Le Likud accusé de « corruption politique » avec la création d’un nouveau panel
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Le Likud accusé de « corruption politique » avec la création d’un nouveau panel

L'opposition s'est insurgée lorsque Miki Zohar, du Likud, a annoncé la nouvelle commission des Affaires arabes ; le parti islamiste Raam voterait alors avec le Likud

Le député du Likud Miki Zohar pendant un échange furieux au sein de la Commission des arrangements de la Knesset, le 26 avril 2021. (Capture d'écran/Knesset TV)
Le député du Likud Miki Zohar pendant un échange furieux au sein de la Commission des arrangements de la Knesset, le 26 avril 2021. (Capture d'écran/Knesset TV)

Un important allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu a suscité l’indignation à la Knesset, lundi, quand il a proposé la formation d’une nouvelle commission des Affaires arabes. Il a été accusé par l’opposition de « corruption politique » avec pour objectif d’amener le parti islamiste Raam à voter aux côtés du Likud au pouvoir.

Selon la chaîne Kan, la formation de cette commission signifierait que Raam pourrait soutenir le Likud lors d’un vote déterminant au sein de la puissante Commission des Arrangements au Parlement israélien, ce qui donnerait à son président, le député du Likud Miki Zohar, le nombre de voix nécessaires pour faire automatiquement adopter les propositions favorisées par le bloc pro-Netanyahu.

Zohar, chef du Likud à la Knesset, a proposé la mise en place de la nouvelle commission au cours d’une rencontre de la commission des Arrangements, chargée du contrôle de l’agenda législatif au sein du nouveau Parlement jusqu’à ce qu’un gouvernement soit formé.

Issawi Frej, député du Meretz, a répondu à cette annonce en évoquant un acte de « corruption politique » et en estimant que ce panel serait « un retour à 50 ans en arrière » pour la communauté arabe israélienne.

Issawi Frej, à droite, et Tamar Zandberg, du Meretz, pendant un échange furieux au sein de la Commission des arrangements de la Knesset, le 26 avril 2021. (Capture d’écran/Knesset TV)

Lorsque Waleed Taha, législateur issu de la formation Raam, a pris la défense de l’établissement de la commission et déclaré qu’elle était dans l’intérêt commun de tous, Ahmad Tibi, de la Liste arabe unie, a riposté que le panel était « sans pertinence » et que son groupe préférerait réclamer la création d’une commission chargée de lutter contre le crime.

« Il n’y a pas de question plus importante que celle de la lutte contre le crime dans la communauté arabe – et cette lutte est amoindrie par le nom même de cette commission », a déclaré Tibi.

Mansour Abbas, à la tête de Raam, a ouvertement évoqué la possibilité de coopérer avec Netanyahu afin de mettre en place des initiatives au sein de la communauté qui permettraient de combattre le crime organisé et d’améliorer la qualité de vie des Arabes israéliens.

La réunion de lundi a eu lieu après un court retard, suite à une concession apparente faite par Zohar, dimanche dernier – il avait reconnu que les membres des commissions, à la Knesset, seraient choisis conformément à une proposition déposée par le bloc de partis politiques qui cherchent à écarter du pouvoir le Premier ministre.

La commission des Arrangements, qui a gagné de l’influence dans le contexte de l’impasse politique en cours qui frappe Israël, compte 33 députés – 16 issus du dit « bloc du changement », qui cherche à remplacer Netanyahu ; 14 issus du bloc pro-Netanyahu, auxquels viennent s’ajouter un parlementaire appartenant au parti islamiste Raam et deux législateurs de la formation Yamina de droite, qui est dirigée par Naftali Bennett.

Mansour Abbas,chef du parti Raam, dirige une réunion de faction, le 19 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La semaine dernière, plutôt que d’autoriser un vote portant sur la proposition soumise par le « bloc du changement » concernant l’établissement des commissions et la désignation des adjoints du président de la Knesset, Zohar avait simplement reporté la rencontre, entraînant la colère des parlementaires de gauche.

La proposition du « bloc du changement » aurait permis la nomination, lundi, de quatre adjoints au président de la Knesset, Yariv Levin : Trois issus du bloc anti-Netanyahu et un seulement du Likud.

La commission des Arrangements mettra également en place des commissions parlementaires temporaires. Orna Barbivai, membre du parti Yesh Atid, devrait prendre la tête de la commission des Affaires étrangères et de la Défense et Moshe Gafni, du parti ultra-orthodoxe de droite YaHadout HaTorah, devrait présider la commission des Finances.

Gafni a rencontré Netanyahu, lundi matin, dans le cadre des efforts livrés par le Premier ministre pour rassembler une coalition.

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