Le Likud annule un meeting par crainte d’une faible participation de son camp
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Le Likud annule un meeting par crainte d’une faible participation de son camp

Alors que Netanyahu essaie de récupérer leurs électeurs, les partis HaYamin HaHadash et de l'Union des partis de droite ont refusé de participer

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Des militants du Likud à un meeting en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que lui et sa femme sont visés par des procédures judiciaires, à Tel Aviv, le 9 août 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des militants du Likud à un meeting en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que lui et sa femme sont visés par des procédures judiciaires, à Tel Aviv, le 9 août 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

Dimanche, le parti du Likud a annulé un meeting de soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu qui devait se tenir plus tard dans la soirée devant sa résidence officielle à Jérusalem.

Annoncé sous le slogan « Protéger la terre d’Israël, protéger Netanyahu », le meeting avait été présenté comme un événement visant à rassembler les électeurs de droite à deux jours des élections.

Mais alors que Netanyahu s’est jeté dans une campagne de la dernière chance pour siphonner les voix de partis satellites, les partis HaYamin HaHadash de Naftali Bennett et l’Union des partis de droite de Rafi Peretz, qui luttent tous les deux pour passer le seuil électoral, ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à l’événement.

Le parti du Likud a évoqué des « questions sécuritaires » pour justifier l’annulation, mais une source du parti au pouvoir a déclaré au Times of Israël que l’on redoutait une participation très faible.

A l’approche des élections de 2015, un événement similaire avait été organisé à la place Rabin de Tel Aviv, à seulement quelques jours le scrutin.

Lors de ce meeting – « l’Unité pour le bien de la Terre d’Israël » – Netanyahu était entouré par Bennett, alors ministre de l’Economie, qui dirigeait à l’époque le parti HaBayit HaYehudi, mais aussi d’Eli Yishai, le chef du parti de la droite dure Yachad, et des représentants d’Yisrael Beytenu. Le rassemblement avait attiré environ 25 000 personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’un meeting de campagne à la place Rabin de Tel Aviv, le 15 mars 2015. (AFP/Jack Guez)

Après le rassemblement, Netanyahu s’était détourné de ses alliés de droite en appelant les électeurs à ne pas voter pour eux et à « revenir au Likud » pour s’assurer qu’il remporte l’élection.

A deux jours du scrutin prévu cette fois-ci pour le 9 avril, Netanyahu a de nouveau appelé les électeurs de droite à voter pour lui, en affirmant que la droite risquait de perdre sa main mise sur le pouvoir si Kakhol lavan, le parti politique rival de Benny Gantz, sortait en tête des élections avec une avance de quatre ou cinq sièges sur le Likud.

Il a formulé ces avertissements même si les sondages annoncent que les partis de droite et religieux devraient remporter une majorité de sièges, ce qui laisse penser que Netanyahu aura une route toute tracée pour former une coalition de gouvernement. Plus tôt samedi, certains responsables de petits partis de droite ont rejeté les affirmations de Netanyahu, en déclarant qu’il était clair que le Premier ministre dirigerait le prochain gouvernement et qu’il essayait seulement de renforcer le Likud à leurs dépens.

La stratégie de Netanyahu d’appeler les électeurs du Likud à le soutenir est perçue comme risquée, dans la mesure où un soutien plus fort pour son parti au dépens de ses alliés politiques pourrait conduire certains d’entre eux à ne pas passer le seuil électoral, le privant ainsi d’une majorité.

Dans un entretien accordé samedi soir à la Douzième chaîne, Naftali Bennett, chef du parti HaYamin HaHadash, a accusé Netanyahu d’essayer de « faire baisser » les petits partis afin de renforcer le Likud.

Bennett, aussi ministre de l’Education, a affirmé que la stratégie de Netanyahu visait à préparer la formation de ce que l’on qualifie de gouvernement d’unité entre le Likud et Kakhol lavan avant la sortie du plan de paix israélo-palestinien du président américain Donald Trump.

« Netanyahu a raison sur une chose – il y a un danger, a continué Bennett. Il y a un danger qu’il ait Bogie comme ministre de la Défense », a-t-il dit en référence à Moshe Yaalon, membre de Kakhol lavan et ancien ministre du Likud.

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