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Le directeur-général de Pfizer s’interroge sur la nécessité de la 4e dose

"C'est quelque chose qu'il faut examiner", dit Albert Bourla alors qu'Israël administre un nouveau rappel aux plus vulnérables

Le directeur-général de Pfizer Albert Bourla s'exprime sur un site de production de Pfizer à Portage, dans le Michigan, le 19 février 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)
Le directeur-général de Pfizer Albert Bourla s'exprime sur un site de production de Pfizer à Portage, dans le Michigan, le 19 février 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Le directeur-général de Pfizer a déclaré lundi qu’il était encore difficile d’affirmer qu’une quatrième dose du vaccin fabriqué par sa firme pharmaceutique était nécessaire, mais il a annoncé qu’une version spécialement adaptée au variant Omicron serait disponible d’ici mars.

Albert Bourla a déclaré à la CNBC que les éléments qui prouveraient qu’une quatrième dose apporterait une protection supplémentaire contre le coronavirus étaient encore insuffisants – bien qu’Israël ait commencé, il y a deux semaines, une campagne d’administration d’un nouveau rappel aux personnes âgées, aux Israéliens les plus vulnérables face à la maladie et aux employés du secteur de la santé.

« Je ne sais pas si une quatrième dose est nécessaire – c’est une question qui doit être examinée et je sais qu’Israël a déjà commencé cette expérimentation, et nous allons nous-mêmes en mener d’autres pour nous assurer que si c’est nécessaire, nous utiliserons une nouvelle fois le vaccin », a expliqué Bourla.

« Je ne pense pas qu’il faille faire quelque chose qui n’est pas nécessaire », a-t-il ajouté.

Des employés du secteur médical et des membres de leur famille reçoivent une quatrième dose de vaccin contre la COVID-19 à l’hôpital Hadassah de Jérusalem, le 6 janvier 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Avec l’émergence du variant Omicron du coronavirus, qui a montré sa capacité à franchir la barrière vaccinale, Israël a pris la décision d’administrer une quatrième dose – dans un premier temps aux personnes âgées de 60 ans et plus, aux employés du secteur médical et aux malades immunodéprimés.

La semaine dernière, le Premier ministre Naftali Bennett a indiqué que cette quatrième dose de vaccin Pfizer-BioNTech stimulait les anticorps de manière significative dans la semaine suivant l’injection, citant les données intermédiaires d’une étude israélienne sur le sujet dans le cadre d’une campagne de vaccination des employés d’un hôpital de l’État juif.

Depuis l’essai qui a eu lieu, fin décembre, à l’hôpital Sheba, aucune donnée n’a été transmise sur le maintien de ce niveau d’anticorps avec le temps, au-delà de la première semaine, ni sur la protection supplémentaire qui serait apportée par l’injection face à une éventuelle contamination au variant Omicron – ou sur de possibles complications.

L’essai clinique entrepris à Sheba – qui a commencé avec l’administration d’une quatrième dose à 150 employés – est beaucoup plus petit que les essais cliniques habituels de médicaments qui impliquent habituellement des milliers de volontaires dont l’état de santé est suivi pendant des mois. Mais il est aussi la seule étude connue sur les effets d’une quatrième dose, et l’État juif espère que ce nouveau rappel pourra empêcher les variants de surcharger les hôpitaux et de perturber le quotidien des Israéliens.

Le responsable en charge de la lutte contre le coronavirus, Salman Zarka, assiste à une conférence de presse sur le coronavirus, à Jérusalem, le 29 août 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Pour sa part, Salman Zarka, responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël, a admis qu’il n’y avait aujourd’hui que peu de connaissances sur la quatrième dose tout en recommandant vivement aux Israéliens qui y ont droit d’aller se la faire injecter.

Dimanche, plus d’un quart de millions de citoyens avaient reçu une quatrième dose de vaccin.

Le Chili a emboîté le pas à Israël, distribuant un nouveau rappel à partir de lundi. Le pays ne l’administrera qu’aux personnes immunodéprimées jusqu’au début du mois de février, avant de proposer l’injection à tous les citoyens âgés de 55 ans et plus.

Bourla n’a pas précisé si ses réserves sur l’administration d’une quatrième dose du vaccin actuel étaient entraînées par le développement, par la firme pharmaceutique, d’une injection adaptée à Omicron et qui, a-t-il déclaré, sera bientôt prête à être largement distribuée.

« Ce vaccin sera prêt au mois de mars, » a-t-il dit lors de son entretien avec la CNBC. « Nous avons déjà commencé certains stades de sa fabrication ».

Une infirmière prépare une dose de vaccin dans le cadre de la campagne de vaccination des enfants de 5 à 11 ans dans un centre de la Clalit à Safed, dans le nord du pays, le 29 novembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

« Notre espoir est que nous parvenions à fabriquer un vaccin qui assurera une protection bien, bien meilleure, particulièrement contre les infections – dans la mesure où la protection contre les hospitalisations et les formes graves est aujourd’hui raisonnablement bonne avec les vaccins actuels tant que vous vous êtes fait administrer une troisième dose », a-t-il ajouté.

Bourla avait annoncé au mois de novembre que Pfizer travaillait sur un vaccin contre Omicron qui, selon les études, échappe davantage à la protection vaccinale que les souches précédentes du coronavirus.

Pfizer a indiqué que son vaccin était « encore efficace » contre Omicron après les trois doses.

D’autres firmes pharmaceutiques ont, elles aussi, commencé à adapter leurs vaccins, alors que les études semblent montrer qu’ils sont moins efficaces contre le variant Omicron.

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