Le chef Solomonov se languit d’Israël et comble le manque par la cuisine
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Le chef Solomonov se languit d’Israël et comble le manque par la cuisine

Le restaurateur primé de Philadelphie anime "Bringing Israel Home", une série disponible gratuitement qui associe invités israéliens et plats maison

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le chef primé Michael Solomonov, (à gauche), travaille aux fourneaux et en salle dans son restaurant Zahav à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 14 juillet 2015. (Melina Mara/The Washington Post via JTA)
Le chef primé Michael Solomonov, (à gauche), travaille aux fourneaux et en salle dans son restaurant Zahav à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 14 juillet 2015. (Melina Mara/The Washington Post via JTA)

Le chef primé Michael Solomonov se languit d’Israël. Enormément.

Solomonov, récompensé cinq fois par la fondation James Beard et co-propriétaire des restaurants CookNSolo, avec Steve Cook, à Philadelphie, se rend généralement deux fois par an en Israël. Il y est né et son frère y est enterré.

Étant donné le peu d’avions à destination de Tel Aviv (Israël a fermé son aéroport aux vols commerciaux cette semaine) et la stricte quarantaine imposée aux arrivants, il est assez compliqué de se rendre en Israël. Alors Solomonov a créé quelque chose qui s’en rapproche.

Avec « Bringing Israel Home », une nouvelle série en six épisodes propulsée par Vimeo, Solomonov visite virtuellement le pays, avec des amis, invités et collègues israéliens.

Dans la seconde partie de l’épisode d’une heure, Solomonov cuisine depuis chez lui, un mélange de plats innovants et de plats signature.

Le co-propriétaire du célèbre restaurant Zahav, le chef Michael Solomonov vient de recevoir le Prix du meilleur chef en 2017 décerné par la fondation James Beard – l’oscar du monde gastronomique. (Autorisation : Michael Persico)

« Le moteur de cette émission, c’était cette envie constante », dit Solomonov, depuis son domicile de Philadelphie. « Israël nous paraît tellement loin cette année, notamment pendant Pessa’h et les fêtes, et j’avais besoin de cette connexion, de cette manière de garder le pays à l’esprit. »

Solomonov entretient ses liens avec le pays en cuisinant à la mémoire de son frère, tué par un sniper à la frontière du Liban en 2003, alors qu’il servait dans l’armée israélienne.

La cuisine israélienne est la carte de visite de Solomonov depuis les plats servis chez Zahav, le restaurant où il officie comme chef, au toast kubaneh vendus chez K’far, le salon de thé de la chaîne CookNSolo, en passant par le shawarma de chou-fleur proposé la sandwicherie Merkaz, toujours de CookNSolo, et aux ailes de poulets épicées aux accents yéménites de Laser Wolf, le restaurant de grillades de CookNSolo.

Mais cette année, les restaurants ont dû se cantonner aux plats à emporter et au service en terrasse pendant la pandémie. L’année a été difficile pour Solomonov, et notamment parce qu’il possède huit restaurants avec CookNSolo.

Si la COVID-19 a permis à Solomonov de cuisiner à la maison pour la première fois – quelque chose que ses enfants mangeront, du poulet frit par exemple ? – il a ressenti le besoin de faire la promotion d’Israël et de la nourriture israélienne.

Dans « Bringing Israel Home », Solomonov reçoit des amoureux d’Israël via Zoom, comme la journaliste culinaire Ronit Vered et le chanteur de blues yéménite Ravid Kahalani, en passant par son ami guide touristique Avihai Tsabari et des étudiants du programme Young Judea Year.

Il recevra l’acteur Sasson Gabay, l’autrice culinaire Adeena Sussman, la cheffe et auteure culinaire Ruthie Russi, le pâtissier Uri Scheft, de Lehamim, et le chef d’Akkov Osama Dalal.

Solomonov a déclaré qu’il n’avait pas vraiment réfléchi aux invités de son émission, mais qu’il voulait représenter Israël tel qu’il l’aimait.

« Nous avons appelé des amis et des gens que nous trouvions cool, qui auraient quelque chose à dire », a-t-il expliqué. « Ils aident à décrypter le paysage. »

L’émission comprend une dimension résolument locale, avec des photos des téléspectateurs en Israël, et des échanges entre Solomonov et ses invités.

« Je voulais que ce soit [détendu] et normal, et je pense que la meilleure nourriture est celle que l’on trouve chez les gens », dit Solomov. « Je voulais parler des choses propres à la Diaspora, mais qui parlent à tous. »

Le point culminant de l’émission survient quand Solomonov cuisine chez lui et prépare des plats comme des schnitzel de poisson avec des nouilles kadaif, des citrons confits et des câpres, ou encore un sabich ou des cuisses de poulet accompagnées de kumquats et d’olives vertes (un plat parfait pour un repas de Shabbat le vendredi soir, selon Solomonov).

On retrouve également des knenafeh au sirop de safran et des bourekas à la pâte phyllo farcis aux épinards et au Cascaval. Solomonov a passé quelques semaines à apprendre à étirer manuellement la pâte phyllo, une sorte de pâte feuilletée extra-fine.

« C’était sympa, même si je suis assez nul », a admis Solomonov, qui a raconté qu’il en faisait une fois par jour pendant le confinement.

Les téléspectateurs peuvent consulter les recettes avant chaque émission, disponibles sur le site de la Jewish Food Society. Plusieurs autres organisations juives sont partenaires de l’émission.

Et si regarder Solomonov ne suffit pas, les téléspectateurs peuvent participer à un concours pour remporter une session privée sur Zoom pour cuisiner avec le chef amoureux d’Israël.

La série est disponible gratuitement et les épisodes sont diffusés le mercredi soir à 20h, heure de New York, jusqu’au 28 avril.

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