Le Likud et HaBayit HaYehudi, pourtant alliés, se lancent dans une guerre des mots
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Le Likud et HaBayit HaYehudi, pourtant alliés, se lancent dans une guerre des mots

Le parti de Bennett s'en est pris à Netanyahu, l'accusant de parler plutôt que d'agir ; les soutiens du Premier ministre ont réagi, affirmant que la joute politique met Israël en péril

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de l'Education Naftali Bennett pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de l'Education Naftali Bennett pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud, a accusé vendredi le chef du parti HaBayit Hayehudi de mettre en péril la sécurité israélienne en se livrant à une joute politique, en répondant à des propos du parti de droite, qui disent que le Premier ministre a beaucoup parlé et peu agi.

Le parti de Netanyahu a réagi furieusement à l’attaque de leur partenaire de la coalition, accusé le ministre de l’Éducation Naftali Bennett d’incohérence.

« Bennett, qui était initialement en faveur du retrait des détecteurs de métaux [des entrées du mont du Temple], et qui a, par la suite, déclaré qu’il soutenait le Premier ministre, ne peut pas résister plus d’une minute et demi à la pression des médias et de l’opinion publique », a déclaré le Likud dans un communiqué.

Les dernières mesures sécuritaires installées aux entrées du mont du Temple ont été retirées jeudi. Elle avaient été installées sur le site, appelé Haram al-Sharif (Noble Sanctuaire) par les Musulmans, après l’attentat du 14 juillet, au cours duquel 3 assaillants ont utilisé des armes acheminées illégalement sur le lieu saint pour tuer deux policiers israéliens

La déclaration du Likud accusait le parti nationaliste orthodoxe de se lancer dans un jeu politique au détriment de la sécurité nationale.

« S’il y a bien quelque chose de dangereux pour la sécurité d’Israël, ce sont ceux qui siègent au cabinet, et dont la boussole qui les dirige n’est pas orientée en faveur des citoyens israéliens, mais en faveur de leurs intérêts personnels et des gros titres qu’ils peuvent décrocher », poursuit la déclaration du Likud.

Les forces de sécurité israéliennes se tiennent aux côtés des fidèles musulmans palestiniens qui prient à l'extérieur de la Porte des Lions, près d'une entrée principale du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad GHARABLI)
Les forces de sécurité israéliennes se tiennent aux côtés des fidèles musulmans palestiniens qui prient à l’extérieur de la Porte des Lions, près d’une entrée principale du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad GHARABLI)

« La sécurité israélienne n’est pas une question de populisme ou de tournées politiques, c’est un principe sacré, et celui qui l’utilise de manière puérile et irresponsable comme d’une plate-forme pour tweets met la sécurité d’Israël en péril », peut-on lire.

La guerre des mots a été déclenchée par un communiqué du parti de droite HaBayit Hayehudi jeudi, qui faisait remarquer que le fait que Netanyahu ait cédé sur le mont du Temple envoie un message bien plus fort que les mots qu’il prononce.

« Le dommage causé par la capitulation et les dégâts causés à la sécurité doivent être rectifiés par une guerre contre le terrorisme, et non pas par des mots », avait dit HaBayit HaYehudi. « Nous devons arrêter de céder et de récompenser le terrorisme. »

Un porte-parole du parti a déclaré dans un communiqué que « tous les propos de ces derniers jours n’aident pas ».

Plus tôt dans la journée de jeudi, Bennett a déclaré qu’Israël a « fait preuve de faiblesse » dans cette crise, en sabotant sa souveraineté sur le mont du Temple.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse, Sara, ont été membres de la famille des trois membres de la famille Salomon qui ont été tués lors d'une attaque terroriste à Halamish le 22 juillet 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse, Sara, ont été membres de la famille des trois membres de la famille Salomon qui ont été tués lors d’une attaque terroriste à Halamish le 22 juillet 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

Jeudi durant un appel pour les shiva de la famille Salomon, Netanyahu a confié qu’il soutenait l’application de la peine de mort pour le terroriste palestinien qui a tué trois membres de leur famille vendredi soir, dans l’implantation de Halamish en Cisjordanie.

« La peine de mort existe pour les terroristes. Il est temps de l’appliquer dans les cas les plus graves. C’est inscrit dans loi, et bien qu’il faille obtenir l’unanimité auprès des juges, Mais si vous voulez connaître la position du gouvernement sur la question, et ma position en tant que Premier ministre, dans le cas d’un meurtre si atroce, ma position est qu’il devrait être exécuté. » « Il ne devrait plus avoir le droit de sourire », avait-il ajouté.

Toujours jeudi soir, la Deuxième chaîne a indiqué que Netanyahu s’était entretenu avec l’équipe du Moyen Orient du président américain Donald Trump sur une autre politique longtemps défendue par le ministre de la Défense Avigdor Liberman : l’annexion des blocs d’implantations de Cisjordanie en échange de l’incorporation de zones à forte densité palestinienne actuellement en Israël à un futur état palestinien.

Quand Liberman, alors ministre des Affaires étrangères, avait proposé ce plan lors d’une assemblée générale des Nations unies en 2010, Netanyahu l’avait publiquement renié.

Un responsable de la Maison Blanche a déclaré au Times of Israel jeudi que cette idée « pourrait avoir été l’une des idées discutées il y a plusieurs semaines dans le cadre d’un accord de paix et non pas dans le contexte d’une annexion distincte ».

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