Le Hamas menace d’envoyer 5 000 cerfs-volants et ballons à la frontière vendredi
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Le Hamas menace d’envoyer 5 000 cerfs-volants et ballons à la frontière vendredi

Le groupe terroriste se prépare à de nouvelles émeutes sur la frontière avec Gaza et a averti les communautés israéliennes qu'elles vivront "sous un siège de cerfs-volants"

Image d'illustration d'un cerf-volant transportant un cocktail molotov sur le point d'être lancé lors d'affrontements sur la frontière entre Israël et Gaza à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 avril 2018 (Crédit :  Abed Rahim Khatib/Flash90)
Image d'illustration d'un cerf-volant transportant un cocktail molotov sur le point d'être lancé lors d'affrontements sur la frontière entre Israël et Gaza à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 avril 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le Hamas a menacé jeudi d’envoyer 5 000 cerfs-volants et ballons dans le territoire israélien vendredi, lorsque la frontière avec Gaza accueillera une nouvelle manifestation hebdomadaire massive organisée dans le cadre de la « marche du retour », ont fait savoir les médias palestiniens et israéliens.

Le groupe terroriste palestinien, dirigeant de facto de la bande de Gaza, a expliqué lors d’une conférence de presse que les dispositifs explosifs seront lancés depuis des endroits variés de Gaza pendant le mouvement de protestation qui marquera également la fête musulmane de l’Aïd al-Fitr.

« L’unité des cerfs-volants » du Hamas a déclaré que « si Jérusalem n’utilise pas l’opportunité que nous lui donnons » [de mettre un terme au siège de Gaza], les communautés israéliennes situées à proximité de l’enclave « vivront sous un siège de cerfs-volants » qui, a-t-il affirmé, pourront entrer jusqu’à 40 kilomètres à l’intérieur de l’Etat juif.

Ces propos ont semblé faire référence à des pourparlers indirects présumés entre Israël et le Hamas concernant un cessez-le-feu à long-terme en échange d’une fin du blocus sur Gaza, qu’Israël maintient pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de la bande de se constituer un arsenal militaire.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de la bande de Gaza ont lancé des centaines de cerfs-volants et de ballons gonflés à l’hélium lestés des matériaux combustibles et occasionnellement d’explosifs en direction de l’Etat juif, à l’origine d’incendies presque quotidiens.

Les pompiers éteignent un feu dans un champ de blé qui avait été allumé par des cerfs-volants incendiaires depuis la bande de Gaza en Israël, le 30 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’usage simultané de 5 000 ballons et cerfs-volants serait un défi majeur pour l’armée qui a lutté pour trouver une solution pour neutraliser la menace. Aux côtés des drones utilisés pour intercepter les dispositifs dans le ciel, les militaires ont également commencé à lancer des tirs d’avertissement à Gaza lorsque des personnes ont été aperçues tentant de lancer des cerfs-volants et des ballons.

Jeudi également, l’armée israélienne a fait savoir qu’elle avait lancé des tirs d’avertissement vers un groupe de Palestiniens qui se préparait à lancer un ballon d’hélium incendiaire vers Israël.

C’est la deuxième fois en moins de 24 heures que l’Etat juif a tiré vers des Gazaouis qui s’efforçaient d’allumer des feux en Israël au moyen de dispositifs incendiaires aéroportés. Il n’y a pas eu d’informations faisant état de blessés lors de ces frappes.

Selon l’agence de presse affiliée au Hamas Shehab, les tirs de missiles d’avertissement ont été lancés par un drone vers les lanceurs qui opéraient à l’est de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, à proximité de la barrière de sécurité.

Une séquence vidéo publiée sur les réseaux sociaux a montré la frappe israélienne depuis la terre. Une forte explosion a pu être entendue alors que le missile frappait une structure en béton de la zone, créant un nuage de poussière et de fumée.

Après le tir d’avertissement, un certain nombre de coups de feu ont pu être entendus, apparemment de la part de Palestiniens ayant pris le drone pour cible.

Peu de temps après, un ballon proche de la bande de Gaza a atterri sur une clôture sur le campus de l’université Sapir, à Sdérot, obligeant les autorités à fermer temporairement la zone, a indiqué un porte-parole du conseil régional.

Un sapeur-minier a déterminé que le ballon ne transportait qu’un petit sac rempli de matériel combustible et non un dispositif explosif, a déterminé un responsable du gouvernement. Le périmètre autour de la clôture a alors été rouvert.

Un sapeur de la police inspecte un « ballon incendiaire » de la bande de Gaza qui a atterri sur une clôture aux abords du Sapir College dans la ville du sud israélien de Sdérot le 14 juin 2018 (Crédit : Oshri Tzimmer)

Cette méthode des tirs d’avertissement lancés par des drones semble être une nouvelle tactique adoptée par les militaires pour contrer la menace représentée par les cerfs-volants et les ballons, qui ont été à l’origine d’incendies ayant dévasté des terres agricoles, des forêts et des réserves naturelles dans les régions autour de la bande de Gaza, selon les responsables israéliens.

Un militaire tient son drone et sa commande à distance le 7 juin 2018 dans un champ brûlé par des « cerfs-volants incendiaires » de la bande de Gaza (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Les militaires ont cherché à contrer ces cerfs-volants et ces ballons avec des équipes de soldats faisant fonctionner des drones. Les responsables de l’Etat juif ont indiqué que le programme de drones était une réussite, mais qu’il n’offrait néanmoins pas une solution parfaite.

L’Autorité fiscale a estimé que les dégâts commis jusqu’à présent s’élevaient à plus de 5 millions de shekels.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proposé de retenir des revenus fiscaux de l’Autorité palestinienne pour financer la réparation des dégâts causés, mais les certains se montrés sceptiques face à cette démarchen étant donné que les cerfs-volants et les ballons sont lancés depuis Gaza où l’AP n’a qu’un contrôle limité.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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