Le Conseil juif néerlandais, lobby pro-occupation pour un groupe pro-palestinien
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Le Conseil juif néerlandais, lobby pro-occupation pour un groupe pro-palestinien

Après que le Conseil central juif l'a accusé de tolérer l'antisémitisme, le Forum des droits a prétendu que la définition largement acceptée du terme était « politisée »

Jan Keulen, directeur du groupe hollandais pro-palestinien du Forum des droits, en 2013 (Capture d'écran : YouTube)
Jan Keulen, directeur du groupe hollandais pro-palestinien du Forum des droits, en 2013 (Capture d'écran : YouTube)

AMSTERDAM, Pays-Bas – Le leader d’un important groupe pro-palestinien aux Pays-Bas a qualifié la principale organisation juive du pays de « lobby pro-occupation ».

Jan Keulen, directeur du Forum des droits – un groupe fondé par l’ancien Premier ministre Dries van Agt – a fait cette allégation samedi, en réaction à une plainte dans laquelle le Conseil central juif (CCJ) et un autre groupe accusaient le Forum des droits de permettre systématiquement la rhétorique antisémite sur sa page Facebook.

Dans une déclaration publiée samedi, Keulen a rejeté la plainte du 10 mai et a expliqué qu’elle entrait dans le cadre d’une « campagne de dénigrement politique » par le CCJ et par la division de la jeunesse du Centre d’information et de documentation sur Israël (CIDI), un organisme de surveillance de l’antisémitisme.

La plainte détaille des dizaines de commentaires antisémites publiés par au moins une dizaine d’utilisateurs et dont les textes n’ont pas été retirés pendant des mois et des années, même s’ils violaient la loi néerlandaise. Certains de ces commentaires ont été retirés suite à la plainte, tandis que d’autres demeurent.
 
Notant que le CCJ et le CIDI ont par le passé appelé les Pays-Bas à adopter la définition du terme « antisémitisme » de l’Alliance internationale du souvenir de l’Holocauste, Keulen a fait valoir que le « chat était sorti du sac », dénonçant les groupes juifs comme des « lobbys pro-occupation qui ne s’arrêteront pas tant que la définition de l’antisémitisme ne sera pas étirée et politisée ».

Les deux groupes n’ont pas mentionné la définition qu’ils faisaient du terme dans leur plainte à la police. Le CIDI est favorable à des concessions territoriales d’Israël afin d’éviter qu’il contrôle des populations ou des terres palestiniennes, qui selon lui devraient faire partie d’un Etat palestinien. Le CCJ considère que cette question dépasse son cadre.

Dries van Agt, ancien Premier ministre des Pays-Bas (Crédit : Heden en verleden in het Torentje/CC BY/WikiCommons)

Les militants pro-palestiniens s’opposent à leur définition, car ils incluraient la diabolisation d’Israël. Malgré les pressions exercées, l’agence de l’Union européenne pour la lutte contre le racisme en 2013 a abandonné cette définition. Mais elle a depuis été adoptée comme politique officielle par le Parlement européen, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Autriche, la Roumanie, la Bulgarie et la Lituanie, entre autres.

Certains des commentaires signalés par les groupes juifs ne faisaient pas référence à Israël.

Le 20 avril 2017, Peter de Jong a écrit sur la page Facebook du Forum des droits : « Pas si étrange que les Juifs ont été stigmatisés à travers les siècles comme des voleurs et des tricheurs. » Son commentaire a été retiré peu après le dépôt de la plainte.

Keulen a noté l’absence dans la plainte de matériel directement attribuable au personnel ou aux publications de son organisation, affirmant que cela illustrait sa position.

L’année dernière, le CCJ a accusé Dries van Agt, le fondateur du Forum des droits, d’avoir pour la première fois colporté une rhétorique antisémite.

Van Agt combat de telles accusations depuis les années 1970. En novembre, il aurait déclaré que le Parti travailliste néerlandais « était bon pour les Palestiniens, malgré le fort lobby juif » dans ses rangs. Il a également déclaré que les Juifs « auraient dû recevoir un morceau de terre » en Allemagne au lieu de la terre historique d’Israël.

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