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Le député Smotrich réclame un vote en urgence pour dissoudre la Knesset

Cet appel à convoquer le parlement en plein congé a lieu après le retrait temporaire de Raam de la coalition ; pour le député, "il n'y a pas moyen d'échapper à des élections"

Le chef du parti Sionisme religieux, le député Bezalel Smotrich, près de l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une réunion des partis d'opposition à la Knesset, le 28 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Sionisme religieux, le député Bezalel Smotrich, près de l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une réunion des partis d'opposition à la Knesset, le 28 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader du parti Sionisme religieux, Betzalel Smotrich, a envoyé une requête au président de la Knesset, Mickey Levy, dans la journée de lundi demandant l’organisation d’une séance plénière spéciale au lendemain de la fête de Pessah, la semaine prochaine, qui serait l’occasion d’un vote sur la dissolution du parlement et sur l’organisation de nouvelles élections.

La Knesset est actuellement en congé et ne devrait pas se réunir avant le 9 mai.

Le député d’extrême-droite de l’opposition a déposé sa demande après le retrait temporaire du parti islamiste Raam du gouvernement et du parlement, dimanche, ce qui laisse la coalition en difficulté et dorénavant en minorité à la Knesset.

« Comme vous le savez probablement très bien, après le retrait de vos partenaires du parti Raam de la coalition, le gouvernement et la coalition ne disposent plus d’une majorité », a écrit Smotrich à Levy.

« La situation actuelle dans laquelle se trouve le gouvernement – qui est devenu un gouvernement minoritaire, sans majorité à la Knesset – porte un fort préjudice à la démocratie et elle nuit également à la confiance publique », a-t-il continué.

Smotrich a ajouté qu’en raison de la situation actuelle, « il n’y a pas moyen d’échapper à une dissolution de la Knesset et à l’organisation d’élections », notant que plus de 61 députés au sein du parlement, fort de 120 sièges, n’étaient pas membres de la coalition.

Dimanche, le chef de Raam, Mansour Abbas, a annoncé le gel temporaire de son intégration au sein de la coalition en raison des pressions croissantes exercées sur le parti suite aux affrontements violents qui ont opposé la police israélienne et des fidèles musulmans sur le Mont du Temple, à Jérusalem.

Des sources de la coalition ont fait savoir à la Douzième chaîne, lundi soir, que si Smotrich parvenait à réunir les 61 signatures nécessaires appelant la Knesset à se réunir pendant le congé, la coalition ne chercherait pas à empêcher un débat sur la dissolution du parlement. Il est néanmoins difficile de dire si l’opposition parviendrait à rassembler les 61 votes nécessaires – au minimum – pour adopter une loi qui déterminerait la dissolution de la Knesset et l’organisation d’un nouveau scrutin alors que le bloc d’opposition loyal à l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu n’est constitué que de 51 membres et qu’il est douteux qu’une initiative de ce type soit soutenue par d’autres législateurs.

La composition de la Knesset après la défection d’Idit Silman. (Capture d’écran)

Après le tir d’une roquette vers le sud d’Israël depuis Gaza, Netanyahu a écrit sur Twitter que le pays avait « immédiatement » besoin « d’un gouvernement fort de droite qui ramènera le calme et la sécurité pour les citoyens d’Israël ».

La décision prise par Raam de se retirer de la coalition et du gouvernement est largement déclarative à ce stade précisément parce que le parlement est en congé – même si des sources de l’opposition ont dit la considérer comme une nouvelle opportunité donnée d’affaiblir l’alliance au pouvoir, d’encourager des défections et de renverser le gouvernement.

Selon des sources citées dimanche dans la presse israélienne, la mesure – qui durera deux semaines et qui a été coordonnée avec le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid – vise à soulager les pressions exercées sur le parti et à empêcher une rupture avec le gouvernement qui deviendrait permanente.

Le leader du parti Raam Mansour Abbas parle devant la CoP (Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations) à Jérusalem, le 22 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables de Raam semblent espérer que d’ici le 9 mai, date à laquelle le parlement se réunira à nouveau, la situation se sera apaisée.

Le gouvernement traverse actuellement une crise après la démission de la coalition de la députée Idit Silman, membre du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett. Ce départ a fait perdre à l’alliance au pouvoir sa mince majorité. La Knesset, forte de 120 membres, se trouve dorénavant dans l’impasse alors que coalition et opposition disposent chacune de 60 sièges.

Le parti du Likud, le plus important de l’opposition, tente depuis de convaincre un plus grand nombre de législateurs d’abandonner la coalition, nourrissant l’espoir de remplacer le gouvernement.

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