Le garde du corps de Rabin : « J’ai pointé une arme sur la tête de l’assassin, et j’ai choisi de ne pas le tuer »
Rechercher

Le garde du corps de Rabin : « J’ai pointé une arme sur la tête de l’assassin, et j’ai choisi de ne pas le tuer »

"J’y ai pensé. J’ai décidé de ne pas tirer", a déclaré A.H. dans le premier entretien sur les instants où il a maîtrisé Yigal Amir, trop tard pour arrêter l’assassinat

Scène sur la place des rois d'Israël le 4 novembre 1995 le soir du meurtre d'Yitzhak Rabin (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Scène sur la place des rois d'Israël le 4 novembre 1995 le soir du meurtre d'Yitzhak Rabin (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le garde du corps des services secrets assigné à Yitzhak Rabin la nuit où le Premier ministre a été assassiné il y a 20 ans s’est exprimé publiquement mercredi pour la première fois sur les instants où Yigal Amir a ouvert le feu, et sur sa propre décision de ne pas tuer Amir alors qu’il le maîtrisait.

Le garde du corps, interrogé dans une pièce sombre par la Deuxième Chaîne d’Israël et identifié seulement par les initiales A.H., était un ancien officier d’une unité de combat qui avait rejoint l’unité de protection des personnalités du Shin Bet six mois plus tôt.

Il avait reçu la mission de protéger Rabin juste avant le rassemblement fatidique du 4 novembre 1995 à Tel Aviv.

A.H. a décrit entendre le premier tir d’Amir, qui se trouvait immédiatement derrière le Premier ministre alors qu’il se rendait vers sa voiture après le rassemblement.

« J’ai regardé à ma gauche et j’ai vu l’homme qui a ensuite été identifié comme Yigal Amir se tenant avec sa main droite ouverte, et ensuite il y a eu un autre tir. J’ai vu le flash. Je lui ai sauté dessus ».

A.H. a frappé Amir sur la main tenant le pistolet, et ensuite « avec ma main gauche, je l’ai saisi. J’ai enroulé mon bras autour de son cou. Je lui ai mis des coups de poings dans le visage. J’ai sorti une arme et je l’ai pointée sur sa tête. J’y ai pensé. J’ai décidé de ne pas tirer ».

La Deuxième chaîne a déclaré que A.H était très ému lors de l’entretien, le premier qu’il a donné au sujet des événements.

La Chaîne a noté que la Commission Shamgar qui avait enquêté sur l’assassinat avait trouvé que sa conduite avait été sans erreur.

A.H. a déclaré que l’assassinat est constamment dans ses pensées. « Cela me suivra jusqu’à la fin de ma vie… je crois que mon dernier jour, j’y penserai ».

A.H. n’était pas le seul garde de corps chargé de protéger le Premier ministre cette nuit là. Un autre membre de l’équipe, Yoram Rubin, a été légèrement blessé par un troisième tir d’Amir.

Mercredi, la Deuxième Chaîne a seulement montré un extrait de l’entretien. La version complète sera diffusée vendredi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...