Israël en guerre - Jour 143

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Le fils du dernier shah d’Iran en Israël espère renouer les « liens anciens »

Reza Pahlavi participera aux commémorations de Yom HaShoah et rencontrera des responsables de l’industrie hydraulique israélienne ; espère un futur "accord de Cyrus"

Reza Pahlavi, le fils du défunt shah d'Iran, s'exprime au National Press Club sur les manifestations de masse en Iran déclenchées par la mort de Mahsa Amini, à Washington DC, le 20 octobre 2022. (Crédit : Oliver Douliery/AFP)
Reza Pahlavi, le fils du défunt shah d'Iran, s'exprime au National Press Club sur les manifestations de masse en Iran déclenchées par la mort de Mahsa Amini, à Washington DC, le 20 octobre 2022. (Crédit : Oliver Douliery/AFP)

Le fils du monarque iranien soutenu par l’Occident et destitué suite à la révolution islamique a annoncé dimanche son intention de se rendre en Israël cette semaine afin de restaurer le « lien ancestral » entre les deux nations.

Selon une publication de Reza Pahlavi sur son compte Twitter, le voyage se concentrera sur les technologies hydrauliques israéliennes et la commémoration de la Shoah.

Israël s’apprête à célébrer le Yom HaShoah lundi soir.

Israël et l’Iran ont maintenu des liens étroits, notamment en matière d’énergie et de sécurité, sous le règne du shah Mohammad Reza Pahlavi, renversé en 1979 par le soulèvement de religieux islamistes.

Les deux pays sont depuis devenus des ennemis acharnés, les dirigeants iraniens appelant régulièrement à la destruction de l’État juif et soutenant des groupes armés engagés dans cette voie.

Israël tente, de son côté, d’isoler l’Iran sur la scène internationale, s’efforce de contrer les efforts militaires et le programme nucléaire de l’Iran et a mené plusieurs attaques en Syrie et ailleurs contre des cibles liées à l’Iran.

La visite de Pahlavi prévoit des entretiens avec des représentants du gouvernement et un arrêt au mur Occidental à Jérusalem. Il visitera également une usine de dessalement et rencontrera des experts en eau et en agriculture, ainsi que des membres de la communauté Bahai à Haïfa. Il a indiqué qu’il prévoyait, pendant sa visite, de prononcer un discours « décrivant sa vision d’une démocratie iranienne », selon le communiqué.

Des manifestants iraniens brûlent une représentation du drapeau israélien lors de leur rassemblement à l’occasion de la Journée de Jérusalem, une manifestation annuelle de soutien aux Palestiniens, à Téhéran, en Iran, le 14 avril 2023. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

« Les peuples iranien et juif ont des liens anciens qui remontent à Cyrus le Grand et à la reine Esther », aurait déclaré Pahlavi, faisant respectivement référence au roi perse qui a permis aux Juifs de revenir d’exil à Sion au 6e siècle avant notre ère et à l’héroïne juive de l’histoire de Pourim.

« En tant qu’enfants de Cyrus, le peuple iranien aspire à avoir un gouvernement qui honore son héritage de défense des droits de l’homme et de respect de la diversité religieuse et culturelle, ce qui passe notamment par le rétablissement de relations pacifiques et amicales avec Israël et les autres voisins de l’Iran dans la région ».

Selon Pahlavi, des millions d’Iraniens « sont opposés à la politique génocidaire anti-israélienne et antisémite du régime » et il a exprimé l’espoir d’un éventuel rétablissement des relations diplomatiques.

Le sentiment général des Iraniens à l’égard d’Israël est difficile à évaluer, en raison du contrôle étroit exercé par le gouvernement sur la vie quotidienne. Les rassemblements anti-israéliens, comme ceux qui ont eu lieu vendredi en Iran à l’occasion de la Journée de Jérusalem, attirent régulièrement de grandes foules qui scandent des discours anti-israéliens, mais les autorités ont été accusées de forcer les gens à participer aux manifestations.

Un activiste tient une photo du Shah Mohammad Reza Pahlavi lors d’un rassemblement de soutien aux manifestants anti-gouvernementaux iraniens, à Strasbourg, dans l’est de la France, lundi 16 janvier 2023. (Crédit : Jean-Francois Badias/AP)

Par ailleurs, le pays est secoué par des manifestations anti-régime durant lesquelles la décision de Téhéran de financer des groupes terroristes opposés à Israël, alors que le pays est en proie à de graves difficultés économiques, a été dénoncée avec colère.

« Un Iran démocratique cherchera à rétablir les liens avec Israël et ses voisins arabes, peut-être dans le cadre d’un futur accord de Cyrus », a déclaré Pahlavi, dans une allusion aux accords d’Abraham, soutenus par les États-Unis, qui ont permis à Israël de normaliser ses relations diplomatiques avec plusieurs États arabes.

La ministre des Renseignements, Gila Gamliel, sera l’hôte de Pahlavi pendant son séjour en Israël.

Mme Gamliel, membre du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a salué la « décision courageuse » de Pahlavi d’effectuer ce qui serait, selon elle, sa première visite en Israël. « Le prince héritier incarne un leadership différent de celui du régime des ayatollahs, et prône des valeurs de paix et de tolérance, contrairement aux extrémistes qui gouvernent l’Iran », a-t-elle déclaré.

Le communiqué de Pahlavi précise que cette visite intervient alors que l’Iran poursuit le développement de son programme nucléaire et sur fond de manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, une jeune femme iranienne pendant qu’elle était détenue par la « police de la moralité » de la République islamique.

Pahlavi a salué les manifestations menées par les femmes et a prédit l’année dernière que le régime pourrait s’effondrer si elles se poursuivaient.

Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, lors d’un entretien avec l’AFP à Washington, le 3 août 2021. (Crédit : Nicholas Kamm / AFP)

Pahlavi a quitté l’Iran à l’âge de 17 ans pour poursuivre sa formation de pilote militaire aux États-Unis, juste avant que son père, Mohammad Reza Pahlavi, atteint d’un cancer, ne renonce au trône pour s’exiler.

Pahlavi, qui réside toujours aux États-Unis, a appelé à une révolution pacifique qui remplacerait le régime clérical par une monarchie parlementaire, garantirait les droits de l’homme et moderniserait l’économie gérée par l’État.

On ne sait pas s’il parviendra à rassembler suffisamment de soutiens pour revenir au pouvoir. Son père a régné avec faste mais aussi de manière répressive et a été soutenu par la CIA lors d’un coup d’État en 1953.

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