Le Liban fait appel à l’ONU pour fixer sa frontière maritime avec Israël
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Le Liban fait appel à l’ONU pour fixer sa frontière maritime avec Israël

Beyrouth affirme que la tentative de Jérusalem de légiférer sur une zone de la Méditerranée qui pourrait être riche en pétrole et en gaz est une “déclaration de guerre”

Les bouées marquant la frontière maritime entre Israël et le Liban sur la mer Méditerranée. (Crédit : Chadica/CC-BY/Flickr)
Les bouées marquant la frontière maritime entre Israël et le Liban sur la mer Méditerranée. (Crédit : Chadica/CC-BY/Flickr)

Le Liban a demandé aux Nations unies d’intervenir après des mesures israéliennes pour officialiser une frontière maritime entre les deux pays qui donne à l’Etat juif les droits sur une zone potentiellement lucrative.

Nabih Berri, le président du Parlement libanais, a affirmé que la décision d’Israël de proposer un projet de loi sur les zones maritimes était une « nouvelle attaque contre la souveraineté du Liban », qui équivalait à une « déclaration de guerre ».

« La récente décision prise par Israël sur les eaux territoriales est égale à une déclaration de guerre contre le Liban », a-t-il déclaré la semaine dernière aux médias libanais.

« Cela sera le conflit des Fermes de Chebaa sur la mer, qui ouvrira une situation comptant de nombreuses possibilités dangereuses », a-t-il prévenu, en faisant référence à une zone terrestre disputée entre Israël et le Liban sur le plateau du Golan.

Le président français François Hollande, à gauche, pendant une conférence de presse commune avec le président du parlement libanais Nabih Berri, après leur rencontre à Beyrouth, le 16 avril 2016. (Crédit : Anwar Amro/AFP)
Le président français François Hollande, à gauche, pendant une conférence de presse commune avec le président du parlement libanais Nabih Berri, après leur rencontre à Beyrouth, le 16 avril 2016. (Crédit : Anwar Amro/AFP)

Israël étudie un projet de loi qui vise à définir les parties de la mer Méditerranée sur lesquelles il jouit de droits exclusifs sur les ressources naturelles, comme le pétrole et le gaz, a annoncé ce mois-ci le quotidien Yedioth Ahronoth.

Cette décision serait apparemment une réponse à la récente publication d’un appel d’offre libanais pour explorer la même zone disputée.

Israël et le Liban n’ont pas signé d’accord de paix, et sont techniquement toujours en guerre.

Les tentatives des Nations unies et des Etats-Unis pour parvenir à fixer la frontière maritime n’ont jamais abouti.

Le droit international appelle les pays voisins se trouvant dans une telle situation à conclure un accord sur leurs frontières maritimes en faisant des compromis, ce qu’Israël et le Liban ont été incapables de faire.

Carte des Zones économiques exclusives de la Méditerranée orientale, comprenant la zone disputée (4, en pointillés) entre Israël et le Liban. (Crédit : IEMed Mediterranean Yearbook 2012 - www.iemed.org/medyearbook)
Carte des Zones économiques exclusives de la Méditerranée orientale, comprenant la zone disputée (4, en pointillés) entre Israël et le Liban. (Crédit : IEMed Mediterranean Yearbook 2012 – www.iemed.org/medyearbook)

En jeu, une zone triangulaire d’environ 860 km² de la Méditerranée où des réserves de gaz et de pétrole pourraient générer jusqu’à 600 milliards de dollars pendant les prochaines décennies.

Le triangle aboutit à Rosh Hanikra, une ville israélienne proche de la frontière libanaise, et s’étend jusque dans les eaux territoriales économiques de Chypre.

Le sujet a refait surface quand Chypre et Israël ont signé un accord pour leur frontière maritime en 2010, a indiqué le quotidien Globes, même s’il a été largement ignoré à l’époque.

Cela semble avoir cependant changé avec la formation d’un nouveau gouvernement libanais, soutenu par le groupe terroriste du Hezbollah et dirigé par le président Michel Aoun et le Premier ministre Saad Hariri, qui ont fait de la résistance à Israël l’axe central de leur politique.

La législation israélienne accorderait au ministre de l’Energie la responsabilité de la supervision de la zone maritime disputée, qui est pour l’instant exclusivement à la charge de l’Agence de protection de l’environnement.

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