Israël en guerre - Jour 233

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Le Hamas inflexible sur l’offre rejetée sur les otages ; pourparlers suspendus au Caire

Le groupe terroriste dit que la balle est dans le camp des « occupants », insiste qu'il ne fera aucune concession ; l'Égypte dit que les 2 parties doivent se montrer plus souples

Des manifestants réclament la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 9 mai 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des manifestants réclament la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 9 mai 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les négociations indirectes entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas sur un accord visant à mettre fin aux combats dans la bande de Gaza et à libérer les otages enlevés le 7 octobre semblent avoir été interrompues sans progrès perceptible ; le groupe terroriste ayant indiqué qu’il n’avait aucunement l’intention de revoir sa proposition, qui a déjà été rejetée par Israël.

L’Egypte a appelé le Hamas et Israël à faire preuve de « flexibilité » afin de parvenir « dans les plus brefs délais » à une trêve dans les combats à Gaza associée à la libération d’otages, selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères.

Izzat El-Risheq, membre du bureau politique du Hamas au Qatar, a déclaré jeudi que la délégation du Hamas avait quitté Le Caire pour Doha, au Qatar, où se trouve son siège, après avoir déclaré qu’elle maintenait les conditions avancées lundi.

Un haut responsable israélien a indiqué que l’équipe israélienne avait également quitté les lieux après avoir remis aux médiateurs une liste de ses réserves concernant la proposition du Hamas.

Le Hamas avait donné son feu vert lundi à une proposition présentée par les médiateurs qui comprend, selon le groupe terroriste, une trêve en trois phases, chacune d’une durée de 42 jours, incluant un retrait israélien du territoire ainsi qu’un échange d’otages retenus à Gaza et de Palestiniens détenus par Israël, dans le but d’un « cessez-le-feu permanent ».

Israël a répondu que cette proposition était « loin de ses exigences » et répété son opposition à un cessez-le-feu définitif tant que le Hamas ne serait pas vaincu, mais a tout de même dépêché une délégation au Caire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait indiqué avoir donné pour consigne à sa délégation au Caire de « continuer à se montrer ferme sur les conditions nécessaires à la libération » des otages et « essentielles » à la sécurité d’Israël.

Dans un message adressé aux autres factions palestiniennes et publié vendredi par la chaîne de télévision al-Aqsa, le Hamas a déclaré que les pourparlers avaient pris fin après le « rejet par Israël de la proposition soumise par les médiateurs et les objections qu’il a soulevées ».

Le Hamas a décidé de s’en tenir aux termes de la proposition qu’il a soumise lundi, rejetant toute possibilité de concession de sa part.

« La délégation de négociation a quitté le Caire en direction de Doha. L’occupation a rejeté la proposition soumise par les médiateurs que nous avions acceptée. En conséquence, la balle est désormais entièrement dans le camp de l’occupation », nom donné à Israël par le mouvement islamiste, a indiqué le Hamas dans une lettre envoyée à d’autres factions palestiniennes.

La date de reprise des négociations n’a pas été précisée. CNN a rapporté que les responsables américains ont décrit l’interruption comme une « pause » alors que les opérations militaires à Rafah se sont intensifiées.

La sœur de l’otage israélienne Shiri Bibas lors d’une manifestation appelant à la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza devant la base Hakirya à Tel Aviv, le 6 mai 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

L’opération de Tsahal à Rafah s’est jusqu’à présent limitée à la périphérie est de la ville et au poste frontière avec l’Égypte. L’armée a indiqué vendredi que la 401e brigade blindée avait éliminé de nombreux terroristes armés dans des combats rapprochés près du poste frontière, et que la brigade Givati avait localisé des entrées de tunnel dans la partie est de la ville.

Par ailleurs, deux roquettes ont été lancées vendredi depuis la région de Rafah sur la zone de Kerem Shalom en Israël. Toutes deux ont été interceptées par le système de défense aérienne du Dôme de fer.

Les détails de la proposition que le Hamas a annoncé avoir acceptée lundi (texte arabe ici) diffèrent à bien des égards des termes rapportés dans ce qui avait été salué par les États-Unis  comme une offre israélienne « extrêmement généreuse ».

Voici quelques-unes des différences : La proposition du Hamas prévoit la libération de 33 otages israéliens, vivants ou morts, alors que le texte israélien exige la libération de 33 otages vivants ; la proposition du Hamas supprime le droit de veto demandé par Israël concernant la libération de certains prisonniers sécuritaires palestiniens, et augmente le nombre de prisonniers sécuritaires palestiniens à relâcher ; la proposition du Hamas prévoit la libre circulation des habitants de Gaza vers le nord de la bande de Gaza, sans les contrôles de sécurité exigés par Israël pour empêcher les terroristes du Hamas de retourner vers le nord.

Des personnes passant devant des photos de personnes toujours retenues en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 1er mai 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La proposition du Hamas modifie également l’échéancier de libérations d’otages au cours des différentes phases, ainsi que certaines spécificités du retrait des troupes israéliennes. Elle exige également la libération de tous les prisonniers sécuritaires palestiniens libérés dans le cadre de l’accord Shalit de 2011 et qui ont été à nouveau appréhendés depuis lors.

Fait significatif, le Hamas a indiqué lundi soir qu’il estimait avoir accepté les conditions d’une fin des hostilités, alors que le texte soutenu par Israël et la réponse du Hamas font tous deux référence au rétablissement d’un « calme durable ». Dans un paragraphe introductif, le texte du Hamas indique que « l’accord-cadre vise à […] un retour à un calme durable de manière à parvenir à un cessez-le-feu permanent ».

Israël a toujours maintenu qu’il n’accepterait pas d’accord impliquant un cessez-le-feu permanent et qu’il reprendrait sa campagne militaire au terme de toute trêve conclue entre les parties pour les otages afin d’atteindre ses deux objectifs de guerre : la libération des otages et la destruction des capacités militaires et de gouvernance du Hamas.

Des Palestiniens transportent leurs meubles dans des camions et fuient l’est de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mai 2024. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Selon CNN, le Hamas a dressé lundi un nouvel obstacle majeur aux négociations en exigeant qu’Israël accepte d’emblée une trêve de 12 semaines, au lieu des six semaines prévues dans le cadre initial.

Lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukri a souligné « l’importance d’exhorter les parties à faire preuve de flexibilité et à déployer tous les efforts nécessaires pour parvenir à un accord de trêve et ainsi mettre fin à la tragédie humanitaire » à Gaza, a indiqué le ministère.

L’Egypte estime que les négociations au Caire, qui n’ont pas réussi cette semaine à aboutir à un accord de trêve, sont actuellement dans « une phase délicate » alors que les délégation du Hamas et d’Israël ont quitté la capitale égyptienne, souligne le communiqué.

Des troupes de Tsahal opèrent dans la bande de Gaza, dans une photo publiée le 10 mai 2024. (Crédit : armée israélienne)

Le Caire craint également que « les dangers » d’une opération israélienne à Rafah, ville gazaouie située à sa frontière, menace la « stabilité et la sécurité » de la région, poursuit la diplomatie égyptienne.

Lors de cet échange, Antony Blinken a réaffirmé l’opposition des Etats-Unis à « une opération militaire majeure à Rafah » et à « tout déplacement forcé des Palestiniens de Gaza », a déclaré son porte-parole, Matthew Miller.

Plus d’un million de Palestiniens seraient réfugiés à Rafah, bien qu’Israël insiste sur le fait que son objectif d’éliminer le Hamas ne peut être atteint sans s’attaquer à la ville et aux quatre bataillons du Hamas qui se maintiendraient à l’intérieur et à l’extérieur de la ville.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 252 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Un homme regarde une épaisse fumée noire s’élever de l’incendie d’un bâtiment à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 10 mai 2024. (Crédit : AFP)

On estime que 128 des 252 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre se trouvent toujours à Gaza, mais certains ne sont plus en vie. 105 civils ont été libérés au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre, et quatre otages ont été remis en liberté avant la trêve. Trois otages, dont une soldate, ont été secourus vivants par les forces israéliennes, et les corps de 12 otages ont également été récupérés, dont trois ont été tués par erreur par l’armée lors d’un incident tragique en décembre.

L’armée israélienne a confirmé la mort de 36 des personnes toujours détenues par le Hamas et ses complices, tuées le 7 octobre ou en captivité, sur la base de nouvelles informations et des découvertes obtenues par les troupes opérant à Gaza. Une personne personne est portée disparue depuis le 7 octobre.

Le Hamas détient par ailleurs les corps des soldats de Tsahal Oron Shaul et Hadar Goldin depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont tous deux censés être en vie après être entrés dans la bande de Gaza de leur propre chef en 2014 et 2015 respectivement.

L’offensive israélienne contre le Hamas a tué plus de 34 000 personnes à Gaza, selon le Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 13 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre et dans les jours qui ont suivi l’assaut.

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