Le Hamas affirme avoir retrouvé le corps du soldat Hadar Goldin, tué et enlevé en 2014
Pas de date communiquée pour la restitution du corps ; en échange, le Hamas exigerait un passage sûr pour les terroristes bloqués à Rafah
Un responsable du Hamas a déclaré samedi que le groupe terroriste palestinien avait retrouvé la dépouille du lieutenant Hadar Goldin, un soldat de l’armée israélienne qui avait été tué et enlevé par le Hamas pendant la guerre de Gaza en 2014.
Un haut responsable des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, a déclaré à la chaîne qatarie Al-Jazeera que le corps sans vie de Hadar avait été retrouvé dans une zone contrôlée par Tsahal au sud de Rafah, dans la bande de Gaza. La source a ajouté que les corps sans vie de six « martyrs » – des terroristes du Hamas – avaient également été récupérés.
Dans une vidéo diffusée par le Hamas, des terroristes apposent le nom « Hadar Goldin » sur un sac mortuaire extrait du sol.
Le groupe terroriste n’a pas encore annoncé son intention de restituer la dépouille à Israël, qu’il détient depuis 4 117 jours.
À la suite de cette annonce, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’est rendu au domicile de Leah et Simcha Goldin. La famille a déclaré dans un communiqué qu’elle attendait la confirmation officielle du retour du corps sans vie de leur fils en Israël.
Ils ont indiqué que le chef de l’armée était venu les informer « des efforts considérables déployés pour libérer les otages ».
« Nous saluons toutes les personnes impliquées dans cette mission nationale, » ont-ils dit.
« Tout un pays attend le retour de Hadar parmi nous. C’est une mission qui doit et qui peut être accomplie pour nous tous », a ajouté la famille Goldin.
« Nous attendons la confirmation officielle du retour de Hadar en Israël. Nous n’abandonnons jamais personne dans ce pays. Nous demandons à tout le monde de rester calme. Tant que ce n’est pas certain, ce n’est pas fini. »
Dans un communiqué, Tsahal a déclaré que Zamir avait rendu visite à la famille pour leur communiquer les informations dont l’armée disposait actuellement concernant la dépouille de Hadar.
« Le chef d’état-major a réitéré son engagement personnel et celui de Tsahal à ramener Hadar et tous les otages morts, et il a souligné l’importance de faire preuve de retenue en cette période délicate, jusqu’à son arrivée et à l’issue des contrôles et vérifications nécessaires », a déclaré l’armée.
Une source proche des services de sécurité, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré au site d’information Ynet qu’il semblait de plus en plus probable en Israël que le corps sans vie soit bien celui de Hadar – mais il a précisé que des détails supplémentaires étaient encore nécessaires. Il est très peu probable qu’Israël se prononce de manière définitive sur l’identité de la dépouille avant de l’avoir reçue pour procéder à des analyses médico-légales.
Dans le cadre d’un accord plus large
Selon un reportage diffusé sur la chaîne N12, le retour de Hadar pourrait être plus compliqué que celui des autres otages, car le Hamas lierait cette question à l’accord donné par Israël de laisser partir en toute sécurité et en échange 100 à 200 terroristes du Hamas qui sont actuellement retranchés dans un tunnel sous Rafah, dans la zone contrôlée par Israël. Cette question fait l’objet de débats depuis plusieurs jours.
Les États-Unis exercent apparemment des pressions sur Israël pour qu’il autorise le passage en toute sécurité des terroristes bloqués afin de permettre le retour de Hadar. Selon un plan de la Maison Blanche qui a été rapporté par la chaîne N12, une fois son corps restitué, les terroristes se rendront et ils déposeront les armes ; Israël leur accordera alors son « pardon », puis ils partiront en exil ou rejoindront la partie de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Le tunnel dans lequel ils se cachent sera détruit, a ajouté la chaîne.
Selon ce reportage, les principaux conseillers de la Maison Blanche, Steve Witkoff et Jared Kushner, pourraient se rendre en Israël cette semaine pour finaliser l’accord. Selon un responsable américain, la résolution de cette affaire conformément aux dispositions de la proposition américaine servirait de modèle pour le désarmement pacifique du Hamas.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait précédemment indiqué qu’il n’avait pas l’intention de conclure un accord concernant les terroristes armés retranchés. Dans une déclaration publiée lundi et attribuée à un « responsable israélien » – ce qui est souvent un euphémisme pour désigner le bureau de Netanyahu – il avaitdéclaré que le Premier ministre « n’autorisait pas le passage en toute sécurité de 200 terroristes du Hamas ».
L’annonce de la découverte des restes de Goldin est intervenue quelques heures après que le journal saoudien Al-Hadath a rapporté que des terroristes du Hamas et des véhicules de la Croix-Rouge se dirigeaient vers le quartier de Jenina, à Rafah, pour rechercher le corps de l’un des cinq otages morts qui se trouvaient encore à Gaza.
En début de semaine, les responsables de la Défense avaient déclaré que la dépouille de Hadar se trouvait dans la région, même si l’armée israélienne a nié disposer d’informations indiquant qu’il était détenu avec les terroristes armés retranchés. Le reportage diffusé lundi sur la chaîne N12 a indiqué qu’il ne semblait effectivement pas en être le cas.
Hadar Goldin, tué lors d’une violation du cessez-le-feu de 2014 par le Hamas
Hadar Goldin, un soldat de la brigade Givati, a été tué et enlevé pendant l’Opération « Bordure protectrice », également connue sous le nom de guerre de Gaza de 2014.
À 9 h 05, le 1ᵉʳ août 2014, soit un peu plus d’une heure après le début d’un cessez-le-feu humanitaire de 72 heures dans la guerre qui a été négocié par les Nations unies et les États-Unis, des terroristes du Hamas sont sortis d’un tunnel situé dans le sud-est de Rafah et ont attaqué les troupes de l’unité de reconnaissance de la brigade Givati, tuant trois soldats, dont Hadar. Son corps a été traîné par des terroristes dans leur tunnel.
Le lendemain, Tsahal a annoncé que Hadar avait été tué au combat avant d’être enlevé. Il a été promu à titre posthume au grade de lieutenant.
Quelques jours auparavant, le Hamas avait tué et enlevé le corps du sergent-chef Oron Shaul. Quelques mois plus tard, le groupe terroriste capturait deux civils israéliens souffrant de troubles mentaux qui étaient entrés à Gaza alors qu’ils étaient en détresse, lors de deux incidents distincts : Avera Mengistu et Hisham al-Sayed.
Pendant près d’une décennie, jusqu’au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ces quatre Israéliens – deux soldats morts et deux civils vivants – étaient les seuls otages israéliens détenus par le Hamas. Leur sort ainsi que les efforts déployés par leurs familles pour les ramener chez eux n’ont souvent pas suscité beaucoup d’attention de la part de la population ni d’actions de la part du gouvernement.
Au fil des ans, diverses discussions indirectes ont eu lieu, souvent par l’intermédiaire de l’Égypte, mais elles n’ont abouti à aucun résultat, car le Hamas aurait exigé la libération massive de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, en échange de ces quatre hommes, et Israël aurait refusé.
Les parents de Hadar et de son frère jumeau Tzur ont été à l’avant-garde de la lutte pour la libération des otages. Tzur a créé la Fondation Goldin pour militer en faveur de leur retour.
Un fondement pour la lutte des familles du 7-Octobre
Après le 7-Octobre, la fondation est devenue la base du Forum des familles des otages et disparus, l’organisation ad hoc qui représentait les familles des 251 otages capturés lors de l’assaut barbare et sanglant du Hamas. La famille Goldin est très active au sein de ce forum depuis lors.
Le processus de recensement des familles des otages du 7-Octobre n’a toutefois pas été simple. En juillet, Leah Goldin avait déclaré au Times of Israel que Tsahal avait initialement refusé d’inclure son fils et Oron Shaul sur la liste des personnes enlevées, affirmant qu’il s’agissait « d’un cas à part ».
« Pour nous, c’était pire que le 7-Octobre. Et nous ne l’avons pas accepté », avait-elle déclaré.
Finalement, après d’intenses pressions, notamment auprès de l’ancien chef de Tsahal et alors membre du cabinet Gadi Eisenkot, ainsi que du ministre de la Défense de l’époque Yoav Gallant, la décision a été annulée.
Le refus initial d’inclure les deux hommes n’était pas la première fois que la famille Goldin devait se battre pour que son fils reste à l’ordre du jour dans le pays.
La famille a notamment critiqué le Premier ministre, l’accusant de ne pas en faire assez ou de ne pas se montrer suffisamment préoccupé par leur sort.
En 2019, Simcha Goldin, le père de Hadar, avait organisé une manifestation devant la Knesset avec un coq gonflable de 10 mètres de haut, afin d’exiger que le gouvernement adopte une position beaucoup plus dure contre le groupe terroriste palestinien du Hamas. Il affirmait qu’il fallait « changer l’équation selon laquelle le Hamas kidnappe des soldats et les utilise comme un atout ».
Il avait déclaré qu’Israël devait plutôt « évoluer vers une situation où l’enlèvement de soldats constituerait un fardeau pour le Hamas, un fardeau qui aurait un coût politique et économique élevé. La paix en échange de la paix. Des gestes humanitaires en échange de gestes humanitaires ».
Il avait également critiqué Benny Gantz, le chef du parti Kakhol Lavan, qui était chef d’état-major de Tsahal lorsque Hadar a été tué et enlevé.
En 2020, lors d’une cérémonie marquant les six ans de la guerre de Gaza de 2014, il avait expliqué à Gantz que la famille voulait « des actes, pas des paroles », en réponse à l’insistance de ce dernier qui affirmait que le gouvernement faisait « tout ce qui était en son pouvoir et plus encore » pour ramener Hadar.
« Ce ne sont que des mots », lui avait répondu Simcha.
« Vous avez dit la même chose l’année dernière et toutes les années précédentes. Nous demandons des actes, pas des paroles. »
L’insistance de la famille Goldin sur le fait que le gouvernement n’en faisait pas assez semblait avoir été validée par le contrôleur d’État Matanyahu Englman, dont le bureau avait publié en janvier 2023 un rapport révélant que la description de poste du négociateur en chef israélien chargé de négocier la libération des otages du Hamas n’avait jamais été officiellement établie.
Il avait constaté que les négociateurs avaient travaillé pendant des années sans que le cabinet du Premier ministre n’établisse jamais les responsabilités, l’autorité ou tout autre cadre détaillé de leur rôle.
Au moment de la rédaction de ce rapport, le poste d’envoyé spécial pour les otages au sein du bureau du Premier ministre était vacant, Yaron Blum ayant quitté ses fonctions en octobre 2022. Ce n’est qu’après le 7 octobre 2023 que Netanyahu a nommé Gal Hirsch à ce poste et en a considérablement élargi son champ d’action.







