Le Hamas s’entraînait en pleine vue des soldats à la frontière de Gaza, le 3 octobre
Le père d'un soldat décédé dit que son fils avait vu des dizaines de terroristes s'entraîner avec jeeps et fusils d'assaut près de la frontière : "Les signes étaient clairs"
Quatre jours avant l’attaque brutale du groupe terroriste contre le sud d’Israël le 7 octobre, des escouades de terroristes du Hamas étaient en train de s’entraîner sous les yeux des postes d’observation et des caméras de surveillance de l’armée israélienne le long de la frontière, selon un reportage télévisé diffusé mercredi soir.
Nissan Lisha, le père du caporal Dvir Lisha, 21 ans, un soldat Golani qui a été tué alors qu’il combattait les terroristes dans le sud le 7 octobre, a déclaré à la Douzième chaîne que son fils lui avait parlé des exercices du Hamas le 3 octobre, dans le groupe WhatsApp de la famille.
« Si quelqu’un cherche une activité divertissante pendant Souccot, il est le bienvenu à la frontière de Gaza – le Hamas est en train de faire une démonstration stupéfiante de ses capacités militaires », a écrit le soldat dans un message adressé à sa famille. Il a également partagé une capture d’écran d’une vidéo de sécurité de la frontière de Gaza montrant une vingtaine de terroristes du Hamas se tenant en formation autour d’une jeep, fusils d’assaut armés à un angle de 45 degrés, et tirant sur ordre.
Le père en deuil a dit que son fils avait vu les exercices depuis la base d’entraînement de Tsahal à Zikim, à moins de cinq kilomètres de la frontière de Gaza, l’une des bases qui a été infiltrée par les terroristes du Hamas le 7 octobre. Il a souligné que ce que son fils avait observé ne relevait pas du « renseignement », mais plutôt d’images de surveillance régulières provenant de caméras placées le long de la « clôture intelligente », également connue sous le nom de « mur de fer« . Cette barrière fortifiée de 65 kilomètres, qui a coûté 3,5 milliards de shekels et dont la construction a duré plus de trois ans, était censée éliminer la menace d’attaques transfrontalières par des tunnels depuis l’enclave palestinienne.
« Les signes étaient clairs », a-t-il déclaré lors de l’interview accordée à la Douzième chaîne.
Les messages sur le groupe de la famille Lisha ont été envoyés quatre jours seulement avant que 3 000 terroristes du Hamas ne déferlent sur Israël par terre, par air et par mer, tuant près de 1 200 personnes et prenant plus de 240 otages de tous âges sous le couvert d’un déluge de milliers de roquettes tirées sur les villes et communautés israéliennes. La grande majorité des personnes tuées lorsque les terroristes ont pris d’assaut les communautés frontalières étaient des civils, y compris des bébés, des enfants et des personnes âgées. Des familles entières ont été exécutées dans leurs maisons et plus de 360 personnes ont été massacrées lors d’un festival en plein air, souvent au moyen de sevices effroyables perpétrés par les terroristes.
Selon Lisha, les soldats qui ont suivi les simulations à la frontière de Gaza ont pu, comme son fils, y voir des avertissements. Son fils avait estimé « qu’en cas d’infiltration, il y aurait plus d’un millier de victimes ».
« Il n’a pas prédit [les massacres du 7 octobre], mais il était clair pour lui que cela se produirait, parce qu’ils étaient vraiment très près de la frontière et qu’ils étaient en train de s’entraîner », a déclaré Lisha à la Douzième chaîne. « C’était évident. »
La mère d’un autre soldat d’observation qui a été tué en combattant des terroristes le 7 octobre a déclaré que son fils, le sergent-chef Neta Bar Am, 21 ans, de la 414e unité du Corps de défense des frontières, avait affirmé que la barrière frontalière de Gaza était impénétrable.
« Il disait : ‘On voit chacune des mouches sur le mur' », a raconté Nirit Bar-am à la Douzième chaîne, ajoutant toutefois que lui aussi savait que quelque chose se préparait. À un moment donné, il m’a envoyé un message où il a écrit : « À la fin, il y aura une guerre ici ».
Ces témoignages s’ajoutent à une multitude de vidéos et de rapports qui ont déjà révélé que Tsahal disposait de renseignements détaillés sur les plans d’attaque du Hamas dans les semaines, les mois et les années précédant les massacres du 7 octobre. Ces renseignements ont été largement ignorés par les responsables, qui n’y ont vu que de l’esbroufe, et des responsables haut placés ont ignoré ou rejeté les avertissements lancés par des soldats de rang inférieur, l’armée a détourné son attention de Gaza et les indications de dernière minute sur l’imminence d’une attaque n’ont pas été suivies par des mesures d’urgence.