Le « Coq aux amoureux », une étude à l’huile de Marc Chagall vendue 220 000 euros
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Le « Coq aux amoureux », une étude à l’huile de Marc Chagall vendue 220 000 euros

Il s’agissait d’un essai d’œuvre, celle définitive ayant été vendue en 1999 pour 1,5 million de dollars ; le travail de l'artiste est actuellement présenté à l’Atelier des Lumières

"Coq aux amoureux", étude, 1947-1950. (Crédit : Thierry-Lannon et Associés)
"Coq aux amoureux", étude, 1947-1950. (Crédit : Thierry-Lannon et Associés)

Une étude à l’huile, « Coq aux amoureux » de Marc Chagall, a été vendue pour 220 000 euros le 4 juillet dernier lors d’une vente aux enchères organisée à Brest par la maison Thierry-Lannon et Associés. L’acquéreur est un collectionneur américain.

L’huile sur toile, datée entre 1947 et 1950, était estimée entre 220 000 et 280 000 euros. Il s’agissait d’un essai d’œuvre, celle définitive ayant été vendue en 1999 chez Christie’s pour 1,5 million de dollars.

Marc Chagall était un peintre juif et un pionnier de l’art moderne franco-russe. Il est né en 1887 dans une famille juive hassidique de neuf enfants à Vitebsk, en Biélorussie. La figure du « juif errant », qui l’a tellement inspiré, peut résumer sa propre vie.

Il a quitté son « shtetl » russe à peine âgé de 20 ans pour Saint-Pétersbourg puis Paris, dès 1911. Mais il n’a cessé d’interpréter les figures de son village – ses parents, le barbier, le rabbin – tout au long de sa vie, empruntant les codes du cubisme ou du surréalisme, flirtant aussi avec l’abstraction, mais sans jamais s’enfermer dans un mouvement ni abandonner l’art figuratif.

Après trois années à Paris, il rentre en Russie en 1914 pour revoir sa famille. Mais la Première Guerre mondiale l’obligera à y rester plus longtemps que prévu. Il côtoie l’avant-garde soviétique, réalise des décors de théâtre, pour des pièces de Gogol notamment, avant de tomber en disgrâce et d’abandonner définitivement la Russie en 1922.

Son parcours le mène à Berlin, puis de nouveau à Paris, en 1923, où sa peinture est baignée d’une lumière nouvelle, notamment dans des gouaches des Fables de la Fontaine. Ses toiles s’assombrissent ensuite à nouveau lorsqu’il perçoit, dès la fin des années 20, les menaces pesant sur le peuple juif.

Exilé aux Etats-Unis à la fin de 1940 afin de fuir l’antisémitisme européen, il y réalise sa seule toile montrant un soldat portant une svastika sur sa manche.

Célébré dans le monde entier, Chagall, Français depuis 1937, s’installe à nouveau en France, dans le sud cette fois, de l’après-guerre à la fin de sa vie. Il est mort en 1985 à Saint-Paul-de-Vence, où il repose. Il était âgé de 98 ans.

Il a notamment réalisé les vitraux des cathédrales de Reims et Metz, de la synagogue de l’hôpital Hadassah de Jérusalem, ainsi que des fresques pour l’Opéra Garnier de Paris et des mosaïques pour le Parlement de Jérusalem.

Une exposition à l’Atelier des Lumières, à Paris, « Monet, Renoir… Chagall : Voyages en Méditerranée », présentera plusieurs de ses œuvres jusqu’au 3 janvier 2021.

Des vitraux de Marc Chagall, présentés à l’Atelier des Lumières de Paris. (Crédit : Atelier des Lumières)
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