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Le Colorado invoque une loi pro-Israël pour désinvestir de Ben & Jerry’s

C'est le septième état à punir la société de crèmes glacées qui s'est engagée en 2021 à ne plus vendre ses produits dans les "territoires palestiniens occupés"

Des manifestants pro-israéliens protestent à New York contre Ben & Jerry's au sujet de son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Des manifestants pro-israéliens protestent à New York contre Ben & Jerry's au sujet de son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

JTA – En 2016, le fonds de pension de l’État du Colorado a adopté une loi promettant une loyauté économique envers Israël.

Cette loi est maintenant invoquée alors que l’état devient le septième à punir la société de crème glacée Ben & Jerry’s en raison de la déclaration faite par la société en 2021 de ne plus vendre de crème glacée dans les « territoires palestiniens occupés ».

Le conseil d’administration de la Public Employees’ Retirement Association du Colorado a voté à l’unanimité vendredi pour entamer une procédure visant à céder ses parts d’Unilever, la société mère de Ben & Jerry’s, selon le Denver Post.

L’association s’est appuyée sur la loi de 2016, signée par le gouverneur démocrate de l’époque, John Hickenlooper, qui oblige le fonds de pension de l’État à céder ses parts de toute entreprise étrangère qui impose des « embargos économiques contre Israël ».

« Ben & Jerry’s a fait des commentaires à caractère politique justifiant son départ d’Israël », a déclaré Amy McGarrity, responsable des investissements du fonds, au conseil d’administration, selon le Denver Post.

Ben & Jerry’s a son siège dans le Vermont, mais est considéré comme une entreprise étrangère car Unilever est un conglomérat britannique. L’entreprise a déclaré que le fait de refuser de faire des affaires dans les « territoires occupés » ne constitue pas un boycott d’Israël lui-même.

Mais cette distinction n’est pas acceptée par la commission de révision des pensions du Colorado, ni par d’autres fonds d’état qui ont invoqué des lois anti-boycott similaires pour céder leurs parts d’Unilever à la suite de la déclaration de la société.

La loi du Colorado, qui pourrait affecter environ 42 millions de dollars que le fonds avait investis dans Unilever, fait partie d’une vague de lois fédérales envisagées ou adoptées en 2016 qui visaient à utiliser la pression économique comme une tentative explicite de contrer le mouvement croissant de Boycott, Divestment, Sanctions visant Israël.

d’échange dans la riposte contre Ben & Jerry’s est également significative étant donné la prépondérance croissante des sociétés d’investissement dans la guerre par procuration contre Israël. Dans un accrochage notable, la société de recherche en investissement Morningstar, qui pèse plusieurs milliards de dollars, a été passée au crible par des groupes pro-israéliens pour avoir prétendument déclassé des investissements israéliens.

Le vote du conseil des pensions du Colorado donne le coup d’envoie à une période de dialogue de 180 jours avec Unilever, à l’issue de laquelle il faudra à l’état environ un an pour céder totalement ses actifs si la politique de l’entreprise ne change pas. Unilever a déclaré que son accord de propriété avec Ben & Jerry’s signifiait que le fabricant de glaces conservait un large degré d’indépendance et ne pouvait être influencé par le conglomérat.

Le Colorado deviendrait le septième État à poursuivre Unilever sur le plan économique en raison des déclarations de Ben & Jerry’s. Quatre autres États – New York, le New Jersey, l’Illinois et l’Arizona – ont également annoncé des plans similaires pour que les caisses de retraite de l’État cèdent leurs parts du conglomérat, tandis que la Floride a mis fin aux nouveaux investissements dans Unilever et que le Texas a déclaré qu’il limitait ses activités avec Ben & Jerry’s.

D’autres États ont déclenché la révision de leurs contrats avec l’entreprise, mais n’ont pas encore annoncé de sanctions économiques officielles.

Entre-temps, la filiale israélienne de Ben & Jerry’s poursuit également Unilever devant un tribunal américain afin de faire pression sur la société pour qu’elle lui permette de conserver ses contrats. Le procès décrit la déclaration de Ben & Jerry’s comme un « boycott de certaines parties d’Israël ».

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