », a déclaré M. Peretz, 68 ans, ancien ministre de la Défense.

Le président Reuven Rivlin, 81 ans, devrait terminer son mandat de sept ans en juillet. La Knesset doit voter pour un autre président 30 à 90 jours avant, par un vote secret des 120 membres du Parlement.

Le président Reuven Rivlin lit un rapport sur la situation des jeunes à risque pendant la pandémie de coronavirus, préparé par l’organisation Elem, le 6 juillet 2020. (Mark Neyman/GPO)

Bien que M. Peretz soit le plus ancien député au Parlement, il a mis en colère nombre de ses collègues de gauche lorsqu’il a rejoint le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu cette année, après avoir juré à plusieurs reprises pendant les campagnes électorales qu’il ne le ferait pas.

En août 2019, avant le deuxième des trois scrutins, il a rasé solennellement sa légendaire moustache pour que les Israéliens puissent mieux « lire sur ses lèvres » et voir qu’il est sincère dans sa promesse de ne pas siéger dans un gouvernement avec Netanyahu. Il a rejoint la coalition de Netanyahu après le vote de mars 2020 en tant que membre d’un bloc centriste dirigé par le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz.

L’année dernière, M. Peretz a également nié qu’il se présenterait à la présidence, lorsque les journalistes l’ont pressé à cause d’une rumeur selon laquelle il entrerait dans le gouvernement de Netanyahu en échange du soutien du Premier ministre à sa candidature.

« Je ne serai pas président – et il ne sera pas Premier ministre », avait-il déclaré.

Les sondages prédisent que les Travaillistes n’obtiendront pas assez de voix pour entrer à la Knesset si de nouvelles élections venaient à être organisées, une chute stupéfiante pour un parti qui a dirigé le pays pendant ses 30 premières années.

S’il est crédité d’avoir favorisé le développement du système anti-missile du Dôme de fer en tant que ministre de la Défense, ce qui est censé avoir sauvé d’innombrables vies, M. Peretz a également été critiqué pour la gestion militaire de la seconde guerre du Liban de 2006 sous sa direction.

Ce qui pimente cette course à une fonction normalement considérée comme protocolaire est le fait que celui qui deviendra président pourrait être confronté à la perspective de gracier le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est jugé pour corruption dans trois affaires criminelles.

Outre Peretz, l’acteur et chanteur Yehoram Gaon, 80 ans, a annoncé mercredi qu’il se présenterait aux élections présidentielles. L’ancien ministre du Travail et professeur de droit Shimon Sheetrit, ainsi que l’ancien député du Likud et activiste du mont du Temple Yehudah Glick ont également lancé leurs candidatures.

La lauréate du Prix Israël, Miriam Peretz, une éducatrice qui a perdu deux fils dans les guerres israéliennes à 12 ans d’intervalle pendant leur service militaire, envisagerait également de se présenter, tout comme le ministre de la Santé Yuli Edelstein et le président de l’Agence juive Isaac Herzog, un autre ancien chef du Parti travailliste.

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